Stop à la transphobie. Nous sommes tous et toutes Alan

Alan, un jeune trans de 17 ans, s’est suicidé vendredi dernier suite à l’agression transphobe qu’il avait vécu à l’école. Dimanche 27 décembre, des milliers de personnes se sont rassemblées dans les principales villes de l’État espagnol, contre les discriminations faites aux personnes LGBTI.

Je ne connaissais pas Alan. Et pourtant, sans lui donner ni nom ni visage, j’ai été remplie de joie lorsque j’ai lu dans de nombreux journaux que les jeunes trans mineurs, enfin, avaient acquis le droit de changer leur nom sur leur carte d’identité. Un chemin tortueux semé d’exigences, d’explications, de questionnements et de bureaucratie pour que soit reconnu un nom qui exprime notre identité, bien trop souvent ignorée.

Cela aura été son premier Noël. Le premier Noël d’Alan. Pas le premier en tant qu’homme, ni le premier en tant que personne trans, probablement pas le premier où il se faisait appeler par ce nom par ses proches. Mais le premier où le monde devait l’accepter ainsi.

Car après tant de luttes et de résistances, et puisque sa parole ne suffisait pas, un juge a reconnu son droit à être celui qu’il disait être, à être celui qu’il avait décidé d’être. Et à l’être publiquement : à être Alan quand il s’enregistre auprès de l’administration de l’école, à l’être quand il décide de payer ses courses avec sa carte bancaire, à être Alan quand il veut entrer en discothèque, à l’être lors de la Marche des Fiertés, quand un contrôle aléatoire de la police, sans aucun motif, lui demande sa carte d’identité.

A être Alan quand il voyage et que l’hôtesse de l’air lui demande son passeport, quand il aura à chercher un travail, quand il aura à envoyer des CV, quand il devra aller chez le médecin … En définitive, à être lui-même, vivant sa propre vie.

Mais lui, comme de nombreux autres jeunes trans, n’a pas été reconnu, accepté et respecté par ses camarades de classe à l’école, ce qui l’a conduit à une grave dépression menant à son hospitalisation, puis à son suicide, quelques jours avant sa sortie.

Alan n’a pas eu l’acceptation qu’il méritait car nous vivons dans une société qui, encore aujourd’hui, est emplie de machisme, d’homophobie et de transphobie, qui fait peser sur les épaules de milliers de jeunes LGBTI la lourde charge d’une morale puritaine et d’une sexualité opprimée qui, dans les cas les plus extrêmes, les conduit à la mort.

Dans l’État espagnol, 43% des jeunes LGBTI ont des pensées suicidaires, du fait des agressions et de la discrimination qu’ils subissent dans une société qui ne les accepte pas. Alan n’est pas sorti vivant de cette violente bataille qu’il menait.

Son nom est notre fierté et malgré l’absence de sa voix, le rassemblement du 27 décembre l’a fait résonner avec plus de force que jamais. Nous serons des dizaines, des centaines, et j’espère, des milliers de poumons pour que son nom et sa lutte perforent jusqu’au dernier tympan transphobe de la ville. Pour exiger qu’il n’y ait plus de mort injuste comme la sienne.

Les plans d’éducation contre l’homophobie à l’école sont fondamentaux. Et plus que tout, l’organisation de tous et toutes les personnes LGBTI, les organisations politiques et les collectifs de gauche le sont pour affronter les attaques qui, alimentées par le soutien de l’Église et l’indifférence de l’État, se succèdent tous les jours.

Source: http://www.revolutionpermanente.fr/Stop-a-la-transphobie-Nous-sommes-tous-et-toutes-Alan

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