Emmanuel Shadary fait les yeux doux à l'Union Européenne !

Un raz de marée a dominé la cérémonie officielle de publication de l’équipe de campagne d' Emmanuel Ramazani Shadary, le dauphin de Joseph Kabila, pour le scrutin présidentiel du 23 décembre prochain. Néanmoins, si le candidat ERS2018 peut s'assurer de sa base nationale, il lorgne sur un objectif: l'Union Européenne !

Emmanuel Ramazani Shadary, candidat du FCC © PPRD Emmanuel Ramazani Shadary, candidat du FCC © PPRD
A Bruxelles sur la Rue de la Loi 175, le Conseil de l'UE se prépare pour sa session quadrimestrielle des Affaires étrangères projetées du 10 au 17 décembre.

Les 27 membres du Conseil vont passer en revue des résolutions sur le tiroir de Mme Federica Mogherini, Haut Commissaire de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité. A Kinshasa, des personnalités sur la liste des sanctions de l' UE parmi lesquelles figure Emmanuel Ramazani Shadary sont sur le qui vive. Selon un cadre du Front commun pour le Congo (FCC), la plate forme électorale proche présidentielle, "multiples contacts et discussions sont en cours. Et cette question des sanctions préoccupe le pouvoir et jette un ombrage sur l'avenir politique de son candidat...".

Le mois dernier, via un collectif d'avocats de Bruxelles,  le gouvernement Congolais avait introduit une demande au Conseil de l’Union européenne pour la levée des sanctions de l’UE, avait confirmé sur le média local, Lambert Mende, Ministre de la Communication et Porte-Parole du Gouvernement. Me Bontick, l'un des avocats a d'ailleurs confirmé l'existence de deux recours en annulation, dont le premier est d’ordre « politique » auprès du Conseil de l’UE à l’origine des sanctions. Et le second recours, purement judiciaire, a été introduit auprès de la Cour européenne de justice. La défense avance plusieurs arguments selon les cas : incohérence dans la motivation, confusion entre l’individu et sa fonction ou encore violation des droits de la défense. Ce cadre du FCC précise également que "les règles de l’UE n’ont pas été strictement respectées, et que les personnes sanctionnées sont  victimes de leur mission étatique... ». 

Renouvelées pour un an à la mi-décembre dernier, les sanctions européennes consistent notamment en une interdiction de visa et un gel des avoirs dans l’Union européenne (UE). 

Pour l'heure toute attention est braquée sur Donald Tusk, président du Conseil européen dont l'institution définit les orientations et les priorités politiques générales de l'Union européenne. A Bruxelles, le service presse du Conseil de l'UE n'a pas encore publié l'ordre du jour de la rencontre du 10 décembre. Mais, dans les couloirs du Parlement Européen, ces questions reviennent à chaque débat sur la RDCongo.    Il est évident que des "sanctions" constituent un instrument essentiel de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) de l'UE où des états membres font peser leurs intérêts. L’année dernière, la France et l' Espagne avaient exigé beaucoup plus d’évidences sur les éléments à charge présentées par le Conseil des affaires étrangères à l'encontre des personnalités sanctionnées notamment Emmanuel Shadary, qui fut à l’époque ministre de l'Intérieur et de la Sécurité. Dans les couloirs du Parlement Européen, des discrétions comme toujours se font sur la nature des agendas et le contexte politique des Etats. Avec ou sans cravate : comment Kinshasa mène-t-il le mieux cette bataille diplomatique ? D'aucuns avancent la lenteur des négociations diplomatiques de Kinshasa, et une attitude antagoniste à l’égard de l'UE. Pour l'heure, "the clock is ticking" et la décision du Conseil de l'UE interviendra soit une semaine avant les élections du 23 décembre dont Emmanuel Ramazani Shadary est représentant du camp présidentiel.

  • Donald Tusk, Président du Conseil Européen © Photo UE Donald Tusk, Président du Conseil Européen © Photo UE

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.