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Billet de blog 18 déc. 2014

Citoyens ou sujets ?

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Démocratie. Quel joli mot. Rassurant.

"Demos" pour le peuple, "cratos" pour le pouvoir. Demos-cratos ou Démocratie signifie le pouvoir du peuple.

On nous l'a tellement répété qu'on ne se pose plus la question, mais sommes nous réellement en démocratie ?

Depuis quand le peuple Français a le pouvoir ?

Tout ce qui va suivre est valable pour pratiquement tout les pays "sois-disant" démocratique du monde.

Avons-nous le pouvoir de prendre des décisions politiques dans notre pays ?

Nous avons tous un avis, certes on nous le demande pas, mais les Français ont un avis sur les sujets importants de notre société.

Dans cette prétendue démocratie, les "citoyens" français ont seulement le droit tout les 5 ans de désigner un maître politique, qui va tout décider à notre place. Et dans le cas (éventuel) où ils nous trahirait, ou bien s'ils se mettent à servir les intérêts d'une caste au lieu de servir l'intérêt général, nous, peuple, n'avons aucun moyen de résister.

Athènes, mère de la démocratie, ne s'appelle pas comme ça pour rien.

La cité grecque a connu pendant 200 ans, la vraie démocratie.

Avec comme fondement de base, l'égalité politique, le tirage au sort et les contrôles. Des règles qui nous manque cruellement aujourd'hui.

Plus de 2000 ans après, les français font leur révolution et se met en place par la suite, un gouvernement représentatif.

C'est comme ça que s'appelle notre régime actuel, un gouvernement (prétendument) représentatif.

Et depuis le début, donc depuis les révolutions du XVIIIème siècle, les pères fondateurs de ce changement politique majeur, ne voulait pas mettre en place une démocratie, mais un gouvernement représentatif.

Ils savaient bien ce qu'était la démocratie, tout le monde savait. Aristote, Montesquieu, Rousseau, Seyès, tous savaient que mettre en place un régime basé sur l'élection, n'était pas mettre en place une démocratie.

L'élection, c'est à dire choisir "les meilleurs", c'est la course au pouvoir par des gens qui le veulent. Ce n'est certainement pas une démocratie.

L'élection est aristocratique, donc oligarchique. Alors que le tirage au sort (indissociable de l'égalité politique de tous) est au coeur d'une véritable démocratie.

Le tirage au sort est par construction anti-oligarchique.

"Elire c'est abdiquer,[...], c'est renoncer à sa souveraineté."

Il faut quand même se rendre compte, que nous subissons des lois écrites et votées par d'autres.

Nos élus, fort de leurs belles promesses, ont réussi par le biais des médias à organiser l'oligarchie dans laquelle nous sommes.

Pour allez plus loin, nous sommes même en ploutocratie !

Ploutocratie signifie le pouvoir des riches (pour les riches). Nous sommes tous le riche de quelqu'un, j'en conviens. Par riches il faut entendre les multinationales c'est à dire les industrielles et les banques.

En ce sens riche signifie "capables de corrompre". Qui achètent la quasi totalité des médias, chaines de télévisions, radios et journaux.

Pourquoi une banque achète "Le monde", pourquoi une banque achète "Libération", pourquoi une banque achète le quart de la presse quotidienne régionale, pourquoi les marchands de béton et les marchands d'armes achètent des journaux, les télés, les médias ??

Ce n'est pas pour gagner de l'argent ils en perdent !

C'est pour faire élire leurs marionnettes, (et accessoirement nous faire accepter la guerre) et ensuite les élus sont redevables à ceux qui ont financé leur campagnes.

Les élus ne doivent rien aux électeurs.

C'est incroyables la similitude entre les passages à la télévision et les résultats aux élections.

Début du XVIII ème déjà, Tocquevill disait : "Je ne craint pas le suffrage universel, les gens voteront comme on leur dira."

Et ça marche.

Influencer l'opinion au point de la fabriquer ?

Telle la novlangue d'Orwell, nous nous sommes fait voler des mots essentiels.

Nous ne sommes pas en démocratie et nous aurions besoin de la démocratie. On appelle le problème du nom de la solution. Il faut faire la grève de ces mots menteurs.

En démocratie nous voterions nos lois, un homme égal une voix pour voter nos lois, pas pour élire nos maîtres. Nous aurions le référendum d'initiative populaire, nous n'accepterions pas que les repris de justice puisse encore avoir un mandat, nous mettrions des contrôles à tout les niveaux.

Nous n'avons même pas le référendum d'initiative populaire, nous avons un faux référendum parlementaire.

Et on se souvient tous du viol de 2008, 3 ans après que le peuple est dit NON à l'(anti)constitution Européenne.

Depuis que nous sommes enfant, et durant toute notre vie on nous répète l'indiscutable vérité de l'équation démocratie = élection / élection = démocratie.

Nous vivons sur un mythe.

Nous sommes capables de choisir de bons maîtres, et comme nous les avons choisis ils vont être bons. C'est faux ! 

Nous ne sommes pas des citoyens, nous sommes des électeurs. 

La bêtise de notre monde moderne c'est que part le chantage à la misère, la culture de l'individualisme, l'infantilisation, et l'enchainement des sujets volontairement clivants, nous jouons le jeu des élites qui de fait ne seraient plus nos maîtres si nous nous élevions comme un seul peuple pour revendiquer nos droits.

Quelle belle phrase que celle d'Anselme Bellegarrigue :"Vous avez cru jusqu'à ce jour qu'il  y avait des tyrans ? Eh bien ! Vous vous êtes trompés, il n'y a que des esclaves : là où nul n'obéit, personne ne commande." 

Nous pourrions décider de devenir constituants et d'écrire nous même les rêgles auxquelles nous consentons à nous soumettre. Le problème c'est qu'à partir du moment où on retombe dans le piège de l'élection, on retombe inévitablement dans l'oligarchie, et dans l'inégalité politique.                               

Malheureusement, tant de divertissements empêchent de songer à ces choses-là. Réflechir à la (vraie) politique ennuie la plupart des gens, et pourtant tout le monde se plaint, quel paradoxe.

Quand on sait qu'en moyenne nous passons près de 4h devant la télévision...

Pendant 200 ans à Athènes, le tirage au sort a toujours donné le pouvoir aux pauvres. Alors que depuis 200 ans de gouvernement "représentatif", les riches ont toujours dirigé.

Combien de temps encore les 99% vont-ils défendre l'élection comme le meilleur et même l'unique moyen d'organiser la vie politique ? 

Yves Sintomer écrit : "Le tirage au sort peut être conçu comme une procédure favorisant l'autogouvernement de tous par tous, chacun étant à tour de rôle gouvernant et gouverné, ce qui évite de remettre le gouvernement aux "meilleurs" individus, à une élite sociale ou à des professionnels de la politique. Cela implique alors de coupler la sélection aléatoire avec des procédures facilitant la rotation rapide des charges. Ainsi, chacun a la même chances d'accéder à des fonctions délibératives et à des charges décisionnelles, sans avoir besoin d'être inséré dans un réseau clientéliste ou partidaire, et aucun n'est de ce point de vue distingué des autres"                             

La cause des causes de nos injustices, des non-décisions politiques pour le bien commun, les abus de pouvoir, les conflits d'intérêt, de l'absence de référendums et d'une manière générale de notre impuissance politique, tient en une phrase simple qui résume tout.                                                                                               

"Ce n'est pas aux hommes de pouvoir, d'écrire les rêgles du pouvoir." 

 Ju._.

Un gentil Virus

P.S : Beaucoup de ces phrases appartiennent à Etienne Chouard. Merci à lui.

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