A bas l'état d'urgence !

Quel silence. Quand le reichtag brûle, les idiots dinent en ville. Qui ne dit mot, consent. N'y a-t-il donc pas une voix, une voix d'un peu de poids, pour protester, dénoncer cette folie que sont l'état d'urgence et sa prolongation ? N'y aurait-il donc que Noël Mamère et 5 autres députés pour voir et surtout dire, haut et fort, où nous mènent les postures et surtout les impostures politiques d'un gouvernement qui depuis 3 ans n'a pas d'autres occupations que d'appliquer les méthodes et le programme de la droite la plus réactionnaire, et maintenant de l'extrême droite. Qu'attendez-vous donc ?  Où sont donc passées les belles plûmes promptes à la leçon, ou sont ces tribuns qui ont fait du peuple leur grande affaire, mais le laissent aux mains des baudruches va-t-en-guerre ? Ou êtes-vous donc, fous qui choisissez de vous taire ? Pas un mot à l'heure où l'on assassine froidement ce qu'il reste de la démocratie et de l'état de droit ? N'avez-vous donc rien à dire à Hollande et son union nationale, rien à dire contre cette fuite en avant insensée qui fera bientôt la guerre à chacun et à tous, mais qui jamais - vous le savez, nous le savons tous - ne désarmera les assassins ? Rien à répondre à Valls, ce pitre, ce politicien de second rang, qui ne craint pas de s'assoir sur la constitutionnalité, c'est-à-dire la loi fondamentale ? Comment ose-t-on consentir à ce que l'on éjecte magistrats, avocats et procédures de la scène judiciaire, que l'on lâche la bride, sans surveillance ni contrepoids, aux flics, c'est à dire au monopole de la violence d'état, au moment où notre pays et l'ensemble du continent vivent une crise politique et sociale d'une ampleur inégalée depuis les années 30 ? Qu'attendez-vous donc, vous que l'on n'entend pas ? La première bavure ? Plus tard, quand il sera trop tard, vous direz qu'alors, il n'était pas temps de crier, que vous auriez été inaudibles. Mais c'est quand personne ne veut entendre qu'il faut parler, tonner, crier !!! Lâches que vous êtes, honte à vous ! Ce silence, ce silence d'un autre temps, salit la dignité des 130 victimes de cette ignoble boucherie. L'état de droit, c'est la dignité des victimes. L'état d'urgence, c'est l'état de mort cérébral auquel veulent précisément nous mener les salauds qui ont éteint cette ville à coup de kalachnikovs. A bas les assassins ! A bas Hollande, Valls et leurs commis aux basses oeuvres et manoeuvres ! A bas l'état d'urgence !

 

Petite note de complément : j'observe que l'on a, dans les colonnes de Médiapart oú l'on n'est d'ordinaire pas avare d´hypertrophies de plûme, attendu patiemment le vote de cette loi scélérate pour en dénoncer les conséquences. C'est là la différence entre les lanceurs d'alerte et les donneurs de leçons. Quant à Mélenchon, prostré jusqu'au crétinisme dans le deuil national, il s'empresse de dénoncer la réforme constitutionnelle pour mieux approuver l'état d'urgence et la virilité mal placée quand elle est slave. Lamentables.

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