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Billet de blog 17 août 2021

Libération de la France en 1944

Monsieur le Maire de Foix re écrit l'histoire en la falsifiant au profit de Marcel Bigeard ne le demandant pas et qui fut impliqué tout de même en tant que conseiller détaché par Londres auprès de la résistance locale composée de maquisards Espagnols issus de la "rétirade" susnommés "guerrilleros" regroupés avec des Français FFI. .

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Notre association, nommée AAGEF-FFI depuis 1976, a été constituée en avril 1945, au lendemain de la démobilisation (le 31 mars 1945) des 11 Bataillons de Securité Espagnols (environ 10 000 hommes en armes) créés et rattachés sous ce nom aux FFI à l'automne 1944. Elle s'appelait alors Amicale des Anciens FFI et Résistants Espagnols. Elle était présidée par deux généraux FFI : Luis FERNÁNDEZ JUAN et Joan BLÁZQUEZ ARROYO, qui tous deux avaient participé à la Résistance en Ariège. Dès 1942 pour le premier, dès 1943 (via le camp de concentration du Vernet dont il s'évada) pour le deuxième.

La direction de notre association et les directions de plusieurs associations représentatives d'Ariège et d'ailleurs, déjà informées, sont stupéfaites que le maire de la Ville de Foix, pour la libération de laquelle des Espagnols ont versé leur sang, ait pu communiquer à l'ONACVG d'Ariège un texte aussi infâmant au sens étymologique du terme.

Ce faisant, le maire, sans même consulter le conseil municipal (nous l'avons vérifié), a bafoué le groupe de travail qui, sous l'égide de M. le directeur départemental de l'ONACVG, avait rédigé un texte dont la pertinence historique faisait consensus.

Je souligne que notre association, représentée par Mme Jeanine Garcia, vice-présidente nationale et présidente de notre section d'Ariège, était favorable à cette démarche et l'a accompagnée de bout en bout.

C'est notre association qui a transmis à l'ONACVG Ariège la photo représentant ensemble le chef de la 3e Brigade de Guérilleros, Pascual Gimeno Rufino (commandant Royo), Marcel Bigeard (commandant Aube) et Bill Probert (major Crypte) :

A notre connaissance, ni devant le Monument National des Guérilleros, érigé à Prayols voici près de 40 ans, ni devant le Monument à la Résistance de Foix, ni devant aucun lieu commémoratif d'Ariège, pas plus que dans aucun ouvrage d'Histoire, personne n'a jamais contesté les rôles de la 3e Brigade de Guérilleros d'Ariège dans la libération de Foix et celle du département,

ni attribué à Marcel Bigeard ce que lui-même n'a jamais prétendu.

Le texte que le maire de Foix a remis à M. le directeur départemental de l'ONACVG est une affabulation sans précédent, inouïe, inédite, qui, si la plaque projetée est apposée, va susciter une indignation générale.

Les commandants Aube et Royo (voir ses 4 barrettes sur la photo) ont été frères d'armes. Mais Marcel Bigeard n'avait (et n'a jamais revendiqué) aucune autorité hiérarchique sur la 3a Brigada de la Agrupación de Guerrilleros Españoles, composante des Forces Françaises de l'Intérieur depuis mai 1944.

D'ailleurs il n'avait pas autorité non plus sur le commandement des FFI.

Dans son livre Pour une parcelle de gloire, tome 1, p. 43 (Plon, 1975), citant son ordre de mission, Marcel Bigeard présente ses fonctions comme suit :

«             1. Conseiller technique des F.F.I

  1. Liaison entre les F.F.I. et Londres ou Alger.
  2. Commandement de tout le personnel français en mission venant de Londres ou Alger, et desservices d'opération
  3. Financement du budget militaire dans la mesure où les fonds lui seront remis.»

C'est pourquoi l'assertion fallacieuse : coordonne la libération de l’Ariège qui figurait dans le texte que le maire a communiqué dans un premier temps à M. le directeur départemental de l'ONACVG a été abandonnée. C'est dire le peu de sérieux de la rédaction unilatéralement décidée par le maire.

Mais le texte qui reste est tout aussi mensonger et occulte le nom de celui qui dirigea les combats de la 3e Brigade de Guérilleros, le Commandant Royo, comme l'atteste Marcel Bigeard dans les pages 45 à 58 de l'ouvrage sus-mentionné.

 Rappeler ces réalités ne diminue en rien les mérites du Commandant Aube.

Au contraire : affabuler à son sujet porte atteinte à sa mémoire.

[…] Le 20 août 1944, au lendemain de la Libération de Foix par la 3e brigade de Pascual GIMENO – lecommandant ROYO – les guérilleros firent, une nouvelle fois, la preuve de l’héroïsme de leur conduite. Ici-même, à Prayols, à un contre dix, un détachement du 1er bataillon de la troisième brigade tendit une embuscade à l’occupant allemand, empêchant l’arrivée du convoi de renforts parti d’Ax-les-Thermes dans le but de reprendre Foix. Le commandant José REDONDO, dit Cuadrado, y laissa la vie. […]

Référence : Bulletin AAGEF-FFI n° 158, 30 juin 2020, page 8

Dans ce même bulletin, page 2, hommage est rendu à la veuve du Commandant Royo, Mme Virginie Cluzel, elle-même ancienne résistante homologuée, décédée le 4 mai 2020 à Marseille. Ainsi qu'une photo du petit-fils de Pascual Gimeno Rufino : Pascal Gimeno, prenant la parole à Prayols le 23 juin 2012.

Guérilleros, guerrilleros, Résistance espagnole : site de l'AAGEF-FFI

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