Quand du doigt on lui montre la lune l'imbécile regarde la lune au lieu de regarder le doigt, au lieu de se demander pourquoi cette personne lui montre la lune et toutes les lunes mortes, comme la françafrique par exemple, plutôt que les soleils brûlants de la réalité.
Pourquoi en Janvier 2013 un certain nombre d 'intellectuels et de politiques se refusent ils à voir une réalité qui est pourtant évidente au profit d'un schéma ancien qui ne fonctionne plus ? Pourquoi vouloir à tout prix que la France au Mali défende « ses intérêts » quand intérêts il n'y a pas ?
Il y a 5000 français au Mali dont plus de la moitié sont des maliens ou maliennes ayant la double nationalité, l'autre moitié étant des retraités et ou des petits entrepreneurs hotelliers restaurateurs voyagistes. Quant aux sociétés françaises Bolloré ne dispose que d 'un bureau logistique, Vicat que de camions pour importer le ciment de ses exploitations sénégalaises, Orange est associé au sénégalais Sonatel, Mérieux possède un laboratoire dirigé par des maliens au service de la santé. Seul Bouyghes sur place à travers la Somalex filiale de Bouyghes DTTerrassement travaille pour le compte des sud-africains de l'Anglogold à la mine d 'or de Morila où elle doit faire face, sur les commandements de l'Etat actionnaire à 20% et des sud-africains, à une grève dure -depuis 2006- concernant les conditions de vie et de travail des mineurs. Morila représente beaucoup moins de 1% du C.A de Bouyghes plus grosse entreprise française au Mali où travaillent à coté des sud-africains de l'Anglogold, les anglais ( Bauxite), les indiens ( Ciment) et les canadiens ( uranium de Faléa) qui ont beaucoup plus d'intérêt au Mali que les français.
Cela a déjà été dit mais mérite d'être redit : La France n'a aucun intérêt direct à s'engager au Mali et les chantres de la françafrique toujours prêts à dénoncer la perfidie française- et uniquement française- se trompent là encore de cible.
Car depuis la fin de la guerre froide où derrière le drapeau du libéralisme l'Occident était rassemblé pour combattre les éventuelles avancées « communistes « ( au Congo- Brazza, au Bénin, en Guinée, en Tanzanie etc..) les amis d 'hier ne sont plus des amis et au contraire sont devenus des ennemis dans le cadre général de la géopolitique et du contrôle et des territoires et des richesses minières qu'ils possèdent.
Parmi les groupes en présence et en lutte , les USA et leurs alliés Israël et l'Angleterre, la France et la Chine. Il ne se fait aucun cadeau. La France et dans une moindre mesure l'Angleterre, ont adopté une politique définie à la Baule par Mitterrand en 1990 demandant aux États avec lesquels on traite un minimum de respect des Droits de l'Homme et de la bonne gouvernance. Ce qui n'est pas le cas de la Chine qui vient de faire dans les années 90 son entrée sur le marché africain sur le slogan « pas d'ingérence , ni demande » et sur une problématique « minerai contre infrastructure » alors que les USA de façon plus hypocrite clament haut et fort leur désir de lutte contre la corruption et soutiennent en sous-main les pires dictateurs criminels. L'exemple le plus frappant est le soutien réitéré et convulsif apporté par les USA et Israël à Kagamé et à Museveni Présidents du Rwanda et de l'Ouganda alors que ceux- ci sont responsables des massacres des hutus par centaines de milliers et du pillage systématique, reconnu,approuvé et encouragé des richesses du Congo Kinshasa.
Alors que d'étranges ONG au nom américain essaient d’entraîner la France dans la condamnation des Présidents de l’Équateur du Congo et du Congo-Brazza- l'affaire dite des biens smal acquis- on ne dit rien du pillage et des massacres de Kagame et de Museveni les premiers n'étant que des artisans et des amateurs ( au plus 50 millions d euros) au regard des vols et massacres perpétrés avec l'appui d’Israël et des USA par les autres ( des milliards d'euros) -cf le livre de P. Péan « carnages « Fayard.2010
Aussi est-il nécessaire pour autant qu'on ne veuille être ni naïf ni stupide de prendre en compte la nécessaire autorité que la France, en tant que pays, se doit d'avoir en Afrique de l'Ouest face aux politiques américaines et chinoises qui ne visent rien d 'autre que de l'évincer.
La remarque de Susan Rice ( « le plan français c est de la merde » ) bien connue pour faire partie des faucons neo-cons américains après Madeleine Alwright qu'elle remplace comme ambassadrice à l'ONU, s'inscrit dans le droit fil d'une politique qui vise partout où cela est possible à discréditer la France comme sous l'impulsion de la même elle le fut au Rwanda où sous l'injonction américaine les français furent et sont encore accusés d'avoir couvert le génocide Tutsi alors qu'en réalité c'est la politique américaine qui sous l'impulsion des lobbies juifs couvre le génocide hutu et le pillage de la République Démocratique du Congo.
