Les "charognards"

A chaque nouvelle affaire liée de près ou de loin au terrorisme c'est la même chose... Des journalistes bien intentionnés se précipitent pour obtenir l'analyse de spécialistes (auto proclamés?) en terrorisme. Et à chaque fois on voit refleurir les mêmes poncifs... qui sont ils, ces Guidère, ces Daguzan, ces je ne sais qui encore, pour répandre leur bonne parole régulièrement dans les journaux, quel est le sujet de recherche génial auquel ils ont contribué et qui leur vaudra un jour un prix nobel? Mystère...

Tant qu'ils parlent de leur travail et ne débitent pas des âneries, ok, tout va bien, je ne partage peut être pas leur analyse mais après tout Monsieur Sarkozy n'ayant pas encore déclaré l'état d'urgence pour faire passer des lois censurant aujourd'hui l'apologie du terrorisme mais demain Dieu sait quoi, nous sommes encore en démocratie et chacun a le droit de s'exprimer. Mais quand ces charognards se mettent à parler d'affaires judiciaires en cours dont is ne connaissent rien mais sur lesquelles ils expriment cependant un avis, stop, trop c'est trop, quand on est un vrai chercheur on s'abstient de pérorer sur des choses dont on ignore tout. 

Dernier en date, le journal Libération qui sous la plume d'Alexandra Schwartzbrod interrogeait un de ces pseudospécialistes nommé Francois Heisbourg, "expert des questions de sécurité". "C'est qui pour un?", diraient mes amis Savoyards?

eh bien que lit on en réponse à la seconde question de la journaliste? La phrase suivante, qui ose tenter le parallèle entre la triste affaire de toulouse et celle qui concerne Adlène Hicheur (sans le citer nommément, ouf, mais tout le monde aura compris): De plus, deux présumés jihadistes solitaires pouvaient servir d’exemple : un chercheur du Cern qui avait travaillé en Afghanistan et voulait s’en prendre - avec son frère, similitude troublante - à la 27e brigade de chasseurs alpins à Chambéry, en 2009 ; et un type de Nancy, «révélé» par les Libyens du temps de Kadhafi, qui voulait s’en prendre au 13e régiment de parachutistes de Dieuze en Lorraine, en 2007.

De l'affaire de Nancy, je ne connais rien, mais je me suis laissé dire qu'on était la aussi dans un délire total. (Peut être Médiapart pourrait il s'y intéresser un de ces jours?) Mais de l affaire Hicheur... comment peut on oser écrire de telles bêtises sans aller vérifier ses sources? assez incompréhensible, d'autant que Libération avait publié un article plutot pas mal (à mon avis) sur l'affaire hicheur voici un mois

  1. Adlène Hicheur n'a jamais mis les pieds en Afghanistan: ou ce monsieur est il allé inventer des âneries pareilles?
  2. Le frère de M.Hicheur a été mis totalement hors de cause après un jour de garde à vue, de cela tout journaliste faisant un tant soit peu sérieusement son travail est au courant. On appréciera de plus l'insinuation assez odieuse - avec son frère, similitude troublante -
  3. Adlène Hicheur voulait s'en prendre à la 27e brigade de chasseurs alpins à Chambéry,. Pauvre ignorant (je suis gentil), a-t-on envie de lui répondre, as tu lu le dossier pour être aussi bien informé? Si tu es un aussi grand spécialiste, tu saurais déjà que le 27ieme BCA est à Annecy, pas à Chambéry. 

Bref, à lire cet article on se sent profondément révolté que des personnes puissent faire aussi mal leur travail et parler pour ne rien dire au nom du sensationnel de caniveau. D'autant que ce journal est coutumier du fait: en 2010 déjà, il avait déjà cité en exemple M.Hicheur dans un article intitulé "Terrorisme: le temps des loups solitaires" . Ce dernier, qui n'est ni un loup solitaire ni un Djihadiste assoiffé de sang, avait envoyé un droit de réponse passé totalement aux oubliettes par Libération.

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