Enfin les belges peuvent tuer leurs enfants...

Ça y est,

un pas de plus est franchi dans la Loi belge: l'euthanasie est légale pour les enfants atteints de maladie grave et incurable et si ils souffrent de douleurs physiques insupportables. Sans limite d'âge. Et si les parents sont d'accord.

Rendez-vous compte...La médecine belge est à ce point en échec que la loi ne trouve d'autre solution que d'accorder le permis de tuer certains enfants, sans limite d'âge et parce qu'ils présenteraient des douleurs insupportables. Des souffrances insupportables...

Je souffre pour ces médecins belges qui iront pousser les seringues remplies de cocktail lytique en regardant cet enfant affaibli par la maladie, qui  n'aura peut-être rien demandé d'autre que l'on s'occupe de lui et de ses parents qui étaient épuisés par la maladie de leur petit.

A quel âge un enfant peut-il demander la mort? Quelle étrange question...Est-ce qu'un enfant, même malade et souffrant réclame à ce qu'on l'achève? Quelque chose ne tourne pas très rond là dedans...De quelle souffrance parle-t-on? Celle de l'enfant, celle des parents, celle des médecins belges?

Alors qu'en France en 2002, la loi Leonetti avait été votée à l'unanimité, en Belgique c'est à peine une soixantaine de députés qui permettent cette solution finale pour abréger des souffrances soient disant insurmontables. La médecine moderne s'accorde à dire que les souffrances insurmontables n'existent pas dès lors que l'on se donne les moyens de les prendre en charge et la société belge par la voie d'une soixantaine de députés autorise des enfants malades et sans limite d'âge et avec l'accord de leurs parents à demander la mort. A demander l'euthanasie, qu'on les achève...Comme des bêtes malades. Est-ce qu'un enfant même malade demande la mort? Et si oui, est-ce à tout âge? Vraiment, il y a de quoi se questionner.

En Suisse, l'euthanasie est dépénalisée depuis 2002 également et la loi à déjà été amendée une vingtaine de fois pour élargir l'offre aux déments, aux malades psychiatriques, à certains mineurs(ils ont mis la barre à 12 ans), etc...Mais la Suisse a eu la sagesse de se désolidariser d'un tel service en ne confiant pas cette affreuse tâche à la médecine et surtout pas couverte par la Loi nationale. Des gentilles associations se chargent de vous achever dans la dignité?...Evidemment ce service n'est pas gratuit.

Il ne manquerait plus que l'euthanasie soit remboursée par la sécurité sociale et prise en charge à 100% au nom de la solidarité nationale.

Alors, ce qui était prévisible en Belgique il y a dix ans est arrivé, et en France l'ADMD a enregistré en quelques semaines 1600 adhésions supplémentaires pour que nos chers concitoyens puissent mourir dans la dignité. Mais alors, quelle est cette peur qui fait que des hommes et des femmes préfèrent qu'on leur mettent un sac sur la tête ou bien qu'on les empoisonnent...Plutôt que de vivre jusqu'au bout.

Quelle société est à ce point en échec vis à vis des plus vulnérables d'entre nous pour que ces derniers en soient amenés à demander qu'on les tue? C'est là le défi des années à venir pour notre société de s'investir dans la lutte contre l'isolement des plus vulnérables comme les personnes âgées, les handicapés, toutes les personnes gravement malades. Pour leur faire retrouver une image digne, une place au sein de notre vie moderne par delà tous les individualismes, pour que chacun puisse vivre et faire circuler sa parole jusqu'au bout. N'est ce pas cela vivre et mourir dignement que de faire circuler sa propre histoire, pouvoir être entouré des siens quand cela ne va pas, pouvoir rester chez soi jusqu'au bout. Pouvoir demander à la société de nous permettre de vivre tranquilement avec sa famille et ses amis, dans son environnement et jusqu'au bout plutôt que de terminer la tête dans un sac plastique remboursé par la sécurité sociale?

Alors, portons les soins palliatifs comme priorité nationale pour éviter que des enfants malades fassent les frais de la souffrance de leurs parents.

http://www.sfap.org


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