Justice Pour Redouane Ikil
Abonné·e de Mediapart

2 Billets

0 Édition

Billet de blog 16 sept. 2017

La Poste doit réintégrer Rédouane Ikil !

Justice Pour Redouane Ikil
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Redouane Ikil menait il y a encore 3 ans une paisible existence partagée entre sa vie de famille, son poste de directeur d'agence de la Poste et ses activités sportives de haut niveau. Jusqu'à ce qu'il soit arrêté sous l'accusation grotesque de complicité dans deux braquages au préjudice de deux agences bancaire de...La Poste. Il fera alors 38 mois de détention provisoire en dépit de tout élément à charge probant.  

Tout cela avant d'être totalement innocenté par les jurés de la cour d'assises de la Haute-Garonne. Tout indique qu'il a été victime d'une procédure judiciaire initiale partiale et idéologique aux relents racistes évidents. Le combat pour sa libération et notamment son procès a été difficile. Mais il l'a mené avec tout le calme et la pondération lui ayant valu d'être libre aujourd'hui sans céder aux multiples provocations d'une accusation dont le seul viatique était la haine. 

C'est pourquoi il y a quelques semaines lorsque l'esprit serein il sort enfin de prison et qu'il retrouve ses enfants, son épouse, ses proches, ses amis et militants qui pas un instant n'ont cessé de croire en lui et de le soutenir dans cette terrible épreuve, il n'a qu'une idée en tête, oublier bien vite ce cauchemar. Et pour cela il s'apprête à retrouver son activité professionnelle pour laquelle il n'a toujours reçu que des éloges. 

En effet, d'une part il s'agit pour lui de pourvoir rapidement aux besoins économiques de la petite famille privée de ressources durant cette longue absence, d'autre part dénué d'esprit de revanche et pensant trouver dans le travail matière à ressourcement, quoi de plus logique que de retrouver son agence bancaire ? D'autant que, pour un ex détenu, même incarcéré à tort, retrouver un emploi de cadre supérieur de surcroît relève d'un exploit inouï.  

C'est alors qu'après diverses péripéties la direction de la Poste lui annonce brutalement qu'il est purement et simplement licencié. Sans indemnités. Au mépris du droit le plus élémentaire. 

Pourtant la loi est formelle : un condamné ne peut pas être soumis à une autre peine que celle exprimée lors du procès. A fortiori s'il est innocent ! 

Non seulement la Poste bafoue la légalité et se substitue à la justice en réinventant la double peine de sinistre mémoire mais elle introduit une procédure brutale qui risque d'être un précédent dans le droit du travail. Un employé mis en examen même innocenté doit être considéré comme coupable pour ne pas ternir l'image d'une entreprise.   

Sans doute pense-t-elle ne rien avoir à craindre du tribunal des prud'hommes tant le recul annoncé des prérogatives de cette institution lui permet d'aborder avec confiance voire arrogance un éventuel procès ?  

Sans doute, portée par l'air du temps et par ceux qui voudraient nous faire croire que la seule place possible pour un Arabe ou un Noir est au bureau du chômage ou derrière les barreaux, refuse-t-elle pour son image d'accepter que Rédouane puisse être innocent ?   

Parce que se taire serait abdiquer de notre dignité d'homme et de femme libre et que nous refusons que Rédouane et sa famille déjà durement touchés par une justice à deux vitesses soient en plus privés de moyens de subsistance par un patronat sans scrupule,

Parce que se taire constituerait un encouragement au cynisme d'une direction comptant sur les préjugés pour faire passer une mesure terriblement injuste,

Parce que se taire serait un encouragement à des pratiques portant un nouveau coup de boutoir au droit du travail déjà malmené dont tout un chacun peut demain être la victime,

Pour tout cela nous dénonçons cette mesure de La Poste et exigeons la réintégration de Rédouane dans ses fonctions.

