Épilogue, temporaire sans doute, à la crise centrafricaine, la réunion qui vient de s'achever à Djamena en présence du Président de la République Sud-africaine, conforte et avalise le coup d’État de Michel Djotodia et marque un revers diplomatique important pour le Président Zuma dont toutes les propositions ont été rejetées et qui doit, dans son pays, rendre compte du soutien apporté au Président déchu et en exil, Bozizé, soutien qui fit treize morts dans le bataillon envoyé par ses soins.
L'accord prévoit la nomination d'un Conseil de transition de 18 mois composé d'une centaine de membres issus de l'opposition, de la Sekela, mais aussi de minorités ethniques comme les pygmée, ou professionnelles comme les écrivains. Ce Conseil comprendra également des syndicalistes, des religieux, des organisations de défense des droits de l’homme, des membres des forces de sécurité
Il aura pour mission l'élaboration d'une nouvelle Constitution qui devra être approuvé par référendum et, dans l'immédiat, l'élection d'un Président qui sera très vraisemblablement Djotodia qui ne pourra se représenter au terme des 18 mois de la transition. Il sera assisté du Premier Ministre Nicolas Tangiaye nommé après les accords de Libreville et reconduit dans ses fonctions, irrévocable.
Alors que le calme revient petit à petit à Bangui et sur l'ensemble du territoire il faut cependant souligner que des groupes armées se réclamant peu ou prou de la Sekela continue de sévir ça et là. Dont celui de Miskine à la frontière camérounaise.
L'affront diplomatique infligé au Président sud-africain, ex- défenseur de Bozizé, qui depuis son exil continue à réclamer le retour à la constitutionnalité sans que personne ne l'écoute, s'accompagne d 'une demande express du retour vers Pretoria des troupes sud-africaines encore stationnées à Bangui.