Sur les déclarations d'Aude LANCELIN concernant Le Média : communiqué

Une réponse du Président de l'Entreprise de Presse Le Média aux attaques publiques virulentes d'Aude Lancelin contre son ancien employeur.

COMMUNIQUÉ

de Julien THÉRY, Président de l’Entreprise de Presse Le Média

au sujet des différentes déclarations et parutions

concernant Aude LANCELIN

Montreuil, le 18 juin 2019

- § -  Aude LANCELIN a démissionné de la présidence de l'Entreprise de Presse Le Média (EPDLM) par un communiqué publié sur Twittfer le 9 avril 2019 à 12h34 (https://twitter.com/alancelin/status/1115563638612484096) et transmis par elle à l’AFP, après avoir appris la veille qu'une partie des membres de l'Assemblée générale de l'Association souhaitait qu'elle ne cumule plus cette présidence avec la Direction de la rédaction du Média. Ce cumul impliquait non seulement des conflits d'intérêt (elle était ainsi à elle-même son propre employeur, et avait facilement pu, par exemple, imposer sa propre augmentation de salaire avec effet rétroactif) mais aussi une toute-puissance managériale. Pouvoir administratif et pouvoir éditorial lui revenaient intégralement. Or au fil des mois, sa gestion de l’équipe du Média s’était de plus en plus fermée aux discussions, pour devenir brutale. Les tensions et le mal-être général qui en résultaient avait provoqué de nombreux départs volontaires. Au point que l’équipe se trouvait décimée.

- § -  Refusant toute discussion avec les membres de l’Assemblée générale et excluant ainsi, malgré les nombreuses sollicitations de la part de l’équipe (voir ce communiqué : https://www.facebook.com/LeMediaOfficiel/photos/a.692725281094072/824716977894901/?type=3&theater ), de revenir sur sa décision de quitter le Média, Aude LANCELIN a envoyé le 10 avril à de nombreux membres de cette même équipe une lettre (https://twitter.com/tourgueni/status/1116051344950026245) dans laquelle elle se présentait comme victime d’un « quarteron de putschistes » et annonçait :

                          « Je quitterai bientôt entièrement le Média ».

- § - Aude LANCELIN n’a dès lors plus remis les pieds au Média ni exercé les fonctions afférentes à son poste de Direction de la rédaction – sans pour autant en démissionner ni se préoccuper du fonctionnement de la rédaction en son absence. Elle s’est mise en arrêt-maladie.

- § -  Son objectif a manifestement été depuis lors de provoquer la faillite du Média par des exigences financières exorbitantes et totalement injustifiées dans le cadre d’une rupture conventionnelle de son contrat de travail, rupture qu’elle-même sollicitait. Peu lui importait donc le sort des salariés du Média qui se retrouveraient ainsi au chômage. Et peu lui importait le désastre que représenterait pour la gauche critique et sociale, tout comme pour le pluralisme de l’information et de l’expression en général, la disparition de cet organe médiatique audio-visuel indépendant à forte audience. Récemment, l’annonce par Aude LANCELIN de son intention de lancer un nouveau Média à très brève échéance est venue éclairer, rétrospectivement, son comportement. La virulence de ses élucubrations victimaires dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux le 13 juin (https://twitter.com/alancelin/status/1139234996089249792), à la suite de sa con­vo­cation pour un entretien préalable à un éventuel licenciement, se comprend mieux dans cette nouvelle perspective : Aude LANCELIN avait entrepris de convaincre les soutiens (dits « socios » ou « abonnés ») du Média, dont ce dernier tire ses seules ressources financières, de s’en détacher pour venir soutenir sa nouvelle entreprise concurrente. Il s’avère qu’Aude LANCELIN évoquait en fait depuis très longtemps, dans ses récriminations contre des membres de l’équipe du Média, son désir de partir fonder un autre organe médiatique (où son autorité règnerait sans partage ni obstacle ?). Nous comprenons aujourd’hui qu’elle a saisi l’occasion de l’Assemblée générale du 9 avril pour passer à l’acte en se présentant comme une victime « démissionnée » par des putschistes.

