Justin Kouamé Kouassi (avatar)

Justin Kouamé Kouassi

Économiste, Enseignant, Consultant gestion de projet

Abonné·e de Mediapart

1 Billets

0 Édition

Billet de blog 26 septembre 2019

Justin Kouamé Kouassi (avatar)

Justin Kouamé Kouassi

Économiste, Enseignant, Consultant gestion de projet

Abonné·e de Mediapart

Réflexions sur l'éducation/ formation en Afrique

Je crois avec force que la plupart des difficultés que vit l'Afrique sont liées à l'éducation ou à la formation ne répondant pas au besoin des populations et des économies. La question est de savoir quelles approches de l'éducation et de la formation développent les élites dirigeantes des différents pays depuis les indépendances?

Justin Kouamé Kouassi (avatar)

Justin Kouamé Kouassi

Économiste, Enseignant, Consultant gestion de projet

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

L’EDUCATION ET LA FORMATION, UN VRAI DÉBAT (réflexion sur la mission des élites dirigeantes)

Je voudrais partager une préoccupation, qui est l’expression d’une volonté de comprendre le rôle des systèmes éducatifs et de formation dans la marche sociale, culturelle, économique et politique des nations pauvres, en particulier des nations africaines. Il s’agit donc de mesurer l’impact réel et le lien des systèmes éducatifs et de formation sur l’évolution des indicateurs de progrès dans ces pays. Cette préoccupation est importante parce que les informations qui sont rendues disponibles doivent conduire à éclairer l’action dans la recherche de solutions aux obstacles à l’épanouissement des populations. Et puis, nous le savons tous, les nations les plus avancées en termes de développement humain disposent de systèmes d’éducation et de formation stables, efficaces et ont des économies performantes qui répondent aux besoins de leurs populations et de leurs économies.

Mais c’est quoi l’éducation dont je voudrais que nous parlions ? Je propose de conduire cette réflexion en nous référant à des définitions généralement admises dont celles recensées par Wikipédia. 

L’EDUCATION, DÉFINITIONS selon WIKIPEDIA :

« L’éducation est étymologiquement « guider hors de », c'est-à-dire développer, faire produire. Il signifie maintenant plus couramment l'apprentissage et le développement des facultés intellectuelles, morales et physiques, les moyens et les résultats de cette activité de développement. L'éducation humaine inclut des compétences et des éléments culturels caractéristiques du lieu géographique et de la période historique.

Chaque pays dans le monde dispose de son propre système éducatif, avec un rôle traditionnellement dévolu aux parents d'un enfant (ou à leur substitut) d'amener cet enfant aux mœurs de l'âge adulte, et une intervention souvent croissante des États.

L'éducation est considérée comme un élément important du développement des personnes, d'où le développement d'un droit à l'éducation. Un système éducatif performant est donc un avantage majeur. Inversement, être privé d'éducation sera considéré comme un lourd handicap. Selon l'Unesco, en 2008, vingt-huit millions d'enfants étaient privés d'éducation, en raison des conflits armés1 ».

  LA RÉFLEXION

Le décor ainsi planté, nous pouvons aborder la question, suffisamment avertis.

Je crois avec force que la plupart des difficultés que vit l'Afrique sont liées à l'éducation ou à la formation ne répondant pas ou répondant insuffisamment, aux besoins,

d’une part, des populations (besoin d’une éducation qui ouvre les yeux et qui indique la voie pour faire face aux manques de moyens pour se prendre en charge, culturellement, socialement, économiquement et sortir de l’ignorance des enjeux du monde actuel),

et d’autre part, des économies (les économies pauvres sont installées pour une grande partie dans l’informel sans objectifs clairs de production se référant aux instruments modernes de gestion et conduites par des acteurs peu aguerris au contraire d’entrepreneurs et d’entreprises qui investiraient tous les secteurs et capables d’occuper leurs places sur leurs propres espaces intérieurs). La question est donc de savoir quelles approches de l'éducation et de la formation qui ont été développées par les élites dirigeantes successives des différents pays africains depuis les indépendances? En effet, si les réflexions avaient conduit à des approches pertinentes sur les formations à offrir à nos jeunesses (prioritairement) dans les écoles et universités et à nos populations dans les villes et dans les campagnes, des solutions relatives à la façon de disposer les entreprises, les secteurs de production et les entrepreneurs, auraient permis aux pays africains de se prendre en charge, cultuellement, économiquement, militairement et politiquement, voire de façon indépendante et souveraine.     

 Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, et ce n’est pas évident qu’il le soit dans un avenir proche si des changements majeurs n’interviennent pas. Or si les populations ne sont pas en mesure de se prendre en charge, toutes les mesures les concernant ne peuvent avoir qu’un impact ponctuel, puisque les mêmes problèmes resurgiront quelques temps plus tard. Pourtant les gouvernements africains ont la grande possibilité de construire des systèmes éducatifs et de formation, au travers de systèmes scolaires et universitaires, capables de conduire les populations à se prendre en charge à moyen et long terme (dix à trente ans). Les revenus des population devront alors s’élever pour leur permettre, progressivement, d’assurer leurs dépenses de santé et d’assurance-maladie ainsi que les dépenses d’éducation de leurs enfants et leur assurer un avenir digne et honorable en toute connaissance des enjeux de notre monde actuel. Un gouvernement qui a pour objectif d’élaborer des plans pour prendre en charge l’état de pauvreté des populations (de communautés particulières), comme c’est le cas dans le concept des filets sociaux (en Côte d'Ivoire), est un gouvernement sans véritable repère et sans ambition et qui favorise l’indigence et la corruption. En effet, pourquoi en ce XXIème siècle, des gouvernements refuseraient-ils d’organiser les conditions de vrais discussions sur l’avenir de leurs pays ? En l’occurrence pourquoi créent-ils des obstacles à l’avènement de démocraties civilisées dans lesquelles les vrais questions peuvent être abordées? Que leur coûte-t-il de rechercher de véritables solutions aux problèmes de fonctionnement harmonisé des systèmes d’enseignement, bancaire, sanitaire, de l’économie et de l’emploi pour que, dans une coordination bien pensée, il y ait une école qui forme des hommes et des femmes conscients de leurs rôles dans la société, des créateurs d’entreprises (des créateurs de richesses et d’emplois) favorisés et accompagnés par des banques et des assurances qui fonctionnent. C’est-à-dire par des banques qui offrent des financements à des projets réellement assurés, et donc garantis, par des sociétés d’assurance responsables et utiles. C’est dans de telles conditions que, dans un délai relativement court, il peut y avoir une distribution de revenus raisonnable. Ce sera alors le début d’une solution définitive aux problèmes de pauvreté chronique, de l’indigence des populations et de la corruption endémique dans les pays africains. Parce que dans une économie qui fonctionne normalement, la distribution des fruits de la croissance ne peut se faire à la tête du client mais plutôt par rapport à des mécanismes de fonctionnement du système. Bien sûr, l’état devra intervenir, mais pour réguler en cas de besoin et accompagner le fonctionnement de ce système.

  • L’EXEMPLE

Il est bien possible à un gouvernement ou à un Etat, des études existent et l’attestent, et c’est une question de souveraineté nationale des états (garantie par les pouvoirs en place) dans ces pays, d’envisager ou de susciter la création d’universités privées[1] de grande envergure[2] (cinq (5) universités est un nombre acceptable et un minimum) de 300 milliards de FCFA[3] (457 347 052 EUR ou 509 623 389 US$) d’investissement pour chacune, soit 1 500 milliards de FCFA (2 286 735 260 EUR ou 2 548 116 942 US$) d’investissement pour 5 groupes  scolaires et universitaires incluant un lycée. Chaque université (son département « formation de managers et création d’entreprises ») permettrait la formation de 150 entrepreneurs et la création de 150 entreprises par an, soit 750 entrepreneurs et 750 entreprises par an pour les 5 universités. En dix ans, ces 5 entités universitaires peuvent doter le pays de 7 500 entrepreneurs et 7 500 entreprises d’envergure industrielle, capables de susciter, dans leur évolution, de véritables grandes alliances de production.

 Ces chiffres, pour 10  entités universitaires, seraient de 3 000 milliards de FCFA (4 573 470 520 EUR ou 5 096 233 885 US$) d’investissement au total ; le budget de création de ces groupes peut s’étaler ou se mettre en place sur une certaine période (5 ans par exemple). A la fin de la mise en œuvre de ces établissements, les départements « formation de managers et création d’entreprises » formeraient en tout 1 500 entrepreneurs et créeraient 1 500 entreprises par an ; soit, en dix ans, 15 000 entrepreneurs/managers et 15 000 entreprises.   

