Brest'aim le porno ?

Communiqué de presse envoyé le 20/11/2019 au Télégramme [et non publié].

    Un article du Télégramme annonçait hier le retrait de publicités « sulfureuses » pour le Salon de l’Érotisme des panneaux JCDecaux aux abords des écoles. La mairie y prétendait ne pas pouvoir les « interdire car les panneaux ne font pas partie du réseau d’affichage urbain de Brest Métropole».

Certes.

   Mais ce salon au contenu sexiste et douteux se tient au Parc des Expositions de Penfeld, un lieu piloté par Brest’Aim, dont le Président est François Cuillandre, maire de Brest et candidat à sa réélection malgré sa mise en examen récente dans une affaire de détournement de fonds.

   J’ai déjà alerté lors de nombreux conseils municipaux l’élue EELV en charge de l’Égalité Femmes-Hommes au sujet des affiches et évènements à caractère sexiste ou proposant une image dégradante des femmes organisés avec Brest’aim. Rien n’a été fait par la majorité PS, PCF, EELV (etc.) en place.

   Le Salon de l’Érotisme n’est pas un lieu dédié à l’épanouissement sexuel. C’est un temple de la consommation des femmes par les hommes. L’espace « Chippendales » dédié aux femmes ne doit pas cacher que ce salon est la vitrine d’une sexualité patriarcale basée sur les rapport de domination. D’ailleurs le fait même que l’espace « lesbien » ne se trouve PAS dans l’ « espace Femme » en dit long sur la vision de la sexualité hétéronormée des organisateurs de ce salon. De plus, les témoignages s’accumulent sur les conditions de travail des jeunes femmes - et de certains hommes, dans le milieu du porno et de l’érotisme, et notamment chez certains partenaires de ce salon : contrainte, violence, abus…

   Dans un entretien récent à Médiapart, la chercheuse américaine Kristen Ghodsee estimait qu' "appliqué correctement, le socialisme permet l’indépendance économique, de meilleures conditions de travail, un meilleur équilibre entre le travail et la famille. Et oui, du meilleur sexe." Le socialisme à la brestoise, lui, semble préférer le sexe tendance « Jacquie & Michel », basé sur l'humiliation, la brutalité, et un traitement inhumain de ses employé.e.s , sans parler de l’image des femmes que renvoie ce Salon, son programme et ses affiches, aux petites filles et jeunes Brestoises.

   A l’heure des révélations d’Adèle Haenel, de l’affaire Polanski, de #MeToo, il est tout à fait choquant de lire certaines propositions faites sur le site de l’évènement : « Pour rajouter du piment à la scène, nous avons confronté dans ce tournage des star du X confirmées à des teenagers (jeunes débutantes) pour des scènes tout aussi hot les unes que les autres».

 

   L’ironie du sort fait que ce Salon doit se tenir le 23 novembre, le jour même de nombreux rassemblements dénonçant les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes. On se demande à quel évènement vont se rendre les élu.e.s de la majorité PS , PC, EELV, qui votent d’une main les rapports d’activité de Brest’aim incluant le Salon de l’Érotisme, et de l’autre signent les appels à manifester contre les violences sexistes et sexuelles.

 

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