Sur le fascisme de Crépuscule - réponse à Pascale Fautrier

Puisqu'il est inutile de répondre à l'indigence de Geoffroy de Lagasnerie, attachons nous à la pseudo-défense de Pascale Fautrier.

Je m'excuse par avance de céder aux "querelles d'intellectuel", ridicules tentatives de positionnement au sein d'un espace social saturé de concurrences diverses et variées. Mais l'humiliante façon dont toute une caste se met en branle pour tenter d'écraser la parole d'un ouvrage - Crépuscule - en tentant de s'attaquer à son corps producteur - moi - est assez sidérante et mérite d'être questionnée. De Lagasnerie ne fait que ré-adhérer à sa classe sociale d'origine en montrant son mépris pour toute remise en cause radicale et pensée des fruits de son "succès". Il est furieux car en effet l'ouvrage est si dévastateur pour ce système qui l'a produit que j'aurais pu en faire l'un des personnages de ce vaudeville méprisable qu'est devenu le petit Paris. Son absence de courage et de pensée, son intégration pleine et entière aux dispositifs de distinction et de promotion au sein d'une classe dominante, son obsession surtout de la distinction - qui l'amène à se promener de sujet en sujet sans ne jamais prendre de risque à travers un engagement réel - sont le reflet de ce que l'intelligence d'Edouard Louis produit, dévoyée par une obsession du soi qui l'ont amèné à se conformer absolument à l'existant, par son écriture et sa parole, pour mieux s'intégrer. Du positionnement que Louis aura à partir de maintenant se déterminera s'il devient intéressant - sans devenir écrivain, ce qui lui est hors de portée. Quant à Lagasnerie, son intelligence fulgurante trouvera peut-être un jour opportunité d'être démontrée, pour peu qu'il cesse sans cesse l'écume et s’attelle à ce grand-oeuvre qu'il n'a cessé de retarder. Pour l'instant il n'y a pour l'un et l'autre, sous le haut patronage d'Eribon que pillage d'un héritage transgressif qu'ils n'ont jamais renouvelé.
Et c'est ce qui explique les haines recuites dont je fais l'objet.

Sus au narcissisme: précisons seulement qu'en 48h, Claude Askolovitch, Daniel Schneidermann, Olivier Truchot, Marc-Olivier Fogiel, Ariane Chemin, Bruno Jeudy, Edwy Plenel, Sylvain Courage, Pascal Riché, Elisabeth Philippe, autant d'éminents piliers des rédactions parisiennes, ont tenté de détruire Crépuscule sans en parler - c'est-à-dire en ne disant pas un mot de l'ouvrage pour m'attaquer moi, utilisant des qualificatifs qui, de mythomanie à la fascisation en passant par l'homophobie, le complotisme, l'arrogance, l'imposture, la prétention et le délire, brillent par leur subtilité.

Pas un mot sur l'ouvrage, qui semble, malgré l'inconséquence qu'ils lui attribuent, pourtant trouver une magnifique capacité à les hystériser. Pour des individus qui prétendent à son inanité, s'attaquer à une telle violence à un être dont ils savent parfaitement qu'il est délié de tout intérêt, de toute institution, et se présente chaire nue face à leurs compromissions, est un révélateur que l'on ne pouvait qu'espérer.

Réponse donc à:

https://blogs.mediapart.fr/pascale-fautrier/blog/140419/crepuscule-de-j-branco-un-pamphlet-fascisant-reponse-geoffroy-de-lagasnerie

Pascale

Il n'y a pas à remercier quelqu'un qui fait à ce point souci de distinction bourgeoise comme vous, Pascale, et qui nécessite de se désolidariser dans plus de la moitié de son texte de son auteur en laissant planer toute une série d'ambigüités sans le moindre début de confirmation (notamment sur l'homophobie, je la retiens cette bêtise crasse, vous parlez d'ignorance, et d'une sacrée ignorance) pour s'assurer de ne pas se faire détruire en retour.

Défendez plus rigoureusement vos idées, Pascale. Je ne vous demande strictement rien. Lisez Lagasnerie, vous comprendrez l'inanité de sa pensée, et ne chercherez pas à lui demander de se corriger: il est l'impensé.

Et comprenez que les ombres que vous vous plaisez à dessiner à mon sujet de façon bien plus psychologisante que ce que vous me reprochiez sur Contre Macron (narcissisme viriliste, bien entendu) sont saleté.

J'ai été à Commercy grâce à vous et je suis passé à Saint Nazaire de ce fait, et Marion a eu le texte de votre fait. Vous avez été importante. Vos mots pour autant ne s'en trouvent ni justifiés, ni renforcés, et cette défense qui ne vise qu'à vous dédouaner ne saurait être appuyée.

Quant à Nicolle, qui défend à longueur de live des modalités d'organisation horizontales et la lutte contre le racisme et l'antisémitisme, qui censure tout post pouvant y faire référence de façon systématique (c'est le seul à le faire dans le mouvement) et évolue en une pensée altruiste à vitesse grand V, sans recherche d'un moindre effet d'autorité, vous le salissez d'une pensée de classe, de la même façon que Lagasnerie le fait en tentant d'écraser tous ceux qui toucheraient à ses intérêts. Car c'est la véritable et seule raison de son post: il est le fruit de ce que je décris. La position sociale de sa médiocrité est le fruit de toutes les compromissions que j'ai exposées - et il ferait un parfait personnage de mon texte.

Quant à la note sur Louis et Attal, elle est parfaitement justifiée et s'explique par la trahison d'un héritage minoritaire que la position homosexuelle avait créé en notre société, productrice d'un rapport de pensée radical au monde qui de Genet à Guibert en passant par Fassbinder et tant d'autres, a été pillé au service d'un conformisme que ces êtres ont fini par incarner, tout en trahissant d'où ils venaient. Faire mine de l'ignorer, ou de croire qu'il y aurait là une quelconque homophobie alors qu'il s'agit au contraire de revendiquer une rupture radicale avec toute forme de conformisation patriarcale, est une honte fruit encore une fois, d'une intéressée absence de pensée.

Merci d'avoir écrit, et d'avoir montré, par votre pusillanimité, à quel point vous étiez intégrée à cette caste que je décris, et à quel point celle ci continue de produire de violents effets, y compris chez ceux qui prétendent et tentent régulièrement de s'en extirper.

J'espère que vous y arriverez.

Juan Branco.

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