Aussi les questions qui se posent aujourd'hui sont elles de comprendre quel jeu pervers jouent les USA -qui rappelons le essaient par tous les moyens de s 'implanter en Afrique- au Mali où ils ont invité Sanogo il y a deux ans aux States pour une formation, où ils disposent de leurs entrées dans l'armée comme formateurs étant entendu qu'ils sont également implantés au Burkina Faso où ils appuient le dictateur burkinabais Blaise Compaoré assassin de Sankara, et l'ont aidé dans l'aide qu'il a apporté à Outtara pour la conquête du Nord ivoirien.
La politique de la France a, depuis Mittérand et sous Chirac, été toujours une politique qui essayait de maintenir l'influence française sans soutenir pour autant l'insoutenable avec les aléas nécessaires qu'une telle politique supposent ( Bongo, Eyadema, Idriss, Bya …..) bref une politique néo-coloniale type qui garantissait un certain nombre de lignes infranchissables, lignes infranchissables que les appétits insatiables des politiciens africains faisaient d'autant plus facilement voler en éclat que la Chine était là qui leur garantissait pots de vin et investissements sans obligations politiques. Luanda et Libreville, Dar et Salam, Harare se félicitaient des amitiés chinoises qui n'exigeaient rien et donnaient beaucoup quand la France a travers l'affaire Elf démontait la machine à exploiter le peuple et enrichir et les dirigeants politiques et d 'entreprises.
Sarkozy rompit avec cette originalité – qui s'exprima également par le refus de cautionner à l'Onu l'intervention irakienne- en intégrant l'Otan et en suivant la politique américaine et en Côte d 'Ivoire et en Libye où beaucoup ont cru voir une résurgence de la françafrique alors qu'il s 'agissait au contraire de son avis d 'obsèques : la France n'existait plus comme puissance autonome et se mettait à la traîne et remorque des intérêts et des politiques américaines .
Ainsi, curieusement, Hollande renoue avec la tradition gaullienne non en faisant revivre la françafrique ( on comprend la françafrique dans son horreur à travers le livre « Kameroon » de Deltombe ) mais en réaffirmant que la France n'a pas à se plier aux injonctions et décisions et intérêts américains mais a mener sa propre politique . Celle-ci passe nécessairement par la volonté de montrer ses muscles et sa force et rapidité d'intervention : aucune armée n'est capable en quelques jours de mobiliser et d'intervenir sur le terrain en Afrique comme le fit l'armée française au grand dam des américains qui ne purent que constater que la France n'était pas comme ils l'avaient cru morte et enterrée.
De montrer sa force aux américains mais aussi aux africains en leur rappelant qu'en cas de danger la France peut être là. Mais en rappelant aussi qu'elle n'est pas là pour n’importe qui et n'importe quoi. Hollande avait refusé quelques jours auparavant d 'intervenir en RCA à la demande affolée de Bozizé.
Le succés populaire et militaire de l'opération française lui impose cependant des devoirs celui en priorité de suivre la feuille de route politique décidée par le Gouvernement du Président par intérimTraoré qui prévoit que des élections aient lieu avant fin Juillet.
Ce qui paraît bien court compte tenu qu'il n'y a aucun fichier électoral fiable.
Ce qui paraît bien court compte tenu de la corruption métastatique implantée installée au cœur du système politique malien.
Ce qui paraît bien court compte tenu du fait que le retour à la légalité et au droit exige que soit traduit en justice le Capitaine Sanogo responsable du coup d 'Etat mais surtout de nombreuses violations du droit, pillages et arrestations extrajudiciaires. Ce qui paraît bien court compte tenu des us et coutumes de la gent armée, militaires et policiers, pour lesquels porter une arme vous donne tous les droits.
Aussi est il nécessaire qu'une partie de la force française dont le rôle n'est pas de rester, reste pour le moins jusqu'aux élections assurant et s 'assurant que l'ordre constitutionnel est respecté. C'est le droit que lui donne la victoire de ses armes. Son devoir aussi.
"En finir avec la crise malienne implique en effet de rompre avec le passé qui a permis de l'engendrer: oeuvrer à la justice sociale, à l'égalité des droits, à la transparence politique et ficale, bref à la démocratie. Un tel projet ne pourra être mis en oeuvre que par un parti indépendant de l'oligarchie financière et politique qui a pris l'Etat en otage s'est exempté d'impôts et a été mêlé de prés à tous les trafics multiples et les détournements "
Je recopie ici en ne modifiant qu'à la marge un passage de l'article que publie "le Monde Diplo" sur la Grèce et que signe Alexis Tsipras dirigeant de Syriza.( page 11). Ce rapprochement ne peut être que signifiant . Il conclue son paragraphe par " le rapport annuel de Transparency International désigne la Grèce comme le pays le plus corrompu d'Europe"/ Nous pouvons quant à l'Afrique dire la même chose du Mali - et beaucoup de critiques touchent le Président par Interim, ex Président de la Chambre qui n'a pu à son poste ne pas voir ce qui se passait quant aux détournements d'argent public et quant aux rapports entre les mafias de la drogue et l'armée.