kakadoundiaye
Abonné·e de Mediapart

325 Billets

7 Éditions

Billet de blog 11 août 2014

-Buren : « You know what ? I’m happy ! »

kakadoundiaye
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

« Ce n’est pas Philippe IV qui a fait Velasquez, ce n’est pas la IV e République qui a fait Georges Braque, mais c’est bien la Ve République qui a fait Daniel Buren » Marie Sallantin

De l’expo Buren au Musée des Strasbourg, intitulée « Comme un jeu d’enfant-Travaux in-situ » et qui durera jusqu’au 4 janvier 2015… soit six m

Même regard un peu abattu et semi-souriant de notre infatigable outilleur visuel dans sa petite veste à col mao-kampuchéa démocratique…et visiblement satisfait de lui, pour la centaine de jolis petits monochromes de diverses couleurs que l’on voit en arrière –plan  et qu’il a fait réaliser pour orner l’escalier du magnifique Hôtel particulier où il vient d’ oeuvrer in-situ comme d’habitude

Content de lui, quand il lit, dans le dossier de presse de Strasbourg, la même sempiternelle formule consacrée à son sujet : « considéré comme l’un des artistes les plus importants de la scène contemporaine, Daniel Buren est l’auteur d’une oeuvre plastique et théorique considérable »…

Content de lui donc, comme Droopy de ses exploits, d’avoir réussi cette prouesse inouie d’ être « Le plus important plasticien  français de renommée internationale » qu’il est devenu, à partird’une proposition  plastique et théorique d’une pauvreté intrinséque quasi absolue.

Mais il n’empèche que pour franchir les portes ouvertes et pénétrer dans  la béance théorique et plastique de l’œuvre burénienne, il faut avoir des mots – clefs, des mots de passe en quelque sorte, des Césames- ouvre-toi…Et la direction du Musée de Strasbourg a pris soin de nous les fournir dans le dossier de presse joint, en extrayant du colossal sac de chamalots  verbeux des « Ecrits » de Buren, pesant ouvrage en deux volumes de 600 pages chacun, les citations qui semblaient les plus lourdes.. Et parmi celles-ci, je vous en ai choisi d’archi-lourdes d’absence de sens , que je vous livre ici …

Alors imaginez ces formules ultra-creuses de Buren, ces boulettes de papier mâché d’une  furieuse insignifiance, d’une crétinerie aussi docte qu’abyssale, dites à haute voix avec l’intonation d’un Droopy prophétique énonçant des citations de Lao Tseu.

La couleur

You know what ? : « je pense que la couleur, c’est de la pensée pure ; qu’il est impossible de la transcrire ni en musique, ni en parole, ni en philosophie, ni en rien ; que c’est  brut ; que c’est d’une complexité extraordinaire ; que cela  relève de l’indicible ; que cela  n’exprime rien ; que c’est un pur moment de beauté immatérielle et sensible… » » So, I’m happy !  (Propos recueillis par Jérôme Sans )

L’artiste et le Musée

You know what ? : « Le musée me permet une expérimentation que je dois pousser le plus loin possible, avec beaucoup d’exigence et qui relève en quelque sorte du service public. Cette recherche est fondamentale, tout comme la recherche en mathématiques ou en sciences »… So, I’m happy ! (propos recueillis par Olivier Vadrot)

Beauté

You know what ? : « Je tiens pour acquis et ose affirmer que, si la beauté n’est plus la finalité de l’art depuis longtemps, elle existe plus que jamais et s’exprime dans chacune des meilleures productions de ce siècle … La beauté d’une oeuvre a plus à voir avec son concept qu’avec son « esthétique » ou le résultat formel. » » So, I’m happy !  (Propos recueillis par Anne Baldassari )

Ecrits

You know what ? : « L’artiste n’étant pas obligatoirement un idiot ou un analphabète, pourquoi n’écrirait-il pas aussi ? En ce qui me concerne, il existe quelques raisons à cette activité « littéraire », raisons parmi lesquelles on peut distinguer : la nécessité, l’urgence, la réflexion, la commande et/ou le plaisir. Chacun de mes textes est le résultat de l’une ou plusieurs de ces cinq raisons. » So, I’m happy !  (Propos recueillis par Jérôme Sans )

L‘outil visuel

You know what ? : « Mes bandes colorées n’ont aucune signification en tant que telles. Ces sont simplement des instruments très ductiles pour voir. Elles prennent un sens lorsqu’elles sont utilisées. » So, I’m happy ! 