 Ces universités, bâties sur de grands espaces, rassemblant les disciplines clés traitant de la vie de la nation, et disposant de grands centres incubateurs de start-up, multi-activités, auraient pour missions, entres autres, de doter la jeunesse d’un savoir-faire et d’un savoir-être et de permettre la création de solides entreprises (à l’initiative des jeunes entrepreneurs issus des centres incubateurs) dans les secteurs clés de l’économie nationale (agriculture-production, transformation, commercialisation- transport moderne dans tous les domaines, industrie dans tous les domaines, distribution moderne dans tous les domaines avec les derniers développements technologiques). 

Les études évoquées ci-dessus, et disponibles, permettent de vérifier et de dire qu’en quinze ans le visage économique et social du pays se trouvera transformé.

La multiplication de jeunes entrepreneurs d’une nouvelle génération et de structures de production de richesse dans tous les domaines d’une part et d’autre part le repositionnement des nouvelles universités constituent les facteurs nouveaux et entraînants de progrès durables que le pays peut réaliser.

En outre toutes les facultés ou unités de formation et de recherche (UFR) qui sont toutes des structures d’excellence au sein de l’université produisent, chaque année, des hommes et des femmes capables de se prendre en charge (c’est la mission véritable qui est assignée à chaque université).

 Je rappelle que dans ce nouveau système universitaire, tous les frais de formation sont à la charge des étudiants. Les étudiants admis au département « formation de managers et création d’entreprises », obtiennent des crédits bancaires garantis d’une valeur estimée raisonnable de 26,5 millions de FCFA (40 399 EUR)[4] par an (volet études), pour leur formation sur deux ans, dans le cadre de plusieurs contrats soutenus par des fonds de garantie des emprunts et par des cabinets d’experts (management, financier, coaching de conduite d’entreprise…..) liés aux universités. Par ces contrats, les étudiants sortis des centres de création d’entreprises obtiennent des crédits de financement des projets (volet investissements), d’une valeur estimée raisonnable d’un montant compris entre 200 et 250 millions de FCFA (entre 304 898 et 381 123 EUR).

Les choses se passant ainsi, dans un nouvel environnement, laissent très peu de chance à la corruption de fonctionner. Car les banques, assurances, universités et fonds de garantie ainsi que les jeunes entrepreneurs n’ont aucun intérêt à cela.

 En outre, l’Etat qui est le plus grand gagnant du système a tout intérêt à veiller à son bon fonctionnement : désormais ce ne sont plus des entreprises informelles mais des entreprises modernes qui paient tous leurs taxes et impôts. Il appartient donc à l’Etat de renforcer ses administrations fiscales pour veiller efficacement sur la collecte de ses ressources fiscales.

Et alors, la question des dépenses pour le système de santé et le système éducatif devient facilement cernable d’un point de vue purement financier. Les gouvernements ont le temps de réfléchir à des questions d’importance majeure pour la nation : le cadre démocratique de la politique nationale (l’efficacité des structures animatrices ….), la sécurité nationale, l’indépendance et la souveraineté nationales, les questions migratoires, la coopération internationale…

  • CHIFFRES SUR L’EXPLOITATION DES GROUPES SCOLAIRES ET UNIVERSITAIRES

Des chiffres sur le fonctionnement d’une unité de ces nouvelles entités d’enseignement (un groupe scolaire et universitaire comprenant un lycée et une université) ayant une vocation d’excellence et internationale.

Chiffres sur les effectifs des élèves et étudiants et des personnels enseignants et des administrations: Les activités du groupe :

Au lancement du système, un lycée comptera 836 élèves pour 95 profs et un personnel administratif de 38 travailleurs (soit un total de 133 travailleurs). L’année suivante, ses effectifs monteront à 2 500 élèves pour 284 profs et 117 travailleurs de l’administration (soit un total de 401 travailleurs). A la 7ème année, ces chiffres seront de 5 250 élèves  pour respectivement 597 et 246 travailleurs (soit un total de 843 travailleurs).

Ainsi à la 7ème année d’activité, l’université comptera un effectif d’étudiants de 20 000 pour plus de 1 850 (2 272 maximum) enseignants et chercheurs et 936 travailleurs de l’administration, soit un personnel d’un effectif total de 2 786 travailleurs.

