Euthanasie: dire Non c'est être sage...

Mes chers amis humains, ne sombrons pas dans l'inqualifiable...

Mes chers égaux, ne franchissons pas l'infranchissable, nous pourrions nous en mordre les doigts. Après la liberté d'expression désintégrée( temporairement par Valls and col.), c'est au nom de la dignité humaine que certains d'entre nous souhaitent voir (avancer) évoluer la Loi sur les droits des malades et la fin de vie vers une possible législation autour de l'assistance mécalisée à mourir.

Mais qu'est ce que le Hollandais en Scooter a dit ce jour dans sa proposition 21!?

Un petit rappel: Jean Leonnetti en 2005 avec ses collaborateurs, avaient produit une réflexion et rédigé une loi historique dans le monde.... La loi Leonetti qui garantit à tous les patients, vous et moi, le droit à l'accès aux soins palliatifs et la prise en charge de toutes les souffrances en rapport avec une maladie incurable ou évolutive pour laquelle il n'y a plus de solution thérapeutique garantissant la guérison. En plus des lois dites Kouchner de 1999 et 2002, tout humain malade et souffrant a le droit, inscrit dans nos textes (et donc opposable), de voir ses douleurs soulagées par des thérapeutiques efficaces, et aussi de refuser tout traitement qu'il estimerait non acceptable...

Autrement dit, en 2014, tout humain confronté à la maladie et à la souffrance a le droit que l'on s'occupe de lui, a le droit d'exiger que l'on prenne soin de lui et de ses proches jusqu'à sa mort. Toute personne a le droit de refuser des traitements qu'il ne se verrait pas supporter et en même temps d'exiger que l'on prenne soin de lui, que l'on traite ses douleurs, et ce jusqu'à sa mort. De plus, Leonetti assure que l'acharnement thérapeutique, ou encore l'obstination déraisonnable, c'est à dire des soins qui n'auraient pour objet que d'entretenir arificiellement la vie "biologique", est interdit. L'acharnement thérapeutique est condamnable, au nom de la dignité humaine. Il n'est plus alors question de quantité de vie mais de qualité de vie, assurée par la médecine et les acteurs médico-psycho-sociaux, permise par la Loi, et ce jusqu'à la fin. La fin de vie est déjà digne dans la Loi.

Ce réferentiel législatif fait exemple dans le monde et assure la dignité humaine jusqu'au bout de la vie. Le malade, et donc le bien portant futur malade est désormais maître des conditions de sa santé, il est en droit (opposable) de décider de ce qu'il veut et ne veut pas concernant sa santé et sa fin de vie. Les medecins ne peuvent plus imposer d'une façon ou d'une autre tel ou tel traitement sans en avoir expliquer clairement et loyalement les tenants et aboutissants, les risques et bénefices. Tout ceci, la Loi le permet déjà et encore une fois, la France est dans ce domaine un exemple pour le monde, de plus en plus de pays calquent leurs règles de droit sur la fin de vie sur notre modèle.

La prise en charge de la douleur est une obligation pour la médecine. La dignité est inscrite dans la vie humaine au moins jusqu'à sa fin. Ce qui pourrait être indigne, c'est que la société n'assure pas l'accomplissement de ces droits là, en l'occurrence, le développement des soins palliatifs et de l'accompagnement des personnes vulnérables. Alors bien sûr, dans un monde centré sur l'utilitarisme et la peur de la souffrance, mieux vaut disparaître " dignement" plutôt éliminé par un tiers, qui plus est médecin diplomé d'état, plutôt que de mettre tout en œuvre pour accompagner dignement celui qui s'affaiblit et finira par nous quitter. Pour mémoire Hippocrate lui- même, maître des médecins interdisait de mettre fin à la vie de l'autre.

Alors, Hollande et sa proposition 21, risque encore d´amener la France un peu plus bas dans l'échelle du respect de l'humanité. Car l'assistance médicale à mourir, n'est rien d'autre que de délivrer au corps médical (à priori) le droit de tuer, sous certaines conditions bien encadrées dit- il?!

En pratique, certainement facile à mettre en œuvre, mais à supporter cela doit être une autre affaire....Pour les médecins, pour les proches, etc...

Et là, je suis inquiet... Un individu, qui répondrait à des critères bien définis ( par qui et lesquels?), inscrits dans la Loi, pourrait relever d´une aide médicalisée à mourir. Autrement dit, pourrait bénéficier d'un homicide médicalisé ou d'un suicide aidé. En 2014, un pour cent de la population mondiale, c'est à dire le Bénélux et la Suisse, accepte qu'un humain tue un autre humain pour des raisons dites médicales, et ce au nom de la dignité humaine...Notez qu'en vous renseignant un peu vous constaterez que les demandes et les critères de recevabilité ne cessent d'augmenter en Belgique...On peut euthanasier des mineurs...

Un exemple récent: deux jumeaux sourds et muets, sans autre problème, ont eu accès à l'euthanasie (qu'un tiers médical les tue)...Deux jumeaux sourds et muets ont été tués par les médecins d'un pays autorisant ce genre de fin de vie parce qu'ils en ont fait la demande!? Où est la mort digne? Ou est la dignité ici...?

Alors, Monsieur Hollande, loin de toute considération électoraliste, ne franchissez pas l'infranchissable... Prenez le temps de réflèhir et dans le doute, abstenez vous. Penez mêmes des vacances si besoin. Quand il sera trop tard, il sera trop tard...

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.