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Billet de blog 21 octobre 2013

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Hollande et Léonarda

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

  La façon, minable, dont François Hollande a tenté de se dépêtrer du scandale Léonarda est un révélateur. On ne peut pas marier l'eau et le feu monsieur Hollande, pas plus que la droite et la gauche ou l’Europe de Schengen avec l'humanité. Toujours égal vous même, et à l'idée que vous vous faites du socialisme et de l’humanité, vous avez "généreusement" proposé à Léonarda de revenir en France à condition qu’elle renonce à sa famille! Mais c'est quoi au juste cette Europe de Schengen qui vous conduit à un pareil abaissement moral? 

        Schengen, c'est la loi qui doit s'appliquer coûte que coûte selon Manuel Valls. Elle est très simple cette loi: libre circulation des capitaux et rejet des naufragés de la mondialisation capitaliste à la mer ou aux barbelés des frontières. 

       Il faut une véritable insurrection des consciences à laquelle nous appellent les lycéens qui descendent dans la rue. Ils ne connaissent pas  les méandres obscurs de la politique politicienne. Mais ils voient  très bien que l'on chasse des écoles et des lycées leurs camarades de classe parce qu’ils sont enfants de sans papiers.  

Oui  la jeunesse est à nouveau dans la rue. Feu de paille ou début d’un embrasement salutaire contre la fausse gauche au pouvoir ? En tous cas, une brise fraîche, un peu d’air pour reprendre notre souffle et le combat, tous ensemble, pour la justice sociale. 

Schengen : le mur de la honte de la mondialisation

         Le rideau de fer est tombé depuis plus de vingt ans. Mais les murs sont plus hauts que jamais dans l’Europe de Schengen. Celle-ci s’entoure de béton et de barbelés. La Méditerranée, notre mer commune, est devenue une fosse rouge du sang des immigrés. une photo circule sur le net : des touristes se dorent sur les plages andalouses, là où est venu s’échouer dans la nuit le corps d’un sans papier noyé.

Quand le mur de Berlin est tombé, les ultra libéraux nous annonçaient  un monde libre et sans frontière, un  « village planétaire ». Plus jamais de mur ?  La liberté de circuler  partout… Pour les touristes friqués, oui, pour les traders, les multinationales et les gendarmes du système impérialiste. Pas pour les prolétaires. La mondialisation capitaliste est un totalitarisme ultra libéral.

Les pauvres qui n’ont jamais été aussi pauvres sur la terre pendant que s’amoncellent des fortunes inouïes...

Le Titanic fut une croisière de riches qui, pour une fois, finissait mal pour eux. Mais aujourd’hui, le naufrage de Lampedusa, n’est-ce pas un Titanic des pauvres? Lampedusa, côtes de Tunisie, de Malte, de Sicile…Les naufrages modernes ont lieu tous les jours en silence et les noyés n’ont pas de papiers d’identité.

Et quelle est la réponse de François Hollande et de Manuel Valls au grand dérèglement humanitaire de la mondialisation  capitaliste? La poursuite de la chasse aux sans-papiers, et même des lycéens, enfants de sans-papiers.  

La mobilisation des lycéens contre l’expulsion de Léonarda et Khatchik  s’amplifie. Il ne faudrait pas qu’elle soit un feu de paille. Elle inquiète déjà Valls qui pense à son précieux « destin politique ». Il pourrait se terminer piteusement dans la même corbeille ou sont tombés avant lui tant de ministres confrontés au mouvement de la jeunesse : Debré avec son entonnoir,  Devaquet, Allègre etc.

 Valls se déguise en  policier sévère et vertueux. Il parle en plissant le front : « La loi est dure mais elle doit être appliquée… »  Sa langue de bois de populiste ultra rigide n’a qu’une fonction médiatique : disputer le gâteau électoral à la droite et au Front National.  Car il sait très bien, comme tous les dirigeants européens, que les sans papiers tenteront malgré tout de passer la frontière. Comme, espérons-le, nous aurions le courage de le faire nous-mêmes si nous vivions de l’autre côté, là ou sévissent les guerres impérialiste, les potentats fantoches au service de la Françafrique, là où l’on souffre sans soin du sida, où l’on ne peut nourrir ses enfants parce qu’on  vit écrasé sous le poids de la dette, là où les multinationales pratiquent une politique de la terre brulée contre les économies locales et traditionnelles.

Les dirigeant européens savent que les sans papiers n’ont pas d’autre choix que de passer les frontières et qu’ils y parviendront. Et en fait, nos dirigeants s’en accommodent. Car c’est tellement plus rentable d’avoir sous la main des travailleurs immigrés sans papiers et sans droits. L’Europe de Schengen leur livre à domicile des immigrés corvéables et sur exploitables à merci, avec en prime un poison mortel pour diviser le monde du travail : le racisme. Schengen, c’est aussi une façon de criminaliser les pauvres.

 Le mouvement des lycéens nous sort de cette atmosphère politico-économique fétide. Un peu d’air pour rêver à un autre avenir. La jeunesse a toujours été la flamme des grands soulèvements de l’histoire. Et si les travailleurs, les précaires et les chômeurs descendaient eux aussi pour bloquer les rues ? C’est la mondialisation capitaliste qui est en train de nous tuer : délocalisations des usines ou colonialisme à domicile avec des travailleurs sans droits et sans papiers, ce sont les deux faces du système capitaliste. L’horizon est barré par ce mur infâme. Il faut l’abattre. Le capital boursier circule en revanche à la vitesse de la lumière et le racisme morbide court derrière lui en claudiquant. Il faut les arrêter ! Licenciés de Peugeot, d’Arcelor et d’ailleurs, précaires et chômeurs, Lycéens et sans papiers, il est temps de crier tous ensemble : ! No Pasaran ! 

José Perez

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