Premiers signataires

Olivier BESANCENOT (Postier)

Frederic LORDON (Économiste)

Ugo PALHETA (NPA)

Michèle SIBONY (UJFP)

Mireille FANON-MENDES-FRANCE (experte ONU, Fondation Frantz Fanon)

Ludivine BANTIGNY (Historienne)

Michelle GUERCI (Journaliste)

Gustave MASSIAH (Économiste)

Norman AJARI (Philosophe)

Gaël QUIRANTE (Secrétaire départemental SUD Poste 92)

Hourya BENTOUHAMI (Philosophe)

Cedric MOLINO (Enseignant, SUD Education)

Myriam MARTIN (Conseillère Régionale)

Jean-Christophe SELLIN (Conseiller Régional)

Omar SLAOUTI 

Catherine SAMARY 

Marcel LEROUX (Militant associatif)

Mathieu LOPES

Maxime LARDENOIS 

Soued MERNIZ

Azzedine BADIS 

Houria MOKADEM (Enseignante)

Sami BENJAFFEL (FUIQP)

Ferdaous CHERIF (FUIQP)

Stéphane BORRAS (Solidaires 31)

Bernard DEDEBAN (Secrétaire départemental FSU)

Organisations:

Comité Liberté et Justice pour Redouane Ikil 

SUD PTT 31

Collectif UAP 31

SUD PTT 64

SUD RAIL 31

FSU 31

CEDETIM 

PIR 31 

ATTAC 31

NPA 31

PG 31

Ensemble 31

L’auteur n’a pas autorisé les commentaires sur ce billet

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

Les articles les plus lus

À la Une de Mediapart

Journal
Du local au global, le mouvement climat assume de vouloir « faire école »
Finies les batailles en solitaire, le mouvement climat adossé aux luttes locales théorise désormais de voir les choses en grand. Un effort stratégique indispensable pour contrer l’appétit sans cesse renouvelé des aménageurs et industriels pour les « mégaprojets » et une certaine inertie politique.
par Mathilde Goanec
Journal — Diplomatie
Moyen-Orient : Macron réhabilite le « prince tueur »
Commanditaire de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, le prince héritier saoudien « MBS » était jugé infréquentable par les dirigeants occidentaux. En lui rendant visite, le président français brise sa quarantaine diplomatique, et vend au passage 80 Rafale à son homologue émirati et allié dans la guerre du Yémen, « MBZ ».
par René Backmann
Journal — Moyen-Orient
Nucléaire iranien : la solitude d’Israël
La volonté américaine de reprendre les pourparlers sur le nucléaire iranien s’oppose au refus israélien de toute perspective d’un accord avec l’Iran, contre lequel Israël menace de livrer une guerre, même si les États-Unis y sont hostiles. Mais Tel-Aviv dispose-t-il des moyens de sa politique ?
par Sylvain Cypel (Orient XXI)
Journal
Sous-effectif, précarité, règles obsolètes : le tracing est débordé par le coronavirus
L’assurance-maladie et les ARS, chargées du tracing des cas contacts, s’appuient sur un personnel précaire, rappelé en catastrophe à chaque rebond épidémique. Les cas contacts et une partie des cas positifs ne sont plus interrogés. Des clusters passent inaperçus.
par Caroline Coq-Chodorge

La sélection du Club

Billet de blog
Get Back !!!
Huit heures de documentaire sur les Beatles enregistrant « Let it Be », leur douzième et dernier album avant séparation, peuvent sembler excessives, même montées par Peter Jackson, mais il est absolument passionnant de voir le travail à l'œuvre, un « work in progress » exceptionnel où la personnalité de chacun des quatre musiciens apparaît au fil des jours...
par Jean-Jacques Birgé
Billet de blog
Ah, « Le passé » !
Dans « Le passé », Julien Gosselin circule pour la première fois dans l’œuvre d’un écrivain d’un autre temps, le russe Léonid Andréïev. Il s’y sent bien, les comédiens fidèles de sa compagnie aussi, le théâtre tire grand profit des 4h30 de ce voyage dans ses malles aérées d’aujourd’hui.Aaaaah!
par jean-pierre thibaudat
Billet de blog
Sénèque juste avant la fin du monde (ou presque)
Vincent Menjou-Cortès et le collectif Salut Martine s'emparent des tragédies de Sénèque qu'ils propulsent dans le futur, à la veille de la fin du monde pour conter par bribes un huis clos dans lequel quatre personnages reclus n’en finissent pas d’attendre la mort. « L'injustice des rêves », farce d'anticipation à l’issue inévitablement tragique, observe le monde s'entretuer.
par guillaume lasserre
Billet de blog
J'aurais dû m'appeler Aïcha VS Corinne, chronique de l'assimilation en milieu hostile
« J’aurai dû m’appeler Aïcha » est le titre de la conférence gesticulée de Nadège De Vaulx. Elle y porte un regard sur les questions d’identité, de racisme à travers son expérience de vie ! Je propose d'en présenter les grands traits, et à l’appui d’éléments de contexte de pointer les réalités et les travers du fameux « modèle républicain d’intégration ».
par mustapha boudjemai