Renouvellement du Conseil d'Analyse Economique

Le 05 Novembre 2012 Jean Marc Ayrault a renouvelé les membres du Conseil d'Analyse Économique (CAE). (site officiel)


Cette organisation gouvernementale, qui avec le Conseil d'Analyse Stratégique (CAS) vient en, appui aux décisions politiques, a été en très grande majorité  renouvelé. Peu de journaux en ont fait état. (je n’ai identifié que  La Tribune).

On peut alors se demander comment est constitué ce nouveau Conseil, mais aussi pourquoi il n'a pas été renouvelé avant.

LE NOUVEAU CONSEIL

A partir de la liste de ces nouveaux membres (J.O., arrêté de nomination) il est intéressant de décrypter le parcours de chacun d’eux, et pressentir quelles orientations pourraient se dégager de ce conseil qui sera consulté si ce n’est écouté par le gouvernement .
Une bonne partie des membres  , est issue du « Public », universitaires, chercheurs au CNRS . dont plusieurs travaillent avec l’Ecole d’Economie de Paris ou l’Institut économique de Toulouse.La consultation des travaux propres a chacun de ces membres, laisse espérer une réorientation des réflexions du gouvernement sur les inégalités sociales.

Notament, Cecilia García-Peñalosa, dans une recherche intitulé INSTITUTIONS DU MARCHÉ DU TRAVAIL ET RÉPARTITION DU REVENU PERSONNEL DANS L'OCDE (en anglais), n'a pas le mot "compétitivité" comme maître mot mais fait le constat que:


Les deux dernières décennies ont vu un regain d'intérêt pour les fondements de l'inégalité et de vastes travaux empiriques ont tenté d'évaluer l'évolution et les causes possibles des changements au fil du temps et entre les pays. La grande majorité de ces travaux se limite  une seule mesure de l'inégalité, en se concentrant soit  sur l'inégalité salariale soit sur l'inégalité des revenus, ou sur la part du travail dans la valeur ajoutée. Or, ces trois formes d'inégalité sont étroitement liées, car elles sont susceptibles d'avoir les mêmes causes et d’interagir entre elles. Cette étude fournit un cadre global dans lequel on peut 'examiner les déterminants de la dispersion des salaires, la part du travail, et la distribution des revenus. Nous soutenons l’idée que les institutions du marché du travail sont l'élément central qui relie ces trois variables, et nous  utilisons les données  des pays de l'OCDE pour évaluer l'impact des institutions sur ces trois formes d'inégalité.

Les travaux des autres membres sont également à consulter. Bien qu'ils soient très techniques pour le citoyen moyen, la touche sociale de toutes leurs recherches, semble un pas positif pour l'horizon gouvernemental.
Sans avoir trop approfondi le contenu de leurs travaux on peut observer que dans leur ensemble ils ne se contentent pas de parler du social comme d’une variable économique mais comme un objectif pour régler les inégalités.

NB: Pour compléter ce renouvellement du CAE, Jean-Marc Ayrault à, par décret (cf legifrance), redéfini leur méthodes de rémunération et leur champs d'analyse:
- Le ministre oriente les recherche du CAE par des questions stratégiques, tout en leur laissant un degré d'autonomie dans leur recherche.
- Les "membres" n'ont plus cette qualité mais celle de "conseillers".
- Les conseillés n’ont plus de rémunération forfétaire. Seule la présidente déléguée  actuellement Agnès Bénassy-Quéré) pourra être indemnisée (dans la mesure de l'enveloppe alloué).
- On ne soumet plus les questions économiques à l'ensemble des conseillers mais à la seule présidente déléguée.

-----------(Réédition du 27 novembre 2012)----------

Madame Agnès Bénassy-Quéré, Président délégué du CAE, était l'invitée d'une émission sur la crise économique. J'ai alors put identifier la nature de son discours qui s'inscrit dans le sociale libéralisme actuelle: Elle ne remet ni la libre concurence, ni le principe d'austérité, car elle identifie le manque de régulation comme seule responsable des contractions des économies européennes.

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Bref un semblant de grand vent frais en perspective?

 

Évidemment il y a un mais.
Mais tout ceci n'est pas sans relever deux noms et leur liens avec le monde des affaires ce qui me chiffonne et doit être tout de même mis en avant et ce sans leur faire de procès d’intention .

-          Guntram WOLFF, directeur adjoint de Bruegel. C'est quoi Bruegel? Selon sa propre définition: c'est un think-tank de l'économie européenne. Présidé par? Jean-Claude Trichet. (Mario Monti, l'a , quant à lui, présidé entre 2005 et 2008 avant d'aller travailler chez Goldman Sachs) [ref 1]
Ce groupe de réflexion, censé être indépendant (mais plus j'avance dans mes recherches, plus je m’aperçois qu'il s'agit de la même « indépendance » que celle de la BCE l'indépendance quand au contrôle démocratique !) est un des maillons de ces réseaux ou les personalité politiques d'affaires ou médiatiques se côtoient.

-          Patrick ARTUS n’a que le statut de correspondant au sein du CAE. Il est par ailleurs directeur de la recherche et des études chez NATIXIS, membre du CA de Total et d'IPSOS. Il propose son analyse économique au CAE depuis 1997!

 

Hormis ces interrogations sur les noms de Wolff et d’Arthus, je pense qu'il est bénéfique d'avoir fait ce ménage.
Le ménage?
C'est pour cela que l'on ne peut que se satisfaire d'un renouvellement de tous ces Comités. Car des membres y prenaient racine en donnant à penser qu’ils détenaient la vérité : celle de la pensée unique.

 

POURQUOI PAS AVANT?

 


Entre Mai et Novembre, je suis de ceux qui disent que les socialistes au pouvoir n’ont pas mené une politique de gauche, et que les socialistes renient leurs engagements de campagne. Il a pour rôle exclusif de rédiger des rapports officiels.
Je n'ai pas de réponse, il faudrait leur demander.
Bien des questions me laisse pantois.
Pouvons nous esperé une réactualisation de leur orientation économique, et comment peuvent t'il se défaire de ces 6 mois de conseillés déjà présent sous la précédente législature?
Pourquoi le rapport Gallois (repeint en PDG de gauche)  à été co-rédigé avec le même Pierre-Emmanuel Thiard qui avait aidé à la préparation du programme économique de Sarkozy?
C'est peut-être polémique, mais de tels  maillages et entrecroisements d’intérêts privés au sein d’institutions censées aider les décisions du gouvernement ne me semblent pas favorables au développement d’une véritable démocratie. Je me sens donc en droit de le relever ici, et mes recherches futures  viseront à valider  cette thèse.
Ces questions sont légitimes. Car même si le pouvoir change, les strates financières, et d'intérêts privées semblent immuables dans les couloirs de la République.

Les insubmersibles © Parti de Gauche

 

 

 

 

 


 

[ref 1]"Bruegel a pour Directeur Jean Pisani-Ferry qui est également membre du conseil d'orientation du think tank « En temps réel ». Ce think tank  a pour Vice-Président Gilles de Margerie ancien Directeur Finance et Stratégie du Crédit Agricole et  et si vous consultez la composition de son conseil d’administration;  consulter cette page, vous serez étonné d'y retrouver des noms de la crème médiatique française comme Laurent Joffrin.

 

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