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Billet de blog 2 août 2014

Quelques nouvelles d 'Afrique

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Les médias, tous les médias, la Presse, y compris Médiapart, ont une fâcheuse tendance à ne traiter qu'à chaud les événements. Ainsi depuis l'éclatement du conflit centrafricain, dont la Presse avait peu parlé avant que Djotodia prenne le pouvoir, puis le quitte, depuis qu'au Mali, l'armée française cherche à se désengager et que Paris cherche à mettre sur pied une présence militaire permanente – là même où les USA ont échoué- nous avons peu de nouvelles, peu d 'informations : l'Afrique est devenue, à nouveau, un point aveugle, alors que la météo des plages et le conflit israëlo-palestinien occupent les Unes et les Deux et plus encore.

Et pourtant il se passe beaucoup de choses qui en disent long sur ce qui va se passer, sur demain, mais aussi sur la véritable évolution de l'Afrique, politiquement et économiquement.

Je commencerai par le début du procès de Karim Wade, fils de son père, le Président, et ancien ministre du ciel -aviation- de l’énergie et de je ne sais plus quoi, accusé, depuis l'arrivée de Macky Sall au pouvoir à Dakar, de détournements pour un montant de 178 millions de dollars.
A titre de comparaison le procès, célèbre, intenté en France à trois dirigeants africains, intitulé le « Procès des biens mal acquis » portent sur un montant d'une cinquantaine de millions sur quasi 40 ans d 'exercice. Il s 'agit donc ici d'une somme par trois fois supérieure acquise en quatre ans soit en dix fois moins de temps.

Mais le bellâtre ne paraît pas s'en soucier. «  C'est un procès politique «  clame-t-il haut et fort, « je suis banquier et n'ai rien à me reprocher »

Aux côtés de Karim Wade, figuraient cinq autres co-accusés. Parmi eux, Diaye l'ancien directeur des Aéroports du Sénégal, Pierre Agbogba, président du conseil d'administration de la société des aéroports, le franco-libanais Bourgui dit Bobo Bourgui, arrivé en chaise roulante.

Que le procès soit un procès politique qui en douterait ? Le Sénégal a, en effet, mis en place une juridiction spéciale, évidemment contestée par l'armée d'avocats que Karim et son père ont mobilisés pour la défense. Mais comment justifier de pareilles fortunes réalisées en si peu de temps sinon,, s'il n'y a pas de voleries justement, par une politiquee qui le permettait. Et comment justifier une pareille politique ?

Espérons que l'ensemble des justiciables et ils sont légion qui auront à passer sous les fourches de cette juridiction ad hoc appelée à faire revenir dans les caisses de l’État des sommes qui n'auraient jamais du en sortir, servira d 'exemple aux autres états et de repoussoir aux dirigeants toujours tentés d'oublier le pourquoi de leur nomination.

Autre bonne nouvelle, la nomination d'un nigérien, Abdoulaye ISSA à la tête de la filiale Somaïr d'Areva au Niger. Nous avions parlé des accords qui viennent de se conclure entre la Direction d'Areva et le gouvernement du Niger. Le pays avait exigé une «  nigérisation des cadres ». C'est chose faite . Le nouveau Directeur est  l'ancien directeur des «  Projets usine » au sein d 'Areva où depuis 2013 il occupait les fonctions de directeur de « performance et progrès » pour l'ensemble des activités minières d 'Areva .C'est donc un homme de la maison et un technicien reconnu de haute qualification.

Enfin , nous le suggérions récemment dans un billet, des échéances électorales capitales approchent et il importe pour nombre de petits tyrans d’apparaître sur la scène internationale sous leur meilleur jour. Aussi volent -ils de médiations en médiations sans mesurer leur peine.

Ils s’appellent Boni Yayi, Blaise Compaoré, Pierre Nkurunziza, Denis Sassou Nguesso, Joseph Kabila, Paul Kagame et Faure Gnassingbé. Présidents respectivement du Bénin, du Burkina Faso, du Burundi, du Congo-Brazzaville, de la RDC, du Rwanda et du Togo, ils ont en commun d’être en fin de second mandat. On leur prête l’intention , manifestée à plusieurs reprises, de rempiler. Mais ils ne peeuvent le faire sans amender leur Constitution, alors que la société civile est dans la rue pour les en empêcher.

