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Billet de blog 8 avr. 2014

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E.Plenel, une réponse quant au Rwanda.

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Bonjour, Monsieur Plenel,

je tiens tout d'abord à vous redire combien je vous tiens en haute estime et combien votre parole m'est importante dans mon incessante quête pour comprendre le monde.
Je ne saurais cependant être d 'accord avec votre, quoique excellent, article sur le Rwanda.
Certes, j'en suis bien d 'accord, l'honneur et la grandeur d'un pays se mesurent aussi et surtout à la reconnaissance de ses insuffisances . Je le sais d'autant plus que, dans ma vie hongroise, j'ai milité pour que ce pays qui voulait adhérer à l'Europe fasse son mea culpa et tente de s'expliquer et d 'expliquer les «  croix fléchés », ces escadrons SS hongrois , responsables de la « marche hongroise » où des milliers de juifs trouvèrent la mort.

La mise en lumière tardive et encore insuffisante de la collaboration gestapiste française que Mitterand tarda tant à reconnaître - entre autre insuffisance de ce piètre homme de gauche- participe non seulement d'un devoir moral mais aussi d'un orgueil qui vaut quasi pardon pour autant que l'on veillât à ce que les prémisses soient étouffés dans l’œuf de cette maladie toujours féconde du racisme.

Mais accuser la France d'avoir, comme le Président du Rwanda, Paul Kagamé, le fait, été partie prenante du génocide rwandais relève de la mauvaise information, d'une distorsion flagrante de la réalité et de la volonté, pour Kagame, de faire oublier qu'au génocide rwandais succéda un génocide hutu qui fit encore plus de victimes – certains parlent de plusieurs millions- qui se perpétra et continue à se perpétrer sur le territoire de la République Démocratique du Congo que le même Kagame et son allié de l'Ouganda, sous la houlette et la bénédiction des USA, pillent sous les yeux d'un monde qui se tait.

En accusant la France, l'armée française et le gouvernement français, de pratiques ignobles, relève, pour Kagame, d'une politique agressive visant à faire oublier son propre bilan et ses propres responsabilités dans le génocide de ses frères ethniques.
A commencer par le fait d'avoir accepté la séparation ethnique opérée par les belges entre les Tutsis que ces derniers considéraient comme « civilisables -13% de la population - et les hutus qu'ils jugeaient comme des bantous tout juste bons à être des esclaves ou des citoyens de seconde zone et à qui ils interdisaient l’accès à l'enseignement supérieur ou à des postes administratifs à responsabilité alors qu'ils constituaient la majorité – 85 % -de la population.

Que les hutus aient considéré qu'ils avaient une revanche à prendre cela est dans la logique humaine des choses encore que, sur place, il était, malgré tout, difficile de reconnaître un tutsi d'un hutu puisque ce dernier devenait tutsi dés qu'il possédait un troupeau et que l'exogamie était sinon courante du moins non exceptionnelle.

Enfin signalons que la France est intervenu au Rwanda alors que le massacre avait déjà commencé. Que la mission française, -ou pour être plus exact que la mission internationale dépêchée par l'ONU qui au dernier moment retira plus de la moitié de ses effectifs sans que l'on sache pourquoi-ait été dépassée, mal informée et mal formée à ce qui se passait, nul ne peut le contester. Qu'elle ait eu des liens et des amitiés avec les génocidaires n'est pas niable non plus.

Mais n'oublions surtout pas que la France intervenait dans le but de défendre un régime légal contre une agression venue de l'extérieur et que ce régime légal avait une armée légitime dont les cadres avaient été formés pour quelques uns en France où ils avaient lié avec leurs collègues ou leurs instructeurs des relations amicales. Aussi quand les chefs militaires français interviennent au Rwanda ils se trouvent alors légalement , légitimement à coté de ceux qu'ils connaissent bien pour les avoir fréquenté en France où ils s 'étaient comportés en bons compagnons. Comment pouvaient ils penser, les chefs militaires français, que ces joyeux compagnons des Écoles d’État -Major étaient, entre temps, devenus les chevilles ouvrières d'un génocide alors que la mission française consistait à gêner la progression et d'empêcher les exactions d'une armée d'intervention étrangère venue de l'extérieur ?

Certes depuis quelques années des avis se faisaient entendre sur les dangers d'une violence anti-tutsi mais dans le microcosme des conseillers du Prince, dont faisait partie Koutchner,et des conseillers du Ministre Juppé qui réellement , surf le terrain ou à Paris, pouvait parler de génocide ? Personne.

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