- § -  Ami d’Aude LANCELIN et demeuré dans une large mesure à l’écart de la vie quotidienne de l’équipe du Média, j’ai d’abord cru à sa version des faits qui l’auraient conduite à démissionner de l’EPDLM le 9 avril – et j’ai vainement essayé de la convaincre de rester Directrice de la rédaction, en posant ses conditions. J’ai très vite pris conscience cependant, en écoutant tous les protagonistes et en tentant de dialoguer avec Aude LANCELIN elle-même, que la situation était très différente du tableau qu’elle en donnait (sans m’imaginer toutefois l’existence de ses plans personnels précis à très court terme !).

- § -  Aude LANCELIN ne remplissant plus sa fonction de Directrice de la rédaction (quoi que n’en ayant pas démissionné), le Président de l’Association Bertrand BERNIER et le rédacteur en chef par intérim Théophile KOUAOMO, après avoir tenté de la convaincre de rester, se sont tournés vers Denis ROBERT pour lui proposer de rejoindre l’équipe. Ce dernier a fini par accepter de remplacer Aude LANCELIN – et nous lui en sommes très reconnaissants – ce qui permettait d’éviter toute interruption de l’activité du Média.

- § -  L’Assemblée générale du Média a élu un nouveau Bureau, dont les 6 membres sont représentatifs de tous les salariés et collaborateurs du Média : Bertrand BERNIER (chargé de production), Jordan ESCODA (ingénieur du son), Serge FAUBERT (journaliste), Chloé GENCE (développeuse), Serge GARDE (animateur de « Faits d’hier ») et Bérénice SEVESTRE (monteuse). Ce Bureau m’a demandé, le 26 avril 2019, d’accepter la Présidence de l’EPDLM laissée vacante – ce choix tenant au fait que j’étais demeuré extérieur aux tensions qui avaient traversé l’équipe et avais entretenu de très bonnes relations aussi bien avec Aude LANCELIN qu’avec tous les collaborateurs du Média. J’ai accepté sans aucune hésitation de remplir cette fonction, parce que je suis convaincu qu’à un moment où la quasi-totalité de la presse, des radios et des télévisions sont sous le contrôle de l’État ou des oligarques, il est indispensable que Le Média continue de remplir sa fonction d’information indépendante et engagée, auprès d’une audience très large.

- § - Ces faits apportent un démenti éclatant non seulement aux justifications données par Aude LANCELIN à sa démission du 9 avril, mais aussi à ses plaintes et attaques publiques incessantes contre Le Média depuis 2 mois[1]. Les communiqués d’Aude LANCELIN alléguaient « une prise de contrôle extérieure » par une « coalition de militants politiques » et d’« anciens associés de Sophia CHIKIROU » – autrement dit par La France Insoumise. Ses communiqués alléguaient aussi une remise en cause interne de la ligne éditoriale qu’elle avait impulsée concernant les gilets jaunes, et attaquaient à cet égard de façon déloyale et grossièrement mensongère le rédacteur en chef Théophile Kouamouo. Or chacun a pu constater que le traitement éditorial du mouvement des gilets jaunes par Le Média n’a pas pas changé. Et ni le Bureau de l’Association, ni Denis ROBERT, ni moi-même n’avons aucune relation avec le mouvement La France Insoumise.

- § -  J’invite les « socios », et plus largement tous ceux qui suivent occasionnellement ou régulièrement nos émissions, à maintenir leur confiance à l’équipe du Média et à lui apporter tout leur soutien. Autour de Denis ROBERT, nous continuons de plus belle !

Julien THÉRY

Président de l’Entreprise de Presse Le Média

Animateur de « La grande H. », l’émission d’histoire du Média

Historien

 [1] Aude Lancelin, dans son dernier communiqué, dit m’avoir proposé dans un courrier du 22 mai d’en revenir aux conditions de rupture conventionnelle à elles proposées par Le Média en date du 7 mai. Dans ce courrier du 22 mai, Aude Lancelin m’indiquait en effet qu’elle avait « donné mandat à [s]on avocat depuis hier pour accepter la proposition de rupture que vous m'avez faite le 7 mai ». Stratégie perverse de sa part, ou difficultés de communication avec son avocat ? Le fait est que ce dernier ne nous a jamais transmis une telle proposition.

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