Mali: assez de contre vérités!

Le gouvernement français s'est empressé de justifier son intervention militaire en soulignant que son action s'inscrivait dans les décisions de l'ONU. En prenant connaissance de la résolution du conseil de sécurité, on apprend que rien n'indique que la France devait intervenir seule. Une force internationale composée de pays africains était mandatée. Quid de cette force? Le président Hollande a outre passé le droit international, se comportant comme du temps du colonialisme assumé. Une fois que le coup est parti, il cherche désespérément des alliés et des justifications.

A ce jour, seules les troupes françaises stationnées dans les anciennes colonies traversent la frontière pour venir faire la police à l'intérieur du Mali, répondant à l'appel du pseudo chef de l'Etat malien. Celui-ci n'étant pas l'émanation du peuple qui a été interdit d'élection. Voilà comment on nous raconte et on nous fabrique l'histoire! Ce n'est pas tout. Les but de guerre français étaient soi-disant de stopper la progression des "djihadistes". on apprend aujourd'hui qu'il s'agit de reconquête de territoires au nord. S'agit-il d'actions humanitaires?  Certainement pas puisque la France bombarde sans arrêt provocant des déplacements de population qui n'ont plus rien pour s'abriter et pour se nourrir.

Comment le gouvernement français compte-t-il régler la question des "hommes bleus du désert" les touaregs dont le territoire est confisqué? Silence radio! Seule certitude, le sous sol regorge de richesses qui intéressent Areva et d'autres firmes qui souhaitent exploiter l'or et l'uranium. On perçoit mieux les buts économiques de cette guerre impérialiste et non humanitaire comme on voudrait le faire croire.

Chaque jour nous apporte un éclairage nouveau. Nous apprenons cet après-midi que l'Algérie s'interroge et la presse algérienne critique l'intervention militaire française. Des dissensions apparaissent parmi les états africains. Peu à peu la vérité éclate. Les États-unis, les anglais, les allemands hésitent à se joindre à la France. Encore une fois, les sentiments coloniaux ont pris le dessus dans la diplomatie française et les "guerriers" l'ont emporté. Mais rien ne sera réglé car la seule solution est politique. Les maliens eux-mêmes nous reprocheront la précipitation et l'intrusion dans leurs affaires. Et ils auront raison.

Cette situation malsaine se retournera et ceux qui ont pris la responsabilité de la guerre seront condamnés par l'opinion. D'autant que le terrorisme ne sera pas éradiqué. Au contraire la guerre est propice au développement des actes les plus fous. Les évènements irakiens, afghans et lybiens sont là pour nous le rappeler.

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