Un chef de pacotille!

Comme à son habitude, Macron a blablaté pour camoufler son incompétence et sa responsabilité dans le chaos que connaît notre pays depuis plus d'un mois. Qu'avons-nous appris de nouveau? Une date, le 11 mai, de début de la reprise du travail et peut-être du dé-confinement sous réserve d'une baisse de la pandémie. Pour tout le reste, il nous dit d'attendre sa prochaine intervention. Une demi heure pour nous asséner des banalités du style" nous n'étions pas assez préparés", "nous avons pris les bonnes décisions", "l'espoir renaît", "le gouvernement prolongera et accroîtra les aides aux entreprises et aux familles modestes", "les tests après la mi-mai", "les masques dés que possible", "le vaccin dans plusieurs mois", "les traitements quand on pourra". Autrement dit, voyez comme je parle bien quand je m'adresse à vous et faites moi confiance. D'ailleurs "nous avons pris les bonnes décisions malgré quelques lenteurs". Enveloppé,  pesé!

Le peuple français attendait du concret, faudra repasser. Bien sûr, il a remercié très longuement les derniers de cordée ou plus précisément les premiers de corvée. Sans sourciller, il nous a trouvé formidables et même novateurs et plein de créativité, disciplinés après nous avoir tancés il y a quelques semaines. Pour nous être agréable, il va mettre en place le "tracking" pour mieux nous surveiller des fois qu'on ne sache pas être prudents. Ce président nous prend pour des enfants, dans la continuité de ses profondes convictions.

Macron prend sa fonction au sérieux. il veut "porter la voix de l'Europe". Nous, nous préférerions qu'il porte nos préoccupations et qu'il nous donne des éléments concrets: des masques pour toute la population, la généralisation des tests pour connaître les porteurs du virus et prendre les mesures qui s'imposent, la réquisition des entreprises textiles et des unités de production pour fabriquer les respirateurs qui font défaut, la nationalisation des usines en faillite ou en défaut de paiement, bref des initiatives immédiates qui soient utiles pour le combat contre la pandémie.

Au plan européen, qu'il oblige Merkel, les dirigeants hollandais, le Conseil européen à participer dans cette lutte pour la vie. Décider d'ouvrir la banque européenne pour déverser les milliards d'euros indispensables aux États sans passer par les banques privées. Décider l'annulation immédiate de la dette des pays européens. En terminer avec l'histoire des déficits budgétaires qui ont l'air de chagriner la Commission de Bruxelles. Prendre des directives pour relever les salaires, pour stopper le travail détaché, pour faire payer les multinationales à la solidarité européenne. Il y a matière à travailler utilement dans l'urgence sanitaire et sociale.

Macron nous annonce l'annulation de la dette des pays francophones.  Encore une fois, une entourloupe. Évidemment que cette dette sera annulée puisque aucun des pays africains francophones ne peut la régler. la France les a étranglé avec le nouveau franc CFA. La crise qui s'avance chez eux va les mettre au tapis. Ce qui aurait été souhaitable, c'est d'entendre des mesures fortes en milliards pour les aider. Ils vont manquer de moyens sanitaires mais pas que. Les problèmes d'alimentation, d'eau, d'électricité, des services publics vont s'aggraver. Pas un mot présidentiel sur cette situation dramatique.

Enfin, sur la préparation de l'après épidémie, Macron s'est contenté de phrases creuses sur l'indépendance du pays, le plan d'action, la refondation. De la novlangue habituelle qui n'intéresse que ceux qui le veulent bien.  

Sa conclusion était un appel à "sortir des idéologies" avec "un projet consensuel de concorde nationale". Oui faut sortir de son idéologie libérale axée sur la seule loi du marché qui nous entraîne à la catastrophe. Oui nous avons besoin d'un projet rassembleur autour des valeurs de solidarité, de démocratie, de paix, de mise en commun de biens fondamentaux. Tout le contraire de sa politique. J'y reviendrai dans les jours prochains. En attendant, prenez garde à votre santé et accumulez des forces pour prendre en mains les destinées du pays.

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