Au total l’université et le lycée auront, ensemble, un effectif de 25 250 élèves et étudiants pour plus de 3 629 travailleurs, soit 2 447 professeurs (1850 + 597) et 1 182 travailleurs des administrations[5] (936 + 246). Ces effectifs ne prennent pas en compte ceux des travailleurs du siège social de la société de gestion du groupe scolaire et universitaire.

 Le Groupe versera donc par mois, au tour de la 7ème année d’activité, au titre des salaires[6] des enseignants au moins 2 405 000 000 FCFA pour l’université, les écoles, centres de recherche et instituts et 507 450 000 FCFA pour le lycée, soit un total de salaires d’un montant de plus de 2 912 450 000 FCFA par mois et 34 949 400 000 FCFA par an.

Ces chiffres auront un impact considérable sur la vie des populations dans les localités de leur implantation. Puisque les activités connexes et annexes seront innombrables. Ce sont donc de grosses machines qui devront grandement contribuer à la transformation de l’environnement économique et social de ces cités pour en faire des métropoles scolaires et universitaires qui offrent des emplois et des vies agréables aux populations. Ces groupes devraient constituer des centres d’attraction nationaux et internationaux et pourvoyeurs de devises à l’images des grands centres universitaires américains et européens.

Chaque groupe pourrait réaliser un chiffre d’affaires qui sera largement au-dessus de 180 à 200 milliards de FCFA avec un bénéfice net de l’ordre de 28% du chiffre d’affaires, soit plus de 50 milliards de FCFA, annuellement.

  • DES FONDATIONS INDÉPENDANTES D'ACCOMPAGNEMENT EN MÉCÉNAT.

Chaque groupe pourrait être doté d’une fondation indépendante (installée sur le budget global d’investissement envisagé), jouant un rôle important de mécène, qui aurait pour missions, entre autres :

  • détecter, par voie de concours (prioritairement) ou d’autres voies à identifier, des enfants intelligents et méritants de la région ou du pays, de toutes conditions sociales et leur attribuer des bourses, afin de leur permettre d’effectuer des études de qualité (dans le lycée et l'université auxquels la fondation est rattachée). A moyen terme, c’est un concours de recrutement des élèves qui est organisé sur toute l’étendue du territoire régional, en vue de l’obtention d’une bourse de la fondation.
  • constituer une base de données utile à la recherche sur l’enseignement et l’éducation dans la région où le groupe est installé dans le pays.
  • Contribuer au financement de certains besoins sociaux des élèves et étudiants. Elle doit en outre, offrir une assistance sanitaire et médicale aux personnels du Groupe, sous certaines conditions.

Le budget de la fondation pourrait se situer autour de 10 milliards de FCFA. 

Si l’Etat encourage[7] la mise en place du budgets de création des groupes (qui sont nécessairement des prêts encouragés et cautionnés par l’Etat), il pourrait être envisagé des sources de financement des budgets des fondations liées au fonctionnement des groupes dans une proportion (par exemple de 25%) du bénéfice distribuable de la société (sources de revenus statutaires de chaque fondation).

Des équipes de travail sur la fondation devront continuer l’approfondissement de la réflexion sur les axes prioritaires de ses missions et élaborer les statuts en conséquence. Chaque fondation aura donc un grand budget comme indiqué ci-dessus, financé par des ressources déjà identifiées qui seront prises en compte dans une approche transparente de sa gestion par ses statuts. Il peut donc être envisagé un budget de près de 6 à 10 milliards de FCFA, soit un peu plus de 17 millions de US$ dès les 1ères années de son fonctionnement. La fondation sera en mesure d’offrir des bourses d’études dans une proportion de 5 à 8 % des effectifs des élèves et étudiants du Groupe (800 à 2 000 élèves et étudiants). La fondation sera dirigée par une personnalité du pays d’une excellente réputation et ayant une expérience et une vision noble de l’éducation. 

Merci pour cette question

Justin Kouamé Kouassi

Directeur-Gérant  IFORDT SARL,

Abidjan, Côte d’Ivoire

Économiste, Chef de Projet

E-mail : jkkouassib@gmail.com; Tél (et WhatApp): +225 05 34 74 34 / +225 57 85 55 68 / +225 87 36 40 45 (et WhatApp pro).  

[1] Les principaux associés des universités privées suscitées par l’Etat ne détiendraient pas plus de 30% des parts du capital social.

