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Le Club de Mediapart lun. 8 févr. 2016 8/2/2016 Édition du matin

Il y a, chacun le constate tous les jours, un curieux hiatus entre le peuple et ses élites. Comme si un accord tacite était rompu . C'est par ce trou dans le contrat de confiance, et par ce seul trou, que s'engouffrent les populismes. Qu'est ce que cela signifie et quelle en est la cause?

L'accord reposait en grande partie sur la méritocratie qui présidait par l'intermédiaire des Grandes Ecoles au choix des élites. Le personnel politique, la Haute administration, bref les quelques uns qui dirigent, sortaient pour la plupart des ces grandes écoles -dont l'Ena, les Mines, Polytechnique etc...-dans lesquelles on n'accède que par un concours c'est à dire par la seule voie du talent et du courage.Par ailleurs ces grands commis de l'Etat, responsables des fleurons nationaux , la Poste et les Télécoms, la SNCF, Air-France, EDF et GDF, voire même Renault et d 'autres appartenaient non seulement à cette pépinière des grandes écoles mais a une administration qui ne mégotait pas sa satisfaction mais dans des normes et des parapets qui faisaient que grosso modo ces grands patrons ne gagnaient jamais, tout avantage inclus plus de 20 fois ce que gagnait leur ouvrier de base.

Cela a bien changé.Les élites d 'aujourd'hui ne sortent plus des voies méritocratiques mais des réseaux avec ici et là l'apparition de dynasties ( Bouyghes..) qui doivent plus au sang et au rang social qu'à la compétence, l'irruption des avocats d 'affaires et des avantages liés au seul rang -dont la nommination du fils du Président à l'Epad est venu nous en montrer l'évidence-et la nommination à des postes importants de personnalités choisies pour des caractéristiques qui ne sont pas liés à leur compétence ( mais a leur ethnie, leur famille et leur nom, leur appartenance politique stratégiquement utile etc......)

Bref les élites ont perdu leur légitimité.

Elles ont aussi perdu l'estime dans laquelle on les tenait.Car une grave dérive a fait des grands commis de jadis, fidèles pour le bon et le pire à l'Etat, des managers d'entreprises plus privées que publiques, obeissant de ce fait aux seuls intérets non des français mais de leurs actionnaires et partant capitalisant sur leur seul tête des revenus plus proche de 200 fois le salaire de base de leurs ouvriers que les 20 de jadis.

Plus ou moins perçus comme des mafieux gagnant des sommes pharamineuses et pharaoniques sans relation à leur capacite leur compétence leur vision leur travail leur investissement leur stratégie ces nouvelles élites ne bénéficient plus de l'estime et du respect que chacun ressentait vis a vis des anciens grands commis. La rupture est achevée . La conscience qu'une oligarchie sans contrepartie tient et tire les ficelles du pouvoir à leur seul bénéfice et/ou au bénéficce d'un parti qui les choient est maintenant courante et commune.Le redressement morale auquel nous assistons ( contre les roms errants, les putes putainant, les pauvres mendiants, les chômeurs fainéants, les pérphériques musulmans,etc..) s'inscrit ainsi dans une immoralité croissante de la classe dirigeante et des élites qui nous gouvernent, immoralité sans vergogne et incompétence sans honte qui peu à peu finissent par empuantir le climat social et politique, interdire tout débat et donner aux populismes droit de cité.La communication, cet art de la la manipulation, devient ainsi la vaseline et le masque derrière lequel se cachent tuyaux, combines, mensonges, incompétences, erreurs, magouilles, népotisme, corruption et ceci quelque soient les partis. L'entregens vaut mieux que l'idée, l'apparence plus que la connaissance, la conformité plus que l'inventivité, l'obéssance et le respect plus que la créativité et l'insolence.Nous n'avons que les élites que nous méritons, que nous acceptons car c 'est auprés d 'elles que dépendent promotions, privilèges, avantages, passe-droits qui permettent d 'acceder et d 'appartenir au sein du saint au coeur du coeur, au premier cercle.La boucle est bouclée, la bouche tue, y a rien à voir, passez votre chemin!!!!!!Beuark!

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Tous les commentaires

@Dominique,

je ne crois pas que la datation de la dérive soit ausssi innoncente que cela et je ne crois pas que cela se soit effectué petit à petit. Il s 'agit en fait d'un changement complet de paradigme qui situe les Etats non comme dominants mais comme subalternes. Et ceci est important. Prenons le cas de la Françafrique par exemple. Il s 'est agi de Foccard, grand commis de l'Etat -gaullien d 'abord- dans le cadre d'une politique d 'Etat , Etat qui possédait Renault, Air France, la SNCF, EDF, GDF, l'Atome, Total ..... jusqu'à l'affaire Elf où encore se mêlaient le pouvoir entreprenarial et le pouvoir des officines d 'Etat dans leur rôle de définition soumission des pouvoirs en place. L'élite qui était aux manoeuvres était aussi aux ordres de l'Etat, d'un Etat auquel il participait avec les politiques. Aprés, les Grands groupes Bouyghes, Bollore, Areva, Elf..se moquent bien des politiques et gèrent eux mêmes leurs affaires plus ou moins privatisées. Le remplacant de Foccard, Bourgui est un homme d 'affaires, un avocat et non un énarque ou un X.

Il s 'est agi d 'un mouvement brutal et de plus en plus tous les observateurs politologues, économistes et sociologues datent ce dérapage non controlé entre 83 et 88. En pleine miterranderie. Avec Fabius dans le rôle de dénationaliseur et comme agent actif de la mondialisation française.

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