Tambouilles et magouilles.

A Brest, 10 listes se présentent pour ces municipales 2020, un nombre important, lié sans aucun doute à la crise politique nationale que nous connaissons.

Cette crise politique plonge ses racines dans la corruption locale et nationale. Le sentiment d'une justice à deux vitesses, d'une justice de classe, est aggravé ces jours-ci par la libération d'un Patrick Balkany tout juste condamné. Cette délinquance politique et financière vient même parader dans les émissions d'une télévision publique devenue paillasson pour repris de justice, inculpés et aventuriers sans vergogne (Sarkozy, Benalla, Balkany, Ghosn...).

Brest n' échappe pas à cette déliquescence politique et morale.

Un des principaux candidats, François Cuillandre, le maire socialiste sortant, est mis en examen pour recel d'abus de confiance, dans une affaire qui touche de près la gestion de la ville puisque ses deux bras droits et principaux adjoints sont eux aussi inculpés pour détournements de fonds publics et abus de confiance.

Hélas, le maire sortant n'est pas le seul de sa liste a avoir eu affaire avec la justice. Son numéro 5 et directeur de campagne, Yohann Nedelec, maire du Relecq-Kerhuon jusque mars 2020, a été condamné pour usurpation d'identité suite à une misérable affaire de dispute avec une ancienne adjointe sur son blog. Mais surtout, des éléments douteux concernant l'embauche de son propre premier adjoint, Renaud Sarabezolles, en tant que directeur du SIVU de l'Elorn, dont Nedelec était le président, embauche validée par le Centre de Gestion du Finistère, dont Nédelec était également le président, posent question. D'autres éléments douteux concernant une modification du PLU bénéficiant directement à Yohann Nedelec ont également été mis au jour par des riverains, à qui le Tribunal Administratif a donné raison à plusieurs reprises.

Ces questions et ces doutes ont bien été entendus par le Tribunal de Brest, puis par la Cour d'Appel de Rennes, lorsque Yohann Nedelec nous a intenté un procès-baillon pour avoir relayé ces éléments. Il a perdu, deux fois. Les conclusions des deux tribunaux signalent d'ailleurs bien la légitimité des doutes posés par la gestion de Yohann Nedelec, tant sur l'affaire du PLU que sur celle du recrutement.

Et pourtant, malgré ces affaires qui sont connues, le candidat des Verts, Ronan Pichon, non content d'être resté dans la majorité de François Cuillandre jusqu'au bout, envisage à présent une fusion de liste avec le sortant socialiste au second tour. D'ailleurs, Ronan Pichon a d'ors et déjà accueilli sur sa liste le socialiste et premier adjoint Thierry Fayret, celui-là même qui a présenté et défendu il y a quelques semaines à peine, le dernier budget de François Cuillandre. Aujourd'hui, Pichon et Fayret prétendent donc se présenter face à un maire dont ils ont voté le budget, et prétendent ce dernier insuffisant. Mais il fallait le dire en conseil municipal ! Mais il fallait ne pas le voter !

Ces magouilles et tambouilles politiciennes de ceux qui sont toujours dans la même majorité sont d'autant plus insupportables que nous vivons précisément en France les conséquences politiques de ces mêmes magouilles et tambouilles du mandat de François Hollande : le macronisme et son monde, qui ravagent nos droits sociaux, qui mutilent et qui enferment leurs opposants.

En mars 2020, il faut absolument à la fois rompre avec ce monde politique du copinage des Verts et des socialistes brestois, sans pour autant prendre le risque d'une gestion municipale par le candidat de Macron (candidat lui aussi issu de la même majorité et ancien dirigeant du Parti Socialiste finistérien), qui serait désastreuse pour nous tous et pour notre ville solidaire et fraternelle.

En mars 2020, je voterai pour l'équipe de Pierre-Yves Caladen.

 

Les documents du procès Nedelec / Abbassene / Le Goïc :

(pdf, 414.1 kB)

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