Remettre en question ses habitudes

En prenant en compte le fait que notre mode de vie et notre comportement ont une incidence considérable sur notre environnement, demandons-nous comment, à notre échelle, avoir l’impact le plus réduit possible sur l’environnement ?

Remettre en question ses habitudes !

Le dérèglement climatique, conséquence majeure des trop nombreuses émissions de gaz à effet de serre (vapeur d’eau, dioxyde de carbone, méthane) lié aux activités humaines a atteint un niveau tel qu’il met en danger la survie de notre espèce. La limite impérative d’élévation des températures à un maximum de 1,5° C par rapport à l’époque préindustrielle est déjà quasiment atteinte. Le seuil symbolique de 400 parties par million (ppm) de CO2, jamais franchi depuis 23 millions d’années, a été dépassé, selon l’Organisation Météorologique Mondiale. Ce phénomène s’accompagne de la monté des eaux : l’eau devrait encore monter 50 centimètres d’ici à 2050 et de 1,40 mètres d’ici à 2100. Conséquence : plus de 200 millions de réfugiés climatiques à déplacer. Soit trois fois la population de la France.

Début avril 2017, la Colombie a connu une des pires catastrophes de son histoire : une coulée de boue a envahi la ville de Mocoa dans la région amazonienne faisant au moins 254 morts parmi la population. La ville a été dévastée, les véhicules ont été emportés, et les maisons recouvertes par la boue. Les habitants rescapés se trouvent sans domicile, sans eau, ni électricité. Mais ne s’agit-il que d’une catastrophe naturelle, que l’on ne pouvait ni prévoir ni éviter ? Le président colombien a attribué cette catastrophe à des raisons climatiques et plus précisément au phénomène El Niño, responsable de précipitations importantes créant une coulée de boue qui a tout dévasté sur son passage. Mais au delà de la question de ce qui a provoqué les pluies, il est intéressant de se demander ce qui aurait pu être fait pour éviter le drame humain et si certaines politiques n’ont pas contribué à l’accroître : le département dans lequel se trouve la ville de Mocoa est depuis longtemps soumis à une déforestation intense et souvent illégale. Or, les arbres et les plantes contribuent à la perméabilité des sols. Moins d’arbres, ce sont des sols qui absorbent moins l’humidité et qui perdent leur capacité de régulation face aux inondations. On peut donc légitimement se demander si la déforestation n’a pas joué un rôle plus important que l’on pourrait penser au premier abord dans la catastrophe. On peut voir en Mocoa l’illustration extrême de ce qui arrive quand un gouvernement laisse faire une politique de déforestation intense. 

Une réalité particulièrement cruelle en Colombie mais qui n’est pas sans faire écho à d’autres drames humains que nous connaissons aujourd’hui : par exemple, d’après une étude de Santé Publique France publiée en juin 2016, 48 000 personnes décèdent chaque année en France de la pollution particulaire, provoquée par les moteurs diesel. À l’échelle mondiale, elle cause selon l'Organisation Mondiale de la Santé, la mort prématurée de 7 millions de personnes contre 600 000 à l’échelle européenne.

En prenant en compte le fait que notre mode de vie et notre comportement ont une incidence considérable sur notre environnement, demandons-nous comment, à notre échelle, avoir l’impact le plus réduit possible sur l’environnement ? Changer ses habitudes est difficile mais en adopter d’autres progressivement et plus respectueuses envers l’environnement et notre santé est une solution à notre portée. Aujourd’hui, il est important d’en saisir les implications et d’agir dans notre propre vie avec des initiatives censées. Le futur de notre planète est incertain. Serons-nous capables de changer nos modes de vie à temps ?

LE LOCAVORISME

Définition : Le locavorisme est un mouvement qui prône la consommation de nourriture biologique produite dans un rayon restreint autour de son domicile. En d’autres termes, le locavorisme consiste à :


acheter des produits biologiques aux producteurs locaux

privilégier les produits frais et de saisons !

Pourquoi devenir locavore ?

Cette initiative permet d’éviter la pollution atmosphérique causée par les longs transports de nourriture et les altérations des produits qui en découlent. De plus, l’agriculture biologique, au coeur de ce mouvement, exclut le recours aux pesticides, coupables de la pollution atmosphérique, des eaux et du déclin massif des abeilles sauvages et domestiques. Il est important de rappeler que les abeilles « jouent, [selon Greenpeace], un rôle crucial pour la pollinisation de nos cultures, garantissant la production et de bons rendements, mais aussi des plantes sauvages, préservant les écosystèmes naturels »

LE VÉGÉTALISME

Définition : Il s’agit d’un principe diététique recommandant l'usage alimentaire des végétaux, à l'exclusion de la viande, du poisson et de tout produit d'origine animale.

Pourquoi devenir végétalien ?

Réduire sa consommation de viande est un grand pas, mais un régime végétalien réduit encore plus l’impact sur l’environnement.


Tout d’abord, renoncer aux produits d’origine animale revient à consommer moins d’eau, ressource naturelle et indispensable à la vie. La quantité d’eau disponible sur terre est limitée et cette denrée vitale est souvent et allègrement dépensée dans les élevages intensifs pour l’arrosage des céréales destinées à l’alimentation des animaux et pour leur propre abreuvement. Pour 1 kg de viande de boeuf, il faut 15500 litres d’eau et 15 kilos de céréales contre 1000 litres d’eau pour 1 kg de blé. Aujourd’hui, on nous incite à réduire notre consommation d’eau, or l’eau des ménages ne représente que 5% de la consommation d’un pays contre 55% pour l’élevage intensif.!

