l'invectiveur !

Chaque jour Macron se livre à son jeu préféré, l'invective et le discrédit sur les gens qui lui résistent. Après nous avoir traité de feignants, de gaulois réfractaires, d'antisémites, de riens, de violents, de haineux, de manipulés, le voici aujourd'hui en train de nous désigner complices des casseurs. Le simple fait de manifester fait de nous des casseurs potentiels. Pire le monarque nous assimile aux briseurs de vitrines, aux incendiaires de voitures, aux dresseurs de barricades. Petit président, grand manipulateur d'opinion. Ses saillies envers le mouvement démontrent clairement à la fois son désarroi, son courroux, son incapacité, sa faiblesse. Macron est aux abois!

Je n'aurai pas la cruauté de lui renvoyer son image. Quand il  reçoit en grandes pompes les princes arabes ou yéménites, cela fait-il de lui un complice de ces dictatures? Chacun mesure l'indécence d'un tel discours. Macron lui n'hésite pas à user de telles comparaisons abjectes. Il s'en fait un chantre prolifique presque quotidien. L'histoire le jugera à  hauteur de sa médiocrité. S'il avait dans l'idée d'inscrire son passage dans les livres d'histoire, il y figurera comme un personnage sans éclat,  sans relief, sans grand dessein. Il représentera le président du déclin de la 5e république. Probablement le président feignant comme l'étaient les rois du même nom. Quelle déchéance!

A l'opposé, le mouvement des gilets jaunes inscrira une des plus belles pages de notre histoire pour défendre la république, pour des idéaux renouant avec le triptyque liberté, égalité, fraternité. Tenace, déterminé, sur de son droit, ce mouvement oblige toutes les forces politiques, économiques, sociales à se prononcer sur la question des inégalités et du partage. C'est pourquoi loin de s'étioler, il s'ancre profondément dans le pays. D'où  le danger pour les puissants qui refusent la fin de leurs  privilèges. Ceci explique la partie de bras de fer qui se joue. 

Comment sortir démocratiquement de ce conflit social si ce n'est par le retour devant les électeurs? Macron bloque la situation pensant retourner l'opinion contre les manifestants. Mais la majorité de la population vit les mêmes difficultés que les gilets jaunes. Pas étonnant que le capital sympathie ne faiblisse pas. Bien sûr, la violence est condamnée massivement mais chacun comprend qu'une défaite du mouvement sonnerait le glas de toute autre forme revendicative. Le droit de manifester, le droit d'expression, le droit d'opposition seraient annihilés pour des décennies. La France ne serait plus pays des droits humains, pays des libertés. L'enjeu nous dépasse très largement.

Les raisons de manifester tous les samedis puisent leurs racines dans ce creuset républicain, fruit de longues années de luttes, d'actions, de réflexions qui sont l'apport des générations précédentes et que nous devons cultiver précieusement. Ensemble, unis, confiants, nous balaierons cette oligarchie libérale qui fait obstacle au progrès social!

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