eh ! l'ami, que fais tu donc le 17?

La mayonnaise prend. Le gilet jaune devient signe de ralliement. La colère va envahir les places et les rues. Le peuple reprend le pavé. Union dans les luttes clamions-nous depuis des mois. Parfait, cette union se déploie au delà de mes espérances. Ouvriers, cadres, artisans, professions libérales, commerçants, étudiants, chômeurs, auto-entrepreneurs ensemble dans une journée d'actions diverses préparées par des anonymes animés  d'une même volonté: faire reculer le pouvoir macronien sur une injustice fiscale supplémentaire.

L'annonce de l'action paye. Macron annonce des aides pour les plus démunis (chèques carburant ?) Ça ne fait pas le compte. Les ministres se réunissent pour étudier comment faire face à cette colère subite. Affolés, les yeux rivés sur les sondages négatifs, ils ont peur. Dans un premier temps, ils utilisent l'extrême droite comme repoussoir. Échec complet. Le mouvement se renforce et se diversifie. Deuxième temps, l'écologie punitive dressée pour diviser. Échec! Le mouvement s'enracine. Par dizaines, puis par centaines, les points de rassemblement apparaissent sur la carte interactive d'internet. Sentant la fumée qui se dégage, certains prennent le train en marche et renforcent l'action collective. Les syndicats sont pétrifiés. Comment, les gens se prennent en main et s'auto-organisent?  Sans nous? Faudra s'y faire. Quand le mal-être est tel, les individus jouent aussi un rôle dans l'histoire et c'est très bien ainsi.

Pour éviter la récupération politique si malsaine, la solution c'est le nombre. Plus on sera nombreux et actifs, plus nous ferons obstacle aux récupérateurs! Chacun ressent bien le moment que nous vivons. Un pouvoir aux abois, un mouvement puissant, une revendication forte, juste, unificatrice, c'est une condition du succès populaire. Réfléchissons: allons-nous rester à attendre dans notre coin? Je me pose la question: que faisons-nous le 17? Pour ma part, j'organise un rassemblement ouvert, respectueux de chacun, Place Croix de Chavaux à Montreuil de 14 à 15h. Viendront celles et ceux qui n'acceptent pas d'être grugés, de payer pour les pétroliers et de subir une nouvelle ponction fiscale. Je ne leur demanderai pas s'ils ont voté ou pas, s'ils sont ouvriers ou pas, s'ils ont voté Macron ou pas. Je leur demande trois choses simples: mettre un gilet jaune, amener un siflet et si possible avoir une pancarte revendicative. Cette initiative peut être reprise par beaucoup d'entre nous et ainsi ces petits ruisseaux abonderont le fleuve revendicatif que craint le pouvoir!

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.