Le saviez-vous ? !
selon de documentaire Cowspiracy : !
Un hamburger équivaut, à une douche longue de deux mois soit 3 500 litres d’eau. !
500 grammes de boeuf à 9500 litres d’eau!
1 oeuf à 200 litres d’eau. !
100 g de fromage 500 litres d’eau.!

Alors que manger ? Le régime végétalien favorise les
protéines d’origine végétale : selon le Docteur Richard
Oppenlander, chercheur environnemental, « on peut
produire, en moyenne, 15 fois plus de protéines à
partir de sources d’origine végétale qu’à partir de
viande »


De plus, selon l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l’agriculture (FAO), « l'élevage est l'une des causes principales des problèmes d'environnement les plus pressants, à savoir le réchauffement de la planète, la dégradation des terres, la pollution de l'atmosphère et des eaux et la perte de biodiversité ». En effet, un rapport des Nations unis, rendu public en 2006, démontre que « les vaches produisent plus de gaz à effet de serre, lors de leur digestion, que tous les secteurs de transports réunis ».

Enfin, selon Greenpeace, au Brésil, 80% de la foret vierge a été détruite pour l’élevage du bétail. Le végétalisme est donc bien un moyen de lutter contre la déforestation.

Le saviez-vous, selon le documentaire Cowspiracy ?

Pour nourrir un végétalien pendant 1 ans, il suffit d’avoir seulement 688 m2 de terres alors que pour nourrir un végétarien pendant 1 ans, c'est à dire avec des oeufs et du lait en plus, il faut 3 fois plus de terres. Enfin, pour nourrir un citoyen américain mangeant de tout, viande, oeufs, lait, poisson, il faut 18 fois cette surface. La comparaison ne s’arrête pas à la surface utilisée : un régime végétalien produit 2 fois moins de Co2 qu’un régime omnivore et utilise 1/11 de la quantité de combustibles fossiles, 1/13e de la quantité d’eau et 1/18e de la surface de terrain.!

En conclusion le végétalisme permet de : 

  • Consommer moins d’eau
  • Lutter contre le réchauffement climatique 
  • Lutter contre la pollution atmosphérique 
  • Lutter contre la déforestation

RÉSISTER À L'AGRESSION PUBLICITAIRE

Selon William Reed, créateur du concept d’empreinte écologique, « entre la fin des années 1960 et 1970, nous avons atteint pour la première fois, l’état de surexploitation : c’est à dire que la demande totale des humains a dépassé la capacité durable de la terre à fournir nos besoins et à assimiler les déchets générés par notre consommation ». Aujourd’hui, Prévoir notre consommation en fonction de nos réels besoins et non en fonction des désirs artificiellement crées par la société est une solution à notre portée pour éviter le gaspillage. Selon un reportage de France 24, l’industrie du textile est la deuxième industrie la plus polluante du monde après l’industrie du pétrole : 25% de tous les produits chimiques dans le monde sont utilisés dans le textile et l’achat de vêtements composés en majorité de polyester, matière qui utilise beaucoup d’énergie fossile telle que le pétrole, a triplé. De plus, toujours selon la même source, 2 millions de jeans sont fabriqués tous les ans sachant qu’un jean seulement nécessite 7000 litres d’eau. La solution ? Consommer de manière raisonnable et éventuellement se tourner vers des produits de qualité durable.

 

QUELQUES ASTUCES ÉCO-ECOLO À APPLIQUER DÈS MAINTENANT. 

 

Le rassoul est une argile minérale naturelle utilisée par les femmes marocaines pour leurs soins capillaires et corporels. Excellent démêlant, le rassoul aide à éliminer les pellicules et régule la production de sébum des cheveux gras. Il n’attaque pas la gaine protectrice naturelle du cheveu et il n’a aucune action irritante des glandes sébacées. Le rassoul est également particulièrement recommandé pour les peaux sensibles et allergiques. 

La cup menstruelle est une alternative économique et écologique aux protections hygiéniques classiques. En août 2016, une étude commandée par le secrétariat d’Etat à la Consommation a testé six références de tampons prisées des consommatrices. Résultats : de la dioxine, l’un des dix produits chimiques les plus dangereux au monde, selon l’OMS, a été décelée. Au total, vingt ou trente composants chimiques différents ont été trouvés dans chaque produit, potentiellement toxiques. Contrairement au port de tampons, la cup menstruelle ne semble pas provoquer de syndrome toxique : 100% Sécurisée et hypoallergénique, elle est fabriquée en silicone médical, que l'on utilise régulièrement en milieu médical. Donc pas de soucis, pas d'allergie, pas d'assèchement, pas de mycose.

Les consommateurs et la décision de mieux consommer ne peuvent à elle seule changer le monde, mais c’est un moyen de changer la politique. Pour créer un changement systémique, il faut que les politiques soient là. Ces initiatives qui fleurissent, nous pouvons les multiplier et les diversifier pour qu’elles puissent atteindre les politiques. Nous sommes l’inspiration du changement, l’engagement citoyen est la clé de voûte d'un changement global !

Julie Trubert .

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