Monsieur Hollande, qu'allez-vous faire?

51,6 %, François Hollande devient le nouveau Président de la République. Annonce télévisée d'un changement de chef d'etat espérée depuis des années par des millions de français de gauche mais aussi de la droite qui refuse la haine et la division. Fait remarquable, les journalistes et les commentateurs officiels ont viré leur "cuti". D'adversaires déclarés ils deviennent des fans du champion. C'est beau la démocratie. Reconversions rapides, emplois pérennes. Mieux qu'à Pôle emploi. Je m'amuse beaucoup ces jours-ci. Petit entr'acte.

Retour aux problèmes. L'Europe va toujours aussi mal et les "guérisseurs" bruxellois préconisent saignées sur saignées. Angela Merkel veut bien discuter de tout à condition de ne pas remettre en cause les plans d'austérité. Un pacte de croissance pourquoi pas si les pays demeurent dans les clous fixés par le traité écrit par Sarkozy et s'arcboutent sur le MES (mécanisme européen de stabilité) Là réside la contradiction que F.Hollande doit dépasser sous peine de renoncement. Sera-t-il si bon équilibriste? Les rencontres bilatérales ces jours-ci pour préparer le G8 et le G20 vont nous apporter la lumière. Souhaitons qu'il tienne bon face aux représentants des financiers internationaux. Pas de conclusions anticipées!

Dimanche, le peuple grec a donné la fessée aux partis socialiste et de droite englués dans la compromission avec le FMI, la BCE, l'OCDE, la Commission de Bruxelles, les agences de notation américaines et tous les spécialistes en austérité qui imposent leur unique vision du monde. Résultat: les grecs soufrent, leur pays s'enfonce et leur économie s'axphixie. Le vote est clair: échec des partis institutionnels et progrès spectaculaire des forces de la gauche non socialiste qui refuse l'austérité et la politique antisociale de l'europe menée par le couple franco-allemand. Ce vote est fort (30% si l'on additionne les voix des trois formations de gauche hors du Pasok) . Conformément à la constitution, il revient à l'un des trois partis de proposer un gouvernement de coalition. Malheureusement, la division l'a encore une fois emportée. Le KKE, parti communiste replié sur une "identité communiste" en perdition, refuse toute participation à un gouvernement qu'il qualifie de "social-démocrate"). Nouvel échec prévisible et handicapant pour la suite.

F.Hollande va -t-il se tourner vers ces forces qui en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie, en Allemagne et dans tous les pays européens demeurent attachées aux conquêtes sociales, aux politiques de gauche et combattent pour une transformation démocratique et sociale de l'Europe? Je le souhaite ardemment mais j'en doute fort. Seul, une amélioration du rapport de forces en faveur du Front de gauche dans notre pays pourrait le permettre. C'est l'objectif pour le 10 juin. Une majorité de gauche à l'Assemblée Nationale dans laquelle le front de gauche pèserait beaucoup plus fort serait la bonne nouvelle après le rejet de Sarkozy.

Un groupe de députés très nombreux dont le parti socialiste aurait besoin pour constituer une majorité, ce serait une avancée sérieuse vers le changement car le changement de politique reste encore à venir. Un Front de gauche puissant pour battre la droite, l'extrême droite c'est nécessaire. Un front de gauche pour peser sur la politique des socialistes c'est souhaitable. Un front de gauche plus influent, c'est utile pour des millions de travailleurs, intellectuels et manuels.

Toutes ces raisons, nous allons les discuter, les enrichir au contact des multiples rencontres et discussions que nous pouvons susciter. Avec vous, je m'y engage résolument. Banzaï!

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