Festival d'Avignon/Olivier PY/Première !

C’est depuis la FabricA, ce lieu rêvé par ses prédécesseurs, qu’Olivier Py a dévoilé la programmation d’Avignon 2014, soit la 68e édition du festival. Le nouveau directeur - le premier artiste après Jean Vilar à être aux commandes de l’institution, a accompli sa tâche avec jubilation, humour et élégance.

C’est depuis la FabricA, ce lieu rêvé par ses prédécesseurs, qu’Olivier Py a dévoilé la programmation d’Avignon 2014, soit la 68e édition du festival. Le nouveau directeur - le premier artiste après Jean Vilar à être aux commandes de l’institution, a accompli sa tâche avec jubilation, humour et élégance.

Objet Inconnu

Des noms connus à l’affiche, des découvertes en théâtre et en danse, des créations venues des cinq continents, la programmation 2014 ne démérite pas. Une place particulière est faite à la Grèce et aux mondes arabes. À noter que, en clin d’œil à Vilar, le festival commence à la Cour d’honneur par Le Prince de Hombourg, de Kleist, dans la mise en scène de l’Italien Giorgio Barberio Corsetti avec Xavier Gallais dans le rôle-titre.

Olivier Py, quant à lui, présente une création à la Fa-bricA, Orlando ou l’impatience et met en scène Vitrioli, de Yannis Mavritsakis, au gymnase Paul Géra. Vingt sept ans après le mythique Mahabharata de Brook, c’est celui d’un japonais, Satoshi Miyagi, que l’on pourra découvrir à la Carrière Boulbon. Qu’on se rassure, le spectacle en question ne dure qu’une heure quarante cinq ! Les amateurs de longues sagas ne seront pas déçus pour autant, ils pourront assister à la FabricA, au Henry VI de Shakespeare monté par Thomas Jolly, dont la durée est de… dix-huit heures !

À signaler les créateurs français à l’honneur : Lydie Dattas, à qui tout un cycle de lectures est consacré ; Claude Régy, avec Intérieur, de Maeterlinck ; Marie-Josée Malis, la nouvelle directrice du Théâtre de la Commune, à Aubervilliers, avec Hypérion, de Hölderlin ; Christian Schiaretti, avec Mai, juin, juillet, de Denis Guénoun, une pièce sur les répercussions de mai 68 à Avignon et dans le mundillo du théâtre, avec Robin Renucci dans le rôle de Vilar ; le même Denis Guénoun qui, lui, met en scène Les Pauvres gens, de Victor Hugo ; enfin Michel Raskine, avec Nature morte, du grec Manolis Tsipos… Sans oublier le concert de clôture des Têtes raides, à la Cour, le 27 juillet.

Ce qui change

La « décentralisation des trois kilomètres » est en œuvre, qui selon une formule très employée par Olivier Py, renvoie à l’accessibilité du festival pour les avignonnais. « Si nous voulons accomplir cette décentralisation, nous devons considérer que ce ne sont pas les quartiers qui ont besoin de nous, mais nous qui avons besoin des quartiers, ce n’est pas le réel qui a besoin de poésie, c’est la poésie qui a besoin du réel pour échapper à l’enfermement formel et devenir une véritable quête. », déclare avec ferveur le nouveau directeur. Pour ce faire : un jumelage avec un collège du quartier de Monclar, une web télé festivalière dans le cadre de « Monclar, quartier numérique », sont en place.

D’autres mesures pour rendre le festival plus accessible ont été prises : séries plus longues de représentations, un tarif Jeune, un abonnement Grand spectateur, une programmation de spectacles jeune public pendant toute la durée du festival à la chapelle des Pénitents blancs, un kiosque à billets sur la place de l’horloge sont prévus. Un grand colloque Shakespeare fêtera le 350e anniversaire de la mort du grand homme et des Ateliers de la pensée se tiendront tous les jours et toute la journée, à la faculté des sciences. Parce que « la culture c’est la politique et la politique c’est la culture » assène clairement Olivier Py. ­

MARIE-HELENE BONAFE

lire sur cesar.fr http://www.cesar.fr/festivalavignon-326-14 et http://www.cesar.fr/journal-cesar-326.html



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