Lorsque Senghor quitta volontairement la présidence du Sénégal après avoir exercé le pouvoir pendant près de vingt ans, il était qualifié de « déserteur  » par ses pairs, notamment par le Tunisien Bourguiba et l’Ivoirien Houphouët Boigny qui, eux, avaient opté, pour la « présidence à vie ». Aujourd'hui les 4 présidents en place dans le monde depuis plus de trente ans sont tous Africains ; 8 sur les 10 qui ont accédé au pouvoir il y a plus de vingt ans le sont aussi. 

Aussi beaucoup y voient-ils un mal africain

"La pérennisation et la monopolisation du pouvoir sont devenues les traits caractéristiques de la pratique politique africaine. Les statistiques sur des dirigeants accrocs au pouvoir font écho aux débats qui secouent, en ce moment même, plusieurs pays d’Afrique, où les présidents dont les mandats arrivent prochainement à échéance cherchent arguments et moyens pour modifier la Charte fondamentale qui leur interdit d’effectuer plus de deux mandats. ( RFI) Après Ben Ali (Tunisie), Eyadéma père (Togo), Paul Biya (Cameroun), Omar Bongo (Gabon), Mamadou Tandja (Niger), Idriss Déby (Tchad), Yoweri Museveni (Ouganda), Abdelaziz Bouteflika (Algérie) et Ismaïl Omar Guelleh (Djibouti) qui ont réussi à modifier leurs Constitutions pour se perpétuer au pouvoir, d’autres chefs d’État africains en fin de mandat présidentiel autorisé par leur législation nationale, sont gagnés par la tentation de prolonger leur mandature.

Au cours des trois années qui viennent, la question va se poser notamment pour Lucas Pohamba de Namibie (fin de mandat en novembre 2014), Pierre Nkurunziza de Burundi (juin 2015), Jakatya Kikwete de Tanzanie (octobre 2015), Blaise Compaoré du Burkina Faso (novembre 2015), Thomas Boni Yayi du Bénin (mars 2016), Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville (juillet 2016), Joseph Kabila de la RDC Congo (décembre 2016), Paul Kagame du Rwanda (juillet 2017), Ellen Johnson Sirleaf du Liberia (novembre 2017) et Ernest Koroma de Sierra Leone (2017).

Les états majors de certains de ces dirigeants ont déjà commencé à préparer l’opinion dans leurs pays respectifs à coups d’arguments déjà entendus avant («on a besoin de stabilité politique pour se développer», « pourquoi se priver de l’expérience et de la capacité de leadership d’un homme (ou d’une femme) qui a démontré son aptitude à gouverner », ou encore : « la population elle-même le demande »). Ils se proposent donc de changer la Constitution, rappelant que c’est un droit démocratique. Des arguments dont l’entourage du Camerounais Paul Biya s’est servi avec un certain succès pour faire supprimer en 2008 cette limitation du nombre de mandats dans la Loi fondamentale du Cameroun. Rappelons que le président camerounais est un des plus vieux chefs d’État au pouvoir en Afrique. Il  a succédé à l’ancien Président Ahidjo en 1982 et, depuis, a souvent remporté les scrutins électoraux avec des scores quasi-soviétiques.

Par ailleurs 

Aujourd’hui, la France intervient ponctuellement à la demande des Etats. Elle dispose d’effectifs militaires permanents en Afrique: 350 hommes à Dakar, 900 à Libreville, 1.950 à Djibouti, 950 au Tchad, 450 en Côte d’Ivoire, 745 à Abu Dhabi, 320 dans le golfe de Guinée (plus 1.900 à Mayotte et à La Réunion).
 
Economies obligent, des coups de rabot et des redéploiements de troupes sont envisagés. Par exemple, la base de Libreville au Gabon, bien intégrée dans le tissu local, devrait voir ses personnels militaires passer de 900 à 350.
 
Une réduction d’effectifs est également envisagée à Djibouti (de 1.950 à 1000 hommes). L’analyse des besoins et des ressources du texte prévient toutefois qu’il faut «un minimum de 1.300 hommes pour rester crédible» dans cet endroit stratégique.

Cependant en dehors du redéploiement d 'effectif il serait sous la Direction du Ministre Le Drian envisagé la mise en place d'une base renforcée permanente, au Tchad, avec les moyens d'intervention rapide sur tout l'Ouest et le Centre de l'Afrique

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