Les raisons de Jlm 2017!

En proposant sa candidature, le porte parole le plus connu du Front de gauche a frappé les esprits. Les militants accusaient le coup des élections régionales dont les résultats marquaient un échec des forces de gauche, une progression du FN. De quoi affoler le populo, inquiéter l'électorat progressiste. La stratégie Hollandaise porte ses fruits: le piège tendu d'une bataille présidentielle entre le FN et le PS devient crédible. Unanimes, les médias dissertent sur le tripartisme (PS,FN,Droite). Le jeu de qui sera le meilleur candidat à droite, les supputations sur l'éventuel score de Marine, le faux débat Valls/Hollande brouillent le paysage politique tandis que le remaniement ministériel permet d'accentuer et d'accélérer la politique de droite du gouvernement. Le départ de Taubira, présentée comme l'égérie de la gauche, accolé à la demande d'une primaire à gauche par Cohn Bendit ne clarifiait pas la situation. Les communistes, les écologistes  et  Clémentine Autain entérinent une primaire avec ceux qui soutiennent la politique de Hollande. Devant cette confusion générale, il était temps de clarifier une position de rupture. Mélenchon l'a réalisé ce qui oblige toutes les forces à se positionner.

Première raison de la présentation de sa candidature, dire Non à la primaire qui n'est qu'un simulacre de choix. Soit les participants s'étripent devant l'opinion bonjour les dégâts. Soit chacun met de l'eau dans son vin et il ne reste qu'une boisson aseptisée à la fin. Les votants étant invités à se prononcer sur la personne dont on pense qu'il ou elle peut gagner. Exit le programme, exit les idées, exit le changement de politique. Plus dangereux pour la démocratie, la primaire revient à copier le modèle anglo-saxon (démocrates et républicains aux USA, travaillistes et conservateurs en Angleterre). Systèmes qui empêchent l'éclosion de forces contestatrices qui font l'originalité de la France et qui garantissent une représentation plus large des différents courants de pensée. Ce que souhaitent les citoyens, c'est davantage de démocratie et non l'enfermement dans deux courants qui au final mèneraient une politique identique. Le contraire des primaires avec la mise en place de la proportionnelle intégrale à tous les niveaux.

Deuxième raison, donner le pouvoir aux citoyens . Prenant appui sur les quatre millions d'électeurs qui lui ont accordé leur confiance en 2012, la proposition de candidature initie un mouvement populaire citoyen dans la droite ligne de sa proposition refusée par certains au Front de gauche, les adhésions individuelles. Celles et ceux qui refusent d'être inféodés aux partis, qui souhaitent rester indépendants et qui sont les plus nombreux trouveront dans les collectifs qui se multiplient leur place de militants activistes. Impossible dans les tractations partidaires, dans les arrières cuisines électoralistes.

Troisième raison, dépasser le cadre réducteur du gauche/droite au moment de la Grande Confusion (le gouvernement de gauche fait la politique de la droite). Les gens ne s'y retrouvent plus. Il s'agit de rassembler celles et ceux qui soufrent de la politique économique et sociale menée en faveur des financiers au détriment de la production, du niveau de vie, de la culture, de l'écologie, de l'éducation et de la santé. Loin des fumeux débats sur les conditions du débat, loin du bla-bla stérile, Mélenchon offre une perspective réaliste à l'immense majorité du peuple formée d'abstentionnistes, d'anciens électeurs déçus de toute chapelle, des électeurs front de gauche et des jeunes qui voteront pour la première fois.

Quatrième raison, réembrayer le combat politique. Depuis une dizaine de jours, la presse, les partis, Communistes, Socialistes, Verts, Ensemble, des citoyens non encartés rediscutent, se contredisent, s'affrontent. La politique revient sur le devant de la scène.  C'est vivifiant. On risquait le ron-ron jusqu'en Octobre et voilà que tout se précipite et se clarifie. L'heure du choix du candidat s'approche. La droite connaît les siens. le Parti Socialiste reconduit le sien. Que fera le Parti communiste et que feront les Ecolos? S'emberlificoter avec des socialistes incapables de s'extirper du libéralisme piétinant leurs propres sentiments? Poursuivre des tractations obscures pour sauver des sièges ? Ou bien s'inclure dans la bataille avec Mélenchon pour changer de politique? A suivre!

Les objections concernant "la guerre des Egos", le départ "solo", la non demande d'autorisation de se lancer dans le combat, ne sont qu'arguties pour dénigrerla portée de son geste. Toute personnalité politique ou pas  dispose d'un égo hors du commun sinon il ne se présente pas aux responsabilités. "Solo" avec plus de soutiens que les grands partis? Tout le monde sait qu'il se prépare depuis des mois, il l'a toujours affirmé mais la plupart des dirigeants du Front de gauche n'ont jamais voulu en débattre.

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