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Billet de blog 8 juillet 2011

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"L'environnement, ça commence à bien faire", SAISON 2 !

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le Grenelle est mort, vive le Grenelle ! Il fallait oser dire que l'agriculture intensive (dont les excès de rejets de nitrates et phosphates) n'a aucun lien avec la prolifération des algues vertes, allant ainsi à l'encontre de la très grande majorité des travaux scientifiques publiés sur ces questions, dont ceux du Conseil scientifique de l'environnement de Bretagne. Choquées, les associations environnementalistes ont même été traitées "d'intégristes" par notre algoprésident. La saison 2 de... "l'environnement c'est pas mon problème" !

Il fallait oser le déni. Et ouvrir ainsi la saison 2 de ses attaques "anti-environnementales", pour prôner haut et fort, en plein parc marin de la mer d'Iroise ce jeudi, que les agriculteurs intensifs n'ont pas leur part de responsabilité dans la prolifération des algues vertes. Et qualifier les associations qui dénoncent les dérives de ce modèle agricole obsolète depuis un demi-siècle d'"intégristes" de l'écologie, affirmant qu'ils n'étaient en rien "coupables" de quoi que ce soit. Et après tout, sont-ils coupables ?
Bien sûr que non... les coupables sont les industriels des phytosanitaires, l'agrochimie, les gouvernements en place depuis des décennies qui n'ont rien fait pour anticiper, plus doucement, la fin de ce modèle agricole, un modèle "d'antan", comme le qualifie André Pochon, qui a théorisé l'agriculture durable.

Battre la campagne en pleine mer

Mais là où notre algoprésident est extrêmement fort, c'est qu'une fois qu'il a opposé les agriculteurs (son électrorat traditionnel) et défenseurs de l'environnement, il se permet cette coquette contradiction malicieuse : "opposer agriculture et environnement, ça n'a pas de sens, les agriculteurs sont les premières victimes du non-respect des règles environnementales". Et d'ajouter un peu plus tard dans une nouvelle frasque déroutante : "sur cette affaire d'algues vertes, il serait absurde de désigner des coupables, de montrer du doigt les agriculteurs qui font d'énormes progrès en la matière". Sa solution pour régler les algues vertes : la méthanisation. "On va privilégier les appels à projets, notamment concernant les unités de méthanisation, ce qui permettra aux agriculteurs à la fois de protéger l’environnement, et de créer des sources de revenus". Exactement le contraire de ce qu'a dit le Conseil scientifique de l'environnement qui a retoqué le projet de Saint-Brieuc d'axer, justement, la réponse à ce problème sur la méthanisation.
Certes, qui peut nier que des progrès sont effectués ? Mais sont-ils suffisants et à la hauteur des enjeux ? Les agriculteurs sont-ils suffisamment accompagnés par l'Etat en ce sens ? Pas de problème pour notre chef des armées, soufflant triomphant, face à l'Ile longue : "Les agriculteurs ne sont pas coupables de choix économiques qui ont été faits il y a longtemps." Qui l'est alors ? Responsables mais pas coupables...

Plus d'infos

www.bretagne-durable.info/ecomag/s%C3%A9rie/algues-vertes-solutions-alternatives

Une visite très décevante

"Les propos du Président de la République sur les marées vertes tenus à l'occasion de son déplacement consacré au littoral à CROZON (Finistère) sont profondément décevants, a souligne Eau et Rivières de Bretagne.

En laissant croire, contrairement à l'avis du conseil scientifique, que la méthanisation du lisier, qui ne supprime pas l'azote, permettrait d'éradiquer les marées vertes, " le Président de la République abuse l'opinion et rend un bien mauvais service à la protection du littoral ", regrette le porte parole d'Eau & Rivières, Jean-François Piquot. " Ce n'est pas en industrialisant davantage l'élevage breton que l'on répondra aux enjeux environnementaux et sociaux qui se posent en Bretagne " !

L'absence de tout représentant associatif à la table ronde monopolisée par les défenseurs locaux de l'agriculture productiviste a permis au président Sarkosy d'éviter tout débat sur les impacts économiques, sanitaires et financiers des marées vertes, et sur la nécessité de changer d'agriculture pour éradiquer ce fléau.

Tous les bretons confrontés aux marées vertes, élus locaux engagés dans les programmes de reconquête de l'eau, professionnels de la mer et du tourisme, associations de protection de l'environnement, attendaient du Président de la République, une prise de position claire sur les projets ministériels d'assouplissement règlementaires relatifs aux épandages d'azote. Ils sont aujourd'hui très déçus : le Président de la République n'en a pas dit un seul mot !

Pour Jo Hervé, Président d'Eau & Rivières de Bretagne, " Le Président de la République laisse les bretons désemparés face aux incohérences de sa politique de l'eau ".

Il a osé le dire !

"Il y aura toujours les intégristes qui vont protester et on n'entend qu'eux. Plus c'est excessif, plus on leur donne la parole"... Devinette : quel intégriste se cache derrière cette citation ?

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