j'accuse

Je reçois de mon ami Gerald Bloncourt la lettre suivante. On ne présente plus Gérald Bloncourt, photographe, poète, peintre, militant haitien, réfugié en France depuis 50 ans dont le talent, l'énergie, en ont fait l'ami de tous ceux qui ont fait et continuent à faire ce qu'est Haïti.

Je reçois de mon ami Gerald Bloncourt la lettre suivante. On ne présente plus Gérald Bloncourt, photographe, poète, peintre, militant haitien, réfugié en France depuis 50 ans dont le talent, l'énergie, en ont fait l'ami de tous ceux qui ont fait et continuent à faire ce qu'est Haïti.

 

J’accuse Michel Martelly, président de la République d’Haïti de couvrir en fait l’ex dictateur Jean-Claude Duvalier séjournant actuellement en Haïti.

Dans ma lettre ouverte en date du 4 octobre 2011 je lui avais demandé de prendre position à ce sujet, et je cite :

 

Je veux vous parler de la présence en Haïti de l’ex dictateur Jean-Claude Duvalier, ce que je considère comme une insulte à notre peuple.
Voilà un homme qui a succédé sans hésitation à son père et a poursuivi son œuvre Voilà un potentat, « déchouké », les mains nues, par ce même peuple qui vous a élu , qui s’est enfui, emmenant dans ses bagages des millions de dollars et laissant derrière lui, ruines
et désespoir.
Ses prisons, tel Fort-Dimanche, ont été des lieux où des dizaines de milliers de patriotes ont été torturés et massacrés (confère l’admirable livre de mon ami Patrick Lemoine : « FORT-DIMANCHE » et « LES CACHOTS DE DUVALIER » de feu mon ami Marc Romulus).
Des milliers de boat-poeple ont péri aux larges des plages paradisiaques de Miami.
Des centaines de milliers d’Haïtiennes et d’Haïtiens ont pris le large, à Miami, New York, le Québec, la France, l’Afrique, la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et que sais-je encore…
Ils ont fui ce régime despotique, traquant l’intelligence, la liberté, les moindres sursauts démocratiques…
Nous sommes nombreux à réclamer que Jean-Claude Duvalier soit jugé pour ses crimes contre l’humanité et que ses biens usurpés soient remis au Trésor haïtien.
Je m’adresse donc à vous, Monsieur le Président de la République, au nom de tous ceux-là, pour qu’au moins vous répondiez à mon réquisitoire et que nous soyons fixé sur vos intentions.
Vous ne pouvez pas ne pas savoir que récemment, des dizaines de manifestants ont interrompu une conférence de presse pendant laquelle Amnesty International dévoilait un rapport sur l'ancien dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier.
Les manifestants pro-Duvalier ont accusé l'organisme de défense des droits de
la personne de manquer de crédibilité et de chercher à semer la discorde.
Les représentants d'Amnesty International ont commencé à présenter le
document, avant d'annuler la conférence de presse quand les avocats de
Duvalier et les manifestants ont interrompu le tout.
L'organisation devait rendre publics de nouveaux témoignages fournis par des
victimes de la dictature et leurs proches.
Duvalