Liberté, égalité, fraternité

Depuis une trentaine d'années, la fin des trente glorieuses - 45/75- qui sur les bases politiques du Conseil de la Résistance sous l'égide du Général de Gaulle surent transformer un pays dévasté en pays développé, il est clair pour chacun, crises après crises, prises de conscience après prises de conscience que quelque chose de fondamental est en train de changer et qu'il ne suffit pas d'une boîte à outils et de quelques potions magiques comme on entend nous le faire accroire pour que les choses changent.

Depuis une trentaine d'années, la fin des trente glorieuses - 45/75- qui sur les bases politiques du Conseil de la Résistance sous l'égide du Général de Gaulle surent transformer un pays dévasté en pays développé, il est clair pour chacun, crises après crises, prises de conscience après prises de conscience que quelque chose de fondamental est en train de changer et qu'il ne suffit pas d'une boîte à outils et de quelques potions magiques comme on entend nous le faire accroire pour que les choses changent. La compétitivité des entreprises dont en entend faire le moteur de l'histoire à venir n'est qu'une poudre de perlimpinpin. Chacun sait, et les entrepreneurs surtout, que la compétitivité se gagne sur la recherche et sur l'investissement en machine donc sur ce qu'on appelle le capital using - contre le work-using- dont l'effet est d 'augmenter le chômage.

Par ailleurs chacun sait bien que, dans un monde nécessairement limité, la croissance à tout prix est une utopie dangereuse d'une part et d'autre part que PIB et croissance ne signifient et n'ont jamais signifié bonheur, paix et harmonie

Mais derrière une prétendue boîte à outils se cache surtout le lent glissement d'un monde vers un autre monde, d'un système politique et social, idéologique vers un autre chose dont on commence à mesurer l'insanité.

Chacun a compris que la trinité héritée de la Révolution et que constituent les piliers de la République : Liberté- Égalité- Fraternité sont en train de vaciller.

Point n'est besoin d'être grand clerc pour comprendre que la Liberté est égaliticide et que l' égalité est liberticide. En d'autres termes l'un ne peut fonctionner avec l'autre. Soit on aspire à une égalité relative et alors on freine et enferme, étouffe et limite la créativité, l’innovation. C'est ce que crie aujourd'hui tous les jours et partout les grands manitous, cardinaux et ayatollahs de l'entreprise qui ne jurent que par la productivité et la marchandisation. Tout contrôle est un frein, toute législation est une gêne ( cf le geste de Bayrou brandissant le code du travail) Soit on favorise la liberté qui est d'abord la loi du plus fort, la loi de la jungle et le pouvoir des dominants sur les dominés.

Reste le troisième terme qui seul permet de concilier les termes précédents : la fraternité.

Le mot a passé de mode et l'on préfère aujourd'hui parler de solidarité. La solidarité est ce qui, liant les contraires, permet en s'appuyant sur le sécurité sociale,( la santé), les services publics ( les transport et l'éducation ) et les lois du travail ( liberté syndicale, et droit de grève) de définir une citoyenneté qui se présente comme une force de résistance à l'empire du marché, délimite un territoire un espace spécifique, national, particulier où chacun cotise selon ses ressources et use selon ses besoins
Or cette espace de citoyenneté ainsi crée est l'âme même d'un pays. Privatiser, sous couvert de meilleur gestion, la santé, l'éducation, les transports, c'est mettre du marchand là où il n'y en avait pas, c 'est mettre du calcul, de l’assurance et de la mutuelle là où il y avait ce qui définissait la nation, et le bien commun, ce patrimoine qui est notre identité . Etre français est, entre autre, ce qui permet de bénéficier d'un accès quasi gratuit à la santé et à l'école. C'est un lien entre droits et devoirs - la cotisation, l'impôt. . Briser d'une façon ou d 'une autre les liens entre ces droits et ces devoirs c est perdre la conscience d 'appartenir à un tout vivant.

Cette perte, ce déficit d 'appartenance, se complique par ailleurs par la conscience,née dans les années 80/90, que le PIB n'est pas et ne saurait plus être l'indicateur de la santé sociale et économique du pays et que pour se retrouver français au sein de l'Europe il importe de retrouver un lien et un liant social que la courbe du chômage ne saurait complètement décrire et circonscrire.

Il importe d 'abord de retrouver le sens d'une solidarité qu'elle soir nationale, familiale,ou professionnelle c 'est à dire de restreindre les territoires marchands, en retrouvant les vertus républicaines de la gratuité

 

 

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