Ah, mon bon monsieur ! Tout ça va mal finir !

Vous voulez sauver le PS, soit. On ne peut pas sauver tout le monde. Alors, vous avez le sens des priorités : vous souhaiter sauver l’appareil, ses moyens, un minimum d’élus puisqu’ils sont sources de financement. Vous avez le sens des réalités : vous savez bien qu’il se faut garder des utopies et des rêves. Vous savez que le capitalisme, c’est le monde tel qu’il va, et, plus précisément, tel qu’il s’enrichit. C’est pourquoi vous avez renoncé à la rupture avec ce système de penser et de faire, comme autrefois jadis naguère le prétendait votre parti car il n’avait pas alors été confronté à la réalité du pouvoir et des affaires.

Vous savez bien que l’économie dirige le monde, le transforme et que la politique, ou le politique, ne peut guère faire mieux qu’accompagner cette transformation. Le monde devient toujours un peu plus le monde de l’économie, le monde de la croissance sans limites. Mais on vous dit que si cette mondialisation de l’économie est sans limites, le monde physique ne l’est pas. Et que l’une va finir par détruire l’autre.

C’est une vision un peu complotiste, là, savez-vous, d’opposer ainsi la Terre, notre planète, aux hommes qui la font fructifier, aux entrepreneurs qui prennent des risques pour repousser toujours les limites du possible ? Vous avez entendu parler, bien sûr, de la « destruction créatrice » ? Eh bien, c’est de cela qu’il s’agit. Quelques parties de la planète vont devenir invivables,  quelques populations vont en souffrir, certes. C’est le prix à payer pour le progrès général. La souffrance a toujours été de ce monde, de toute éternité et ses maîtres naturels, ceux de la planète, sauront se ménager des havres de paix et de plaisir, loin de toute pollution regrettable.

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