Point de vue

You know what ? : « S'intéresser au point de vue revient implicitement à prendre en considération le regardeur, car il ne peut y avoir de point de vue sans personne. Concevoir un objet induit qu'il puisse être vu. Une oeuvre commence à "exister" lorsqu'une autre personne que celle qui la fabrique la regarde. » So, I’m happy !  ( propos recueillis pas Jérôme Sans )

Travail in situ

You know what ? : « Employée pour accompagner mon travail depuis une dizaine d’années, cette locution ne veut pas dire seulement que le travail est situé ou en situation, mais que son apport au lieu est aussi contraignant que ce qu’il implique lui-même pour le lieu dans lequel il se trouve. Le mot travail étant extrêmement douteux, il est néanmoins à comprendre dans un sens actif : « un certain travail est effectué ici », et non dans le sens d’un résultat : « regardez le travail fait ». So, I’m happy !

Travail situé

You know what ? « Contrairement aux  travaux in situ , liés irrémédiablement aux lieux pour lesquels ils ont été conçus, les « travaux situés » peuvent circuler d’un endroit à un autre, à condition de suivre quelques règles fort simples. […] Un « travail situé » ne se revendique pas de l’invraisemblable orgueil de l’objet unique, autonome, que l’on nomme habituellement « oeuvre d’art » So, I’m happy !

Photo-souvenir

You know what ? « La photo, par rapport à ceux et celles qui ont vu et expérimenté le travail-événement qu’elle illustre, sert d’aide-mémoire, donne la preuve de l’existence formelle passée – ou présente d’ailleurs – de la chose photographiée. » So, I’m happy !

Fragment et fragmentation

You know what ? : « Il n’est pas nécessaire de devoir assimiler tout mon lexique, même si cette connaissance confère relief, profondeur à la perception de chaque pièce. Cette notion de fragment, de fragmentation est essentielle ; elle est peut-être la philosophie de mon travail. » So, I’m happy !

Propos recueillis par Anne Baldassari

Ainsi, avec ces quelques extraits d’un océan de péremptoires platitudes et de pompeuses inepties, vous avez pu mesurer l’insondable vacuité du paradigme burénien… mais ce que j’aimerais vous faire remarquer aussi , c’est la typologie des recueilleurs de ces mots-clefs :

Anne Baldessari ( image n° 07) qui vient de se faire virer de la direction du Musée Picasso pour cruauté mentale envers le menu personnel de l’établissement…remplacée toutefois dans la foulée par le pro-buréniste notoire Laurent Lebon, calamiteux gestionnaire de Pompidou-Metz… comme si Buren et Picasso avaient à se mélanger par l’intermédiaire de ces deux préposés à tout faire, dont ceci et son contraire. A noter aussi que Dame Baldassari est entrain de mettre en place un énorme pataquès juridique en réclamant la « propriété » de l’accrochage Picasso qu’elle avait prévu. « L’accrochage que l’ai conçu m’appartient en tant qu’œuvre de l’esprit », dit-elle…Une vraie chieuse,  vous dis-je !

Jérôme Sans, flamboyant curator à tout curater  lui aussi, de multiples opérations internationnales d’art contemporain... Comparse de Nicolas Bouriaud pour Palais de Tokyo de 2002 à 2006, puis guide spirituel d’un grand maffieux ukrainien collectionneur d’AC, puis maître à penser de 2008 à 2012du milliardaire Guy Ullens pour sa fondation UCCA ramasse-pognon à Pékin… puis Global Cultural Curator de 2006 à 2013 pour Meridien Hotels & Resorts…puis  Directeur artistique de l’un des plus grands programme de réaménagement urbain en Europe « Rives de Saône-River Movie » à Lyon, ou il a pu placer ses meilleurs amis du réseau  financial artists.

