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Lien 4 déc. 2011

Lettre à Edwy Plenel.

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Le moment est aux congratulations, aux félicitations.

Médiapart fête un anniversaire et surtout une réussite. Son Directeur et Patron, Edwy Plenel, dans un papier lumineux le dit bien, le journal est devenu indépendant ; il s 'auto-finance et cette indépendance a déjà des fruits particulièrement savoureux qui ont nom Karachi, Bettencourt, Pastore, Guérini, Takiendine etc....

Mais dans ce bilan, somme toute glorieux, il me semble que l'on oublie peut-être un peu trop de parler de ce qui fut aussi à l'origine du succès populaire de Médiapart à savoir le rapport à ses lecteurs et l'apparition d'un lecteur-participant différent du lecteur-consommateur d'informations tel qu'il était défini, nécessairement, dans la presse quotidienne papier ( malgré « le coin des lecteurs » qui, au fil des ans, tant dans la presse quotidienne ( « libération ») que dans la presse hebdomadaire (« Le Nouvel Obs ») semble se développer).
Un lecteur- participant, un lecteur-rédacteur telle me paraît être, de mon point de vue, la grande originalité et importance de Médiapart.

On y a vu se développer des réseaux d 'affinité, des débats, se créer des amitiés, des clubs, qui entendent soit opposer une analyse en contradiction à celle du journaliste( cas de la Côte d 'Ivoire) soit développer des sensibilités absentes de la rédaction officielle ( cas des Mots-dits ….), bref offrir un « contre-journal » à l'intérieur même du journal et ainsi contribuer fortement à son intérêt.

On n'est pas lecteur de Médiapart on est participant d 'une aventure.
Encore faudrait-il que ce statut nouveau, cette participation volontaire et bénévole, trouvât son statut, que les formes et les devoirs ainsi que les droits de ces participants soient clairement, plus clairement, définis.

Par ailleurs et c'est aussi important. L'indépendance du journal une fois acquise, conquise, qu'en faire ? La direction prise par Edwy est claire. du journaliste d'investigation que seule l'indépendance permet.

Je n'en suis pas si certain.

Certes le dévoilement de ce qui nous est caché, les valises, les palais, les ors sénatoriaux de la République, les détournements, les triches, les « affaires » de Karachi, de Woerth et autres sont salutaires. Il importe que le citoyen soit informé et que les tricheurs soient punis.

Mais cela débouche sur un journalisme de l'indignation...avec lequel je ne suis, in, fine , pas d'accord y préférant un journalisme de l'éclaircissement et de la compréhension.
Je veux comprendre le monde et je veux que le journalisme m'aide à le comprendre.

Je ne crois pas que le fait que les palais et les bordels colombiens ouverts par ces messiers biens de Neuilly, ces énarques promus Directeur de Cabinet de ministre, m'aident, bien que cela me dégoûtât, à comprendre la marche du monde.

Je crains que ce dévoilement de la réalité politique auquel le journalisme d 'investigation se livre n'obscurcisse en réalité le débat s'asseyant de plein cul sur la morale plus que sur la politique en soulignant par ailleurs qu'il opère sur le même terrain que celui de la Police et de la Justice avec des moyens matériels et légaux infiniment moins performants même s'il dispose d'une arme, l'indépendance, qui fait souvent défaut aux officiels.

Le but du journalisme serait il alors de se substituer à la Justice ? De rétablir le Droit, bafoué certes et de plus en plus par « l'équipe du Fouquet's »

Personnellement je ne le pense pas .

Car cela revient à faire le lit d 'un moralisme dont on n'a trop que faire et qui ne provoque que des cris de puceaux chatouillés : « cachez ce sein que je ne saurais voir », d'indignés adolescents,et favoriser l'indignation comme mamelle et dénominateur commun du combat politique.

Serait-il abject que de dire que je préfère un corrompu adroit et servant les intérêts du Travail et de ses concitoyens à un curé blanc comme neige et innocent comme poussin qui favoriserait les intérêts du Capital et plongerait le pays, par honnêteté morale, dans la turpitude ?

J'avais déjà, dans un billet d 'analyse et d 'humeur, essayé de démontrer que les élections en Afrique, devenues l'alpha et l'oméga de la caricature démocratique – au point de susciter des guerres appuyées par l'ONU- sont impossibles, à moins d'y investir des sommes que personne ne possèdent ou ne veux ou peux dépenser, d 'une part, mais que d 'autre part elles ne risquent que de faire triompher un candidat dont rien ne dit qu'il saura plus qu'un autre sortir le pays des crocs et griffes du sous-développement, qui est, reconnaissons le pour nous, la seule chose qui importe.

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