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Billet de blog 5 sept. 2021

Santé : vous nous avez tellement menti… (A propos du livre « Mammo ou pas mammo ? »)

Le livre de la Dre Cécile Bour « Mammo ou pas mammo ? » présente avec clarté l’information fiable sur le dépistage du cancer du sein par mammographie, pour un choix éclairé des femmes. Là encore, l’information délivrée par les autorités sanitaires sur cette question est partielle, inexacte, voire déformée. Pourra-t-on un jour leur (re)faire confiance ?

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 Je viens de finir la lecture de « Mammo ou pas mammo ? » le livre de la docteure Cécile BOUR, radiologue en Lorraine, qui vient de paraître aux Editions Thierry Souccar. Dans cet ouvrage remarquable à la fois de clarté, de pédagogie et de rigueur scientifique, Cécile BOUR fait le travail d’information honnête, rigoureuse et non infantilisante que devraient faire les autorités sanitaires sur un sujet aussi important, et qu’elles ne font pas. Au contraire, de leur part il s’agit trop souvent de propagande, manipulations, voire mensonges.

mammo ou pas mammo ?

Sensible à la question des influences commerciales et industrielles sur le soin, j’ai longtemps travaillé sur le cas d’école du dépistage mammographique. Voilà maintenant près de 20 ans que les données fiables dans le monde s’accumulent pour étudier son efficacité réelle : diminue t-il la mortalité par cancer du sein, le nombre de cancers du sein graves ? Diminue-t’il l’importance des traitements ? Sa balance bénéfices-risques est elle favorable ? Au fur et à mesure de l’évolution des connaissances fiables sur le sujet, on finit par se rallier à l’avis définitif du Dr Goetzsche, confondateur de la Collaboration Cochrane, coauteur de la principale méta-analyse sur le sujet  : « Si le dépistage mammographique avait été un médicament, il aurait été retiré du marché. »

Cécile BOUR et son collectif Cancer Rose, dans « Mammo ou pas mammo ? » s’affrontent avec opiniâtreté, et succès, à la loi de Brandolini : l’énergie à dépenser pour réfuter des inepties est sans commune mesure avec celle qui a permis de les produire. Dans ce bref ouvrage, clair et pédagogique, mais qui ne dispense pas de la réflexion, se trouve tout ce qu’une femme devrait savoir avant de confier ses seins au système de santé. Le dépistage mammographique n’a pas le caractère anodin voire ludique que nous présentent les autorités sanitaires et leurs zélateurs médiatico-commerciaux. Accepter le dépistage c’est s’engager, sans en être toujours pleinement consciente, dans un parcours anxiogène, qui peut aboutir à des examens, des mutilations, des traitements dangereux. Est ce que ça en vaut vraiment la peine ? « Mammo ou pas mammo ? » donne les éléments de réponse pour un choix éclairé, adulte, responsable et respectueux des femmes. A lire donc.

La prétendue efficacité du dépistage mammographique n’est qu’une contre-vérité, même si elle n’est pas la moindre, parmi beaucoup d’autres proférées par les autorités sanitaires pour inciter la population, les professionnels de santé souvent naïfs et sous influence, à pratiquer des soins sans intérêts pour la santé des patients, mais pas pour celles des firmes et de leurs actionnaires et dirigeants. Citons, en vrac, et pour les sujets sur lesquels j’ai travaillé : le vaccin contre la grippe H1N1 et l’efficacité du Tamiflu°, le dépistage du cancer de la prostate, l’ostéoporose, les médicaments antialzheimer, l’efficacité de certains antidépresseurs, de certains antalgiques, le scandale du Mediator°, celui plus grave du Vioxx°, le traitement hormonal de la ménopause, les recommandations de la HAS sur le diabète et la maladie d’Alzheimer, abrogées par le conseil d’Etat en 2011 car écrites sous la dictée de l’industrie pharmaceutique, etc., etc. 

Les gens ne sont pas si bêtes et finissent un jour par s’apercevoir qu’on les manipule, qu’on leur ment, parfois avant même que le scandale n’éclate. Comme dans le conte du jeune berger qui crie au loup par jeu, et qu’on ne croie plus le jour où le loup est vraiment là, les autorités sanitaires, et ceux qui relaient leur propagande, médias, professionnels de santé, etc., on trop crié au loup pour être encore crédibles le jour où elles semblent dire autre chose que des contre-vérités, comme aujourd’hui avec la vaccination antiCovid.

Comment faire alors la part des choses quand la confiance n’est plus possible ? C’est pourtant essentiel car il s’agit de notre santé, la nôtre, celle de nos proches, de ceux que nous aimons. Écouter les gourous médiatiques ? Chercher l’information fiable par soi-même ? Malheureusement c’est l’illettrisme scientifique qui domine dans la population générale, et même dans les milieux médicaux malgré des progrès marginaux. Un illettrisme scientifique entretenu par ceux qui ont intérêt à ce qu’il perdure. La manipulation de l’information médicale par les influences industrielles et commerciales est telle, et à toutes les étapes de son élaboration, que son décryptage relève d’une compétence spécifique que peu maîtrisent. Et d’autant que la formation des professionnels à ce décryptage est souvent assurée par des professionnels eux-mêmes sous influences commerciales.

La ligne de crête entre d’un coté le charlatanisme des patamédecines et des autres pratiques parallèles et de l’autre coté le néo-charlatanisme d’une médecine sous influence industrielle et commerciale devient de plus en plus étroite et le professionnel de santé consciencieux ne peut plus y avancer, et ses patients avec lui, qu’avec la plus grande précaution et dans un équilibre précaire. Sur ce chemin étroit et périlleux, le stabilisateur indispensable que constitue la pensée critique nécessite sans cesse d’être réévalué, rééquilibré, renforcé, pour éviter la chute du coté d’un charlatanisme ou de l’autre.

C’est un travail considérable, épuisant, constant, que nulle structure officielle ne favorise plus, et au contraire, car elles se sont elles mêmes soumises aux vents mauvais des influences. Alors, désemparé, on se tourne vers d’autres, qui causent plus fort, plus simples, mais tout aussi incompétents et dangereux, soumis aux influences de leur ego, tout aussi délétères que les commerciales. On finit alors par se dire qu’on va y arriver soi-même, puisqu’on ne peut plus faire confiance, se bricolant de ci de là des connaissances partielles, sans en maîtriser les outils critiques. Les citoyens, usagers, patients, soignants, se trouvent égarés dans une jungle informationnelle, où les boussoles sont soit cassées, soit absentes, soit soumises à des champs magnétiques contraires. Les rares boussoles encore fiables sont elles mêmes remises en cause dans le désarroi ambiant.

Vous nous avez trop menti, mesdames et messieurs des agences sanitaires, des autorités, hautes, basses ou moyennes, des autorités devenues Miniver dignes de « 1984 ». Comme on a besoin de se laver les mains pour éviter une contamination par des germes, les citoyens, soignants, usagers ont besoin d’informations médicales et sanitaires totalement lavées des influences industrielles et commerciales qui les ont contaminées. Le retour de la confiance, s’il est encore possible, ne sera qu’à ce prix.

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