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Billet de blog 17 nov. 2014

17 novembre 1973 : Commémoration du soulèvement grec contre la dictature

Le 17 novembre 1973, la dictature des colonels ordonnait l’évacuation de l’université Polytechnique, située au centre d’Athènes, en faisant intervenir l’armée après avoir enfoncé l’entrée principale de l’université à l’aide d’un blindé. Le nombre de morts est estimé de 39 à plus de 80 alors que les blessés se comptent par milliers.

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Le 17 novembre 1973, la dictature des colonels ordonnait l’évacuation de l’université Polytechnique, située au centre d’Athènes, en faisant intervenir l’armée après avoir enfoncé l’entrée principale de l’université à l’aide d’un blindé. Le nombre de morts est estimé de 39 à plus de 80 alors que les blessés se comptent par milliers.

Le début de la fin de la dictature

Les évènements de Polytechnique débutent le 14 novembre 1973, lorsque les étudiants décident l’occupation de l’université et mettent en place une radio émettant clandestinement. Les mots d’ordre sont, entre autres, « pain, éducation, liberté », « mort au fascisme», « Etats-Unis et Otan dehors »,  alors que les étudiants adressent cet appel radio à la population : « Ici Polytechnique ! Peuple de Grèce, Polytechnique est le porte-drapeau de notre combat, de votre combat, de notre combat commun contre la dictature et pour la démocratie ».

Les manifestations qui se déroulent autour de l’Ecole Polytechnique prennent  rapidement de l’ampleur. Des milliers de travailleurs, ouvriers, agriculteurs ainsi que de très nombreux lycéens convergent vers le centre d’Athènes. En dépit des charges violentes de la police, dont l’objectif est d’empêcher toute jonction entre ces manifestants et les étudiants retranchés dans l’université, la manifestation du 16 novembre 1973 rassemble plus de 150.000 personnes.

Face au risque de soulèvement généralisé, la dictature décide de déployer des moyens militaires et ordonne l’évacuation de Polytechnique. La nuit du 17 novembre, un char enfonce le portail de l’entrée de l’université, écrasant deux ou trois étudiants. Des militaires évacuent l’université et livrent les étudiants à la police qui commettra des exactions, alors que des snippers postés aux alentours de l’université ouvrent le feu.

Ce soulèvement, initié par les étudiants auxquels se joindront de larges pans de la population, marque le début de la fin de la dictature, qui chutera  le 23 juillet 1974.

41 ans plus tard, une commémoration sous tension

Afin d’en affirmer le caractère historique et symbolique, le 17 novembre est devenu un jour de commémorations, marquées par un recueillement sur le lieu de la répression, au sein de Polytechnique, suivi d’une manifestation, qui aboutit traditionnellement devant l’ambassade des Etats-Unis.

La manifestation du 17 novembre vise non seulement à honorer la mémoire et le combat des victimes de 1973 mais aussi à rappeler le message de ce soulèvement. Massives dans un premier temps, ces manifestations conservent un caractère revendicatif et rassemblent toujours plusieurs milliers de manifestants.

Fidèle à sa stratégie de la tension, le gouvernement de coalition actuel, rassemblant les conservateurs de la Nouvelle démocratie et les restes du parti socialiste, a jeté de l’huile sur le feu en prévision de la manifestation d’aujourd’hui, qui donne régulièrement lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre.

Après avoir, dans un premier temps, ordonné la fermeture de plusieurs sites universitaires afin d’empêcher, selon la version officielle, toute tentative d’occupation par les étudiants, entraînant une mobilisation des syndicats étudiants qui ont été chargés par les CRS, l’enceinte de Polytechnique a été ouverte au public.

La manifestation devrait être importante aujourd’hui, offrant l’occasion de s’élever une nouvelle fois contre la politique du gouvernement actuel, qui en dépit des annonces d’une reprise de la croissance, doit faire face à la colère des 27% de chômeurs, des salariés précarisés, des ménages ayant subi la baisse de leurs revenus et faisant face à l’impossibilité de rembourser leurs emprunts, des usagers des services publics constatant la dégradation constante des services de santé et d’éducation.

A titre d’exemple, afin de prendre la mesure de la situation économique et sociale actuelle, il suffit de mentionner les déclarations du ministre de l’Education, Monsieur Loverdos, issu du PS, qui n’a pas hésité à affirmer, le 7 novembre, qu’il envisageait de demander à des professeurs d’enseigner de manière bénévole, sans rémunération, afin de combler les quelques 1000 postes d’enseignants vacants dans les écoles. Tout en concédant que cette mesure était difficile à accepter, il a justifié ce projet par les contraintes budgétaires pesant sur son ministère.

Le cortège des manifestants se lancera aujourd’hui avec comme mots d’ordre « pain, éducation, liberté » ou encore « la dictature ne s’est pas terminée en 1973 ».

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