Municipales : trois bonnes raisons de voter pour Annecy Résolument à Gauche.

À la quasi veille de l'élection, j'ai cherché à résumer l'argumentaire le plus épuré, en fonction notamment des questions récurrentes auxquelles nous avons été confrontées en porte-à-porte ou sur les marchés. Je le publie ci-après, avant de clore mon blog le temps du week-end électoral. Voici donc trois bonnes raisons de voter pour Annecy Résolument à Gauche ce dimanche :

1. Programme contre programme.

Nous nous sommes efforcés de ne pas empiler des mesures et des propositions alléchantes, dont la seule cohérence est de « plaire aux Annéciens ». Quand bien-même l'idée d'un Centre de Congrès plairait aux Annnécien-ne-s, nous y serions opposés ; car c'est un projet inutile, imposé, et dont le coût immense (50 millions d'euros) ne profiterait qu'à un petit nombre de congressistes par ans. À ce projet, nous opposons directement notre grand projet, d'utilité publique, cette fois-ci et à même de concerner le plus grand nombre : une maison des Associations, dans le prestigieux Haras, désormais propriété de tous.

Et c'est comme ça pour tout notre programme ! Pas de tunnel sous le Semnoz (véritable appel d'air de voitures dans une ville déjà encombrée) mais la gratuité des bus. Pas un service social rabougri, faisant la charité, mais un véritable Centre de Santé et d'Accueil social, garantissant enfin à chacun le droit de se soigner et permettant à tous l'écoute et le soutien nécessaire dans un contexte où la misère s'est répandue telle une traînée de poudre.

Je me suis amusé, à mes temps perdus, à le résumer en une Bande Dessinée. Parfois les dessins parlent aussi bien que les mots !

 

2. La gratuité des bus : un vote politique.

Cette gratuité qui a tant occupé notre campagne n'est plus à présenter. Mais c'est à mes yeux le « point crucial » du vote pour ARAG. Qui d'autre présente une mesure capable de remettre à ce point en cause l'ordre établi ? Les candidats que la presse s'est complu à présenter comme « sérieux » - mais qui trois jours avant le vote sont plutôt apparus comme nerveux ! car personne ne sait vraiment ce qui peut sortir de cette élection – se sont contentés de présenter des mesures d'amélioration, d'aménagement, tout en affirmant qu'ils se plieraient scrupuleusement à l'austérité imposée par les gouvernements libéraux et par l'Europe.

Nous, nous choisissons de renverser la table : sortir un service, central dans notre ville, hors de la sphère marchande. Refuser que nos faits et gestes soient peu à peu payants et montrer à tous que la civilisation progresse dès lors qu'elle parvient à instituer des biens communs.

Lutter contre la marchandisation de l'humanité, c'est lutter contre le fameux libre-échange que l'Europe veut instituer. A la mairie, nous lutterons donc contre cette Europe du Grand Marché Transatlantique, dans les principes – en plaçant la commune et l'agglo « hors-GMT » - mais aussi dans les actes – Véolia parle de « concurrence déloyale » à propos de la gratuité des bus ! Nul doute que cette entreprise, ou une autre du même acabit,se servirait du GMT et ses tribunaux d'arbitrage pour nous attaquer, mais nous serions prêts à répondre !

3. Rassemblement de la gauche.

Enfin, j'aimerais revenir sur un « débat » orchestré par la presse locale, et qui est à mon sens très révélateur de la perception qu'ont les dominants de la démocratie. Il y a huit listes qui concourent à Annecy. C'est un « triste record », la « gauche est divisée », bla bla bla. Cela me rappelle l'époque de la primaire interne au PS avant l'élection de 2007. Le Premier Secrétaire de l'époque, François Hollande, répétait à tue-tête qu'il aurait préféré qu'il y ait « moins de candidats ». Et on nous répète inlassablement qu'il y a « trop de listes ». Mais bon sang, les opinions de chacun ne peuvent-elles pas être représentées ? Est-on obligé de tout diluer derrière le candidat le plus friqué ? - car bien sûr c'est toujours lui qui semble au départ en position de l'emporter. Partir en croisade contre la multiplication des listes c'est d'abord déclarer la guerre à la démocratie.

Bien entendu, le mode de scrutin ne favorise pas les petites listes. Mais ces journalistes-perroquets jamais une seule seconde ne remettent en cause le scrutin de liste majoritaire. Non, au contraire, ils estiment qu'il nous faudrait nous aplatir à cette injuste règle.

À la constitution d'Annecy Résolument à Gauche, nous avons adopté une stratégie simple. Nous nous sommes proposés de rassembler toute la gauche qui s'opposait à l'austérité – ce devrait être un pléonasme – dans une liste commune. Et je rappelle que nous avons atteint cet objectif, puisque notre liste est constituée de militants du NPA, du Parti de Gauche, du Front de Gauche, de M'Pep, ainsi que des militants syndicaux, associatifs et citoyens engagés. Nul ne peut nier qu'il s'agit d'un rassemblement unitaire. Dans le même temps, nous réclamons l'institution de la proportionnelle intégrale, qui permettrait alors au vote de chaque citoyen d'être représenté.

Cela ne nous a pas surpris de voir le PS décider de monter son propre pôle austéritaire (PS-MoDem), puisqu'il est le dépositaire de la politique du gouvernement ! Plus curieux en revanche, l'attitude du PCF qui préférait croire à « l'Union de la Gauche » sans aucune autre base que « pour battre la droite et l'extrême-droite ». Dis-donc, Jésuite, tu ne vois pas une petite contradiction à vouloir battre la droite en t'alliant avec la droite ? Et l'austérité, vous ne la combattez que hors période électorale ? Si tu oses me dire que ce n'est pas un enjeu local, et qu'on peut bien y revenir plus tard, alors je demande aux électeurs ne pas vous accorder une seule voix.

Nous pensions que le mépris que le PS-MoDem leur avait adressé, dans une fin de non recevoir, les ramènerait naturellement vers nous. Mais non. Ceux-ci on préféré faire la poussière, clamant qu'il faudrait bien qu'on les prenne en compte au deuxième tour ... et qu'on fasse « l'union de la gauche ». C'est vraiment s'obstiner pour rien.

Le rassemblement est de notre côté, il ne nous appartient pas, il doit encore être parfait en accueillant les forces de gauche qui luttent sincèrement contre l'austérité et le capitalisme libéral. Mais voter ARAG c'est montrer que ce chemin du rassemblement d'un opposition de gauche, qui ne se compromet pas avec la politique de l'offre, avec le « pacte de responsabilité » avec l'austérité à perpétuité, est le seul qui nous conduira au pouvoir.

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