- Olivier Vadrot , l’homme  à tout faire, polyvalent, omnivore, pluri-rateliers, multi-casquettes : artiste, professeur, conférencier, performeur, curator, critique d’art, galeriste, etc…

Trois personnages donc, qui ont dû, comme tant d’autres apparatchiks ou sbires interchangeables de l’AC en début de carrière, aller recueillir la logorrhée et cirer les pompes de l’homme –clef du système, pour être mieux adoubés par celui-ci

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Fraude fiscale : la procédure opaque qui permet aux grandes entreprises de négocier
McDonald’s, Kering, Google, Amazon, L’Oréal… Le règlement d’ensemble est une procédure opaque, sans base légale, qui permet aux grandes entreprises de négocier avec le fisc leurs redressements. Un rapport exigé par le Parlement et que publie Mediapart permet de constater que l’an dernier, le rabais accordé en 2021 a dépassé le milliard d’euros.
par Pierre Januel
Journal
Cac 40 : les profiteurs de crises
Jamais les groupes du CAC 40 n’ont gagné autant d’argent. Au premier semestre, leurs résultats s’élèvent à 81,3 milliards d’euros, en hausse de 34 % sur un an. Les grands groupes, et pas seulement ceux du luxe, ont appris le bénéfice de la rareté et des positions dominantes pour imposer des hausses de prix spectaculaires. Le capitalisme de rente a de beaux jours devant lui.
par Martine Orange
Journal — Livres
Le dernier secret des manuscrits retrouvés de Louis-Ferdinand Céline
Il y a un an, le critique de théâtre Jean-Pierre Thibaudat confirmait dans un billet de blog de Mediapart avoir été le destinataire de textes disparus de l’écrivain antisémite Louis-Ferdinand Céline. Aujourd’hui, toujours dans le Club de Mediapart, il revient sur cette histoire et le secret qui l’entourait encore. « Le temps est venu de dévoiler les choses pour permettre un apaisement général », estime-t-il, révélant que les documents lui avaient été remis par la famille du résistant Yvon Morandat, qui les avait conservés.
par Sabrina Kassa
Journal
Le député Sacha Houlié relance le débat sur le droit de vote des étrangers
Le député Renaissance (ex-LREM) a déposé, début août, une proposition de loi visant à accorder le droit de vote aux étrangers aux élections municipales. Un très « long serpent de mer », puisque le débat, ouvert en France il y a quarante ans, n’a jamais abouti.
par Nejma Brahim

La sélection du Club

Billet de blog
Décret GPS, hypocrisie et renoncements d'une mesurette pour le climat
Au cœur d'un été marqué par une sécheresse, des chaleurs et des incendies historiques, le gouvernement publie un décret feignant de contraindre les entreprises du numérique dans la lutte contre le réchauffement climatique. Mais ce n'est là qu'une vaste hypocrisie cachant mal les renoncements à prendre des mesures contraignantes.
par Helloat Sylvain
Billet d’édition
Les guerriers de l'ombre
« Je crois que la planète va pas tenir longtemps, en fait. Que le dérèglement climatique ne me permettra pas de finir ma vie comme elle aurait dû. J’espère juste que je pourrai avoir un p’tit bout de vie normale, comme les autres avant ». Alors lorsque j'entends prononcer ces paroles de ma fille, une énorme, incroyable, faramineuse rage me terrasse. « Au moins, j’aurais vécu des trucs bien. J’ai réussi à vaincre ma maladie, c’est énorme déjà ».
par Andreleo1871
Billet de blog
Le bon sens écologique brisé par le mur du çon - Lettre ouverte à Élisabeth Borne
On a jamais touché le fond de l'aberration incommensurable de la société dans laquelle nous vivons. Au contraire, nous allons de surprises en surprises. Est-ce possible ? Mais oui, mais oui, c'est possible. Espérons que notre indignation, sans cesse repoussée au-delà de ses limites, puisse toucher la « radicalité écologique » de madame Borne.
par Moïra
Billet d’édition
Canicula, étoile chien
Si la canicule n’a aucun rapport avec les canidés, ce mot vient du latin Canicula, petite chienne. Canicula, autre nom que les astronomes donnaient à Sirius, étoile la plus brillante de la constellation du Grand Chien. Pour les Grecs, le temps le plus chaud de l’année commençait au lever de Sirius, l’étoile chien qui, au solstice d’été, poursuit la course du soleil .
par vent d'autan