Le mode d'emploi?

A écouter nos charmants médias le mouvement s'essouffle, se disloque, se déchire et se discrédite. Il y a loin de la coupe aux lèvres selon le dicton. En effet non seulement nous ne manquons pas de respiration mais nous nous installons dans une course de marathon. Dans des milliers de villages et de villes le mouvement s'ancre profondément. Pour cause les difficultés à vivre dignement de son travail, à finir les fins de mois, à s'interroger sur le proche avenir, à  être dégoûtés du comportement des dirigeants du pays. La colère et le mécontentement n'ont jamais atteint une telle intensité.

Le "débat national" organisé par Macron pour désamorcer les luttes se retourne contre lui. Les exigences populaires éclatent au grand jour et les inégalités sociales également. Les participants ou pas attendent du concret. Ils vont être déçus et amers. Faudra leur ouvrir les bras pour les gagner au combat que nous menons depuis maintenant plus de trois mois. Nous approchons du moment de vérité. Soit Macron change le logiciel, ce qu'il refuse, soit il prend la responsabilité d'engager le pays dans l'aventure et le chaos. Il possède les cartes dans ses mains. S'il veut agir en démocrate il doit se tourner vers la souveraineté du peuple en dissolvant l'assemblée nationale. Ce  retour devant les électeurs permettrait une sortie de crise par le haut, sans heurts, démocratiquement. En sera-t-il capable? L'autre alternative étant le basculement dans l'autoritarisme brutal.

Nous venons de vivre quatre jours d'intense pilonnement anti gilets jaunes. Tout y est passé: anti-sémites, haineux, extrémistes, violents, salafistes, gauchistes, droitiers, lepenistes, mélenchonistes, que sais-je encore. La haine coulait à flots dans la majorité des médias. Le pouvoir a sorti son artillerie lourde avec l'aide volontaire ou pas d'un Finkielkraut. Rien n'y fait. Le mouvement des gilets jaunes a répondu calmement, avec responsabilité: nous ne sommes pas des anti-sémites ni des racistes ni des homophobes, ni des discriminants. Avec pertinence, nous rappelons nos revendications qui tournent autour de quatre axes: pouvoir d'achat, fiscalité, écologie et démocratie. Ces revendications nous réunissent et nous galvanisent. J'ai pu le constater à Montreuil où malgré les manifestations de république et de ménilmontant contre l'anti-sémitisme qui ont rassemblé de nombreux montreuillois, plus de 500 personnes ont participé à 3 assemblées publiques au même moment. Grande vitalité et grande énergie pour combattre Macron et ses suppôts.

Dans nos rangs certains s'interrogent sur la suite. Normal. Comment faire pour élargir le nombre de participants, comment mieux expliquer nos propositions pour vivre mieux, comment diversifier nos initiatives, comment donner un souffle nouveau aux manifestations? Les réponses sont diverses et les formes variées. Seule certitude, il faut poursuivre les manifestations du samedi qui permettent au plus grand nombre de participer sur le temps de repos. Ensuite tout est bon, manifs dans les villes et villages, meetings, débats, ateliers, agoras, forums, tracts, affiches, pique-niques, cabanes chaînes, de nuit ou de jour, veillées, etc.. L'idée étant de se faire voir, de se faire connaître, d'agréger de nouvelles recrues. Échanges entre assemblées, entre ronds-points, tout doit être envisagé dans l'optique d'isoler le pouvoir, de gagner la sympathie de la population.

En conclusion provisoire, n'attendons pas de consigne qui ne viendront pas. Prenons-nous en main. Chacune et chacun d'entre nous peut à sa façon organiser une rencontre, un dialogue, une simple discussion qui permet d'associer, d'agréger, d'unir les gens entre eux. En famille, entre voisins, au travail, au café, tous les lieux sont propices au contact. Multiplions ces occasions de faire grandir la solidarité et l'action pour en finir au plus vite avec cette politique libérale cause de tous nos maux.

Un mode d'emploi tout prêt? Certes pas mais un encouragement au foisonnement d'idées certainement. Bon courage à tous. La victoire est-elle en train de s'écrire? Peut-être bien!

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