[2] Les acteurs éligibles aux fonds pour la création des groupes scolaires et universitaires suscités et encouragés par l’Etat sont tenus, dans le cadre de contrats contraignants, de rembourser la totalité des fonds obtenus. Des conventions et contrats divers autoriseront le retrait pur et simple de la propriété de ces établissements (qui seront réattribués à des repreneurs) en cas de non-respect des engagements. Même après le remboursement des crédits, les opérateurs indélicats seront rappelés à l’ordre et peuvent perdre également la propriété des établissements.

[3] L’université doit répondre aux normes réelles de formations. Elle est doit être équipée convenablement.  Elle doit être en mesure de payer correctement ses enseignants et ses chercheurs, dans des conditions sérieuses et honorables. L’université devra se situer à un niveau de capacité de fonctionnement à même d’offrir au marché du travail, toutes catégories confondues, des ressources humaines compétentes, à la hauteur des défis à relever et des enjeux nationaux et internationaux. Cette décision est bien de la souveraineté de la nation.     

[4] Les études dans les business school incluant les centres incubateurs coûteront relativement cher (27 à 30 millions de FCFA par an) pour la simple raison que la philosophie de la formation a changé. Et c’est le prix à payer. Il ne s’agit plus de faire semblant de former pour se débarrasser d’une mission cruciale qui est d’éduquer et former les enfants de la nation. Il s’agit de mettre en place des structures de formation qui répondent aux besoins de démarrage de l’activité de production des porteurs de projets et à leur besoin de progrès en tant que créateur et manager d’entreprise. Les écoles de formation vont développer des expertises qui doivent s’imposer dans l’action de l’accompagnement des jeunes mangers à la performance. Les leaders politiques en Afrique sont demeurés, pendant longtemps, loin des questions de la formation parce que préoccupés, avant tout, par le pouvoir et ses délices. Ils n’ont presque jamais discuté des moyens réels à mettre à la disposition de la formation de la jeunesse. Ils brandissent la pauvreté des états pour justifier l’inaction. Ce qui rencontre parfaitement la vision des nations colonisatrices et impérialistes prédatrices, à l’égard des pays africains. Ainsi les grands groupes universitaires de formation ne se bousculent pas dans le secteur de l’éducation en Afrique comme on le voit dans les secteurs du pétrole, des mines et du café/cacao. Pourquoi les dirigeants africains ne parlent-ils presque jamais des coûts des scolarités en Europe et en Amérique. Les jeunesses dans nos pays ne méritent-elles pas d’être formées au même niveau que leur homologue en occident ? Ou bien, est-ce que les économies n’ont pas besoin des compétences équivalentes pour être gérées en Afrique ? Sinon pourquoi un gouvernement responsable peut-il accepter de payer la somme ridicule de 300 000 FCFA-458 EUR ou 510 US$- par an pour la formation d’un étudiant dans ce que nous appelons pompeusement en Côte d’Ivoire « grande école » pour la formation en BTS ? Et sans exception, tous les gouvernements successifs qui ont dirigé la Côte d’Ivoire se sont donnés à cœur joie, dans cette pratique, dans cette fuite en avant. Les résultats sont connus : des grèves à répétition qui paralysent toujours la formation qui était déjà au rabais dans notre pays.

[5] Le personnel des administratif en question ici est le personnel directement lié aux activités d’enseignement et de recherche, en dehors des personnels des structures d’accompagnement et de commodité. 

[6]  Les salaires de début de carrière sont estimés à 1 300 000 FCFA (minimum) pour les enseignants du supérieur et à 850 000 FCFA (minimum) pour ceux du secondaire (du lycée).

[7] Encourager, c’est s’approprier le concept, s’impliquer par des lois et décrets sur les nouvelles entités et cautionner toutes les démarches en vue de l’obtention des crédits d’investissement exigés par la création des centres universitaires et scolaires de nouvelle génération. Les grandes nations l’ont fait dès très tôt pour leur émancipation : la France pour Polytechnique (initiative de privés français: des savants), ESSEC (Jésuite catholique), ….. , le gouvernement canada s’est engagé pour l’Université McGill (privé canadien)….. etc. Mais dans chaque cas l’Etat s’implique selon ses réalités. L’Etat étant la puissance publique qui peut peser de tout son poids pour permettre aux structures d’intérêt général de s’installer, bien qu’initiées par des privés.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.