La société s'est transformée en un immense amas de personnes isolées. On vit à coté des autres sans pour autant vivre ensemble. Une vie sans goût, une vie aseptisée où tout est normé, contrôlé, où rien ne doit déborder. Même le rire est contrôlé. Une vie triste : le futur n'est pas enviable.
Une seule obsession dans les esprits : l'argent. Il faut posséder et le montrer. Le but c'est l'achat. Il faut acheter toujours, on cherche les bonnes affaires, on compare, on consomme, on voyage aussi en avion pour aller très loin, pour accumuler des images, pour raconter sa vie. On se montre à l'autre bout du monde, on cherche a passer sur tous les endroits du globe. "Moi j'ai été là". On se montre avec les objets qu'on achète, les repas qu'on mange, on veut être vu, "liké".
Le travail se prolétarise, on effectue des taches répétitives mêmes dans les postes à responsabilités. On surveille, on contrôle, on reçoit des quantités d'informations qu'il faut traiter, on est plus proche du robot que de l'humain.
Mais attention, il faut retrouver de la convivialité, "créer du lien" entre les salariés robotisés. On fait des "after work" (bien sur on va pas utiliser le temps de travail pour avoir des rapports humains), on fait des jeux débiles entre équipes, des concours du t-shirt le plus moche, des défis "qui fera la plus belle déco de noël dans l'open-space". C'est le retour à la maternelle pour les salariés, fallait y penser.
Les entreprises investissent massivement sur la communication interne. Un condensé de concepts, d'anglicismes à la mode : on ne dit plus équipe on dit "team", on parle de pole delivery, co-working, big picture, etc. On vit dans les délais, les plannings, les process et réunions inutiles. Mais on n'a plus le droit de faire un pot entre collègues, car l'alcool c'est mal.
Avec le peu de liberté qu'il me reste, j'ai pris les choses en main. Je suis syndiqué, je parle de mon travail, j'écoute les autres salariés, on échange, on parle de sa vie perso, de son ressenti, on se comprend. J'ai trouvé des camarades, des personnes avec qui je partage des idées, des concepts, qui veulent en finir avec le modèle capitaliste néolibéral.
Je ne regarde plus la télévision, je suis abonné à des journaux (papier et numérique) qui ne sont pas possédés par des milliardaires. La montée du racisme, du fascisme, la domination des idées d’extrême droite on le doit aux milliardaires qui contrôlent les médias dominants. Je prend le temps de lire de longs textes, de vrais livres. Je ne suis pas déconnecté des réseaux et des outils numériques mais j'utilise exclusivement du logiciel et des services libres. Mes ordinateurs utilisent le système GNU/Linux, tous sans exception. J'utilise le système Android sans Google (LineageOS) sur un ordiphone que je qualifie de "moins pire", un fairphone.
Tous les logiciels que j'utilise sont libre : libreoffice, firefox, VLC,je regarde des vidéos sur peertube, je suis sur une instance du réseau social mastodon.
Quand il m'arrive de regarder des vidéos sur Youtube je coupe le son dès que la publicité apparaît. C'est un réflexe. Dès qu'une pub arrive sur n'importe quel support, je coupe le son, je regarde ailleurs. On prend très vite cette habitude et mes enfants font la même chose. On est bien sur plus du tout au courant des derniers objets/tendances à la mode mais on vit sereinement, notre cervelle est moins polluées par des informations, des besoins nuisibles.
Le monde associatif est attaqué mais il est toujours là. Se retrouver pour partager des objectifs en commun, s'entre-aider, c'est une bouffée d'air pur. L'association c'est un modèle de société. On travaille pour une cause, pas pour l'argent, pas pour la célébrité ni la rentabilité.
Enfin passer du temps en famille, entre amis, loin des écrans, se parler vraiment, faire des jeux de sociétés ensemble, c'est essentiel.
Associations et entreprises à soutenir : adhérez, faîtes des dons (liste non exhaustive) :
APRIL
Parinux
La Quadrature Du Net
Wikimedia France
French Data Network (FDN)
Framasoft
Zaclys
Mastodon
Démailnagement