Sécurité routière : le gouvernement compte sur les auto-écoles

De la bouche même d’Emmanuel Macron, les chiffres de la sécurité routière dans l’Hexagone « ne sont pas bons ». C’est pourquoi, celui-ci a annoncé, le 5 septembre dernier, un « nouveau plan de lutte contre les accidents » qui sera présenté en octobre 2017. Et sa réussite dépend en grande partie de la participation active de tous les acteurs concernés, notamment celle des auto-écoles.

En France, les chiffres de la sécurité routière restent dramatiques, et ce malgré une légère baisse du nombre de décès sur les routes en août 2017 par rapport à août 2016. En effet, d’après le baromètre de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 296 personnes ont perdu la vie sur les routes de France métropolitaine au cours du mois dernier, contre 301 en août de l’année précédente — soit 5 tués de moins, ce qui équivaut à une baisse de 1,7 %.

Malgré cette baisse, l’heure n’est pas aux réjouissances. En effet, en août 2017, tous les autres indicateurs de l’accidentalité sont en hausse par rapport à août 2016 : on dénombre ainsi une augmentation de 3,8 % du nombre d’accidents corporels, de 2,9 % du nombre de victimes et de 1,6 % du nombre de personnes hospitalisées.

Et sur les douze derniers mois — entre septembre 2016 et août 2017 —, le panorama est tout aussi inquiétant : 3 522 personnes tuées — soit une hausse de 1,5 % par rapport à l’année dernière —, 78 809 victimes — soit une augmentation de 5,3 % — et 28 139 blessés hospitalisés plus de 24 heures — soit une hausse de 4,6 %. L’ONISR fait également état d’une augmentation de 4,1 % du nombre d’accidents, portant ainsi le total à 59 154 sur les douze derniers mois.

« Ces chiffres médiocres sont dans la continuité de ceux que nous enregistrons depuis bientôt quatre ans et sanctionnent l’absence de priorité donnée à la sécurité routière du quinquennat précédent », dénonce dans les pages du Monde Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière.

Le facteur humain

Le gouvernement de Manuel Valls s’était pourtant fixé comme objectif le passage sous la barre des 2 000 morts. Mais force est de constater que les mesures mises en place n’ont pas porté leurs fruits, « avec 3 477 tués, la France a connu en 2016 sa troisième année d’augmentation d’affilée de la mortalité routière, une première depuis 1972 », souligne le quotidien.

Face à ce constat, Emmanuel Macron a annoncé, mardi 5 septembre, qu’un nouveau plan pour améliorer la sécurité routière sera présenté le mois prochain. Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, avait de son côté affirmé, le 4 septembre, qu’à l’avenir, des sociétés privées seraient chargées de flasher les automobilistes. Une mesure qui vise à recentrer policiers et gendarmes sur leurs missions de sécurité tout en améliorant l’efficacité des contrôles.

Les sociétés privées pourraient ainsi faire passer le nombre d’automobilistes flashés par an de 1,5 million actuellement à plus de 6 millions. Le ministre de l’Intérieur a cependant précisé que la verbalisation restera de la compétence des forces de l’ordre.

Prendre des mesures pour faire baisser le nombre d’accidents sur les routes est d’autant plus important que, d’après l’ONISR, le facteur humain est présent dans 99 % des cas. L’Observatoire évoque notamment l’alcoolémie (responsable de 28 % des morts sur la route), l’excès de vitesse (26 %), le défaut de ceinture ou casque, l’usage du téléphone portable au volant, l’état de fatigue ou somnolence, le cannabis ou encore la conduite sans permis ou avec un permis inadapté.

Les auto-écoles attendues au tournant

Pour inverser la tendance, le gouvernement s’attend à ce que les efforts soient partagés par tous les acteurs concernés, à savoir l’Etat, les particuliers, mais aussi les auto-écoles, chargées de former les futurs conducteurs à la sécurité routière par une approche globale et préventive.

C’est dans ce contexte que l’auto-école en ligne, Auto-école.net, a décidé de proposer une formation à la sécurité grâce à une plateforme de e-learning. Consciente que « le manque d’expériences et de connaissances peut être un danger sur nos routes », la société a créé un module permettant d’assimiler de bons comportements au volant et acquérir de bonnes habitudes de conduite.

Les questions liées à l’alcool, la vitesse, les drogues et les médicaments, la fatigue et le téléphone sont abordées dans cette formation, soit l’ensemble des facteurs d’accidents majeurs en France. Et d’autres formations du même type devraient voir le jour au sein des auto-écoles françaises.

Depuis 2015, deux plans successifs ont été lancés dans l’Hexagone pour renforcer la sécurité routière. Ils comprenaient notamment l’interdiction du kit mains libres au volant, l’abaissement du taux d’alcoolémie pour les conducteurs novices ou encore l’augmentation du nombre de radars. Mais les résultats de ces mesures se font encore attendre, et la participation de tous les acteurs concernés s’avère dès lors une stratégie incontournable pour faire face à ce problème devenu une véritable question de santé publique.

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