kakadoundiaye (avatar)

kakadoundiaye

Abonné·e de Mediapart

325 Billets

7 Éditions

Billet de blog 6 mars 2010

kakadoundiaye (avatar)

kakadoundiaye

Abonné·e de Mediapart

BHL-Suite deuxième.

kakadoundiaye (avatar)

kakadoundiaye

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Ne faisons pas à BHL, encore une fois, un mauvais procès. Quelque soit ce que l’on peut ressentir de sa personne je pense nécessaire d’écouter ce qu’il dit. Il symbolise, en fait, ces icônes absolues temps modernes, compétitivité et vitesse.

Philosophe, essayiste, journaliste, romancier, cinéaste, il passe d’un genre à un autre avec brio, facilité, élégance là où beaucoup pendant des années ,labourent , longuement, le seul même sillon. Le pur sang d’un coté, le percheron de l’autre.

Bien sur, le pur sang est le plus rapide..pour autant que l’on soit, clairement, dans une course - Economique, intellectuelle, médiatique, scientifique, militaire etc….- c’est à dire dans une idéologie de l’ affrontement ,dont la concurrence et le marché sont les deux mamelles, une idéologie de l’affrontement, du mérite, de la hiérarchie, de la performance ( dans le sens également théâtral du terme), et partant de la démagogie, du faux semblant, du clinquant, de l’image, bref du manipulatoire (autre nom de la communication) ouvrant grand les portes à la démagogie, au mensonge, à la tromperie, aux manœuvres , aux succès égoïstes et surtout à l’oubli ,dans le maelström de l’innovation, de l’essentiel, de la route, de la direction , du sens. Se réclamant des Lumières cette idéologie est en le contre-pied.

BHL pioche, gourmand, dans le buffet libre des grands textes. Il pioche, sabre, s’emmédaille de citations sans se soucier de ce que cette pensée, la vision du monde qui la structure, peut apporter à la résolution des problèmes d’aujourd’hui. Ce voyage aux States est en fait tout métaphorique. Il n’y a pas de voyage. Il n’y a pas de States. Mais un management du voyage et un piochage dans la réalité américaine sans pudeur ni méthode. Faire vite, aller partout, n’importe comment, voleter d’un politicien à un essayiste, d’un écrivain à un cinéaste tout en étant plus occupé de soi-même que de la réalité du sujet. Il n’y a plus de réalité. Il y a un discours, la poursuite d’une problématique jamais posée, jamais énoncée, éclairée, dans un grand tour de passe-passe, qui tient, je le répète plus du cirque et du cabaret que de la réalité.

Car la question n’est pas des relations entre Démocratie et Religion mais bien de ce qu’il en est des potentialités présentes, actuelles, là maintenant et ici, aux States, pour poser et tenter de résoudre les seuls problèmes qui vaillent, ceux de l’écologie et de la justice sociale, ceux de la croissance, de la finitude du monde, ceux des déséquilibres croissants qui engendrent, aux States et surtout aux States, première puissance du monde, et partout des zones sans cesse plus importantes et armées de non-droit.

Car ce qui fait sens est de s’apercevoir que la mondialisation et la croissance créent ( avec tout ce que cela entraine de complexe ; baisse hystérique des prix, rationalisation-toyatisation des temps de travail, équité sociale par la consommation, mais surtout, dans la mondialisation, ce qui revviendra à être un minimum syndical mensuel international du revenu ouvrier qui pour beaucoup d’occidentaux – délocalisations aidant -va affecter le monde occidental, gravement)etc..)tous les jours, par dizaine de milliers, des urbains précaires prêts à tout pour survivre. Il y a ainsi chaque jour des Irak en gestation, c'est-à-dire des territoires où des fous peuvent exercer des dictatures sanglantes où des mafias peuvent faire régner leur loi, parce qu’ils peuvent s’appuyer sur des millions de concitoyens qui n’ont pas d’autres solutions. Intervenir ou ne pas intervenir en Irak, en Afghanistan, dans les aéroports, par les vidéo-surveillance, les drones, lés écoutes, les contrôles ….c est comme intervenir- ou pas -pour éponger le sang qui coule d’une artère tranchée. Et cette lèpre, cette prolifération dangereuse elle existe partout, au cœur de l’Amérique, en Europe..partout. Comment l’Amérique peut elle répondre, que répond –elle, à la croissance des zones de non-droits sur son propre territoire, à la prolifération des zones de non-droits à l’échelle du monde, en Amérique Latine où les seules villes de Mexico et de Sao Paulo représenteront bientôt à elles deux la population de la France entière dont plus de 10 millions d’exclus, en Afrique où l’on estime les marginalisés à plus de cent millions etc…

Quelle réponse les USA apportent-elles à l’iniquité de la répartition des richesses du monde avec ce que cela comporte d’une violence qui a vite fait de prendre des habits religieux et de s’armer d’obéissance ?

Quelle réponse les USA apportent-elles à la finitude du monde à l’angoissante question posée par le théorème de Pessiot qui dit que si la moitié du monde, la moitié, consommait la moitié, la moitié, de ce que consomme un américain moyen il n’y aurait plus de vie possible sur cette planète, plus d’eau, plus de bois plus d’énergies, plus rien…et dit aussi, à l’inverse, que si la moitié de la population du monde rejetait la moitié des déchets que rejettent un américain moyen ..cela rendrait notre planète invivable..

Bref que répond BHL -et surtout que répondent les States -à l’angoissante question de l’indispensable changement de braquet, à cette invention du monde , cette urgence de l’invention du monde devant laquelle nous nous trouvons, cette urgence, qu’on le veuille ou non.

A ces questions - le reste n’étant que spéculation oiseuse, bavardages de volière- il est bien évident que BHL ne répond rien. Evident qu’il nous entraine là où il n’y que peu d’intérêt à aller-discuter avec Hunington ou Fukuyama par exemple- là où se jouent un théâtre d’initiés et d’ombres, un jeu de rôles, un cirque à la mise en scène bien rôdée destinés à nous divertir, nous amuser, nous faire prendre vessie pour lanterne et BHL pour un philosophe alors qu’il participe à l’obscurité du monde et se refuse à voir et dire les enjeux et les obligations de notre monde dans toute sa concrétude ( déchets, finitude, misère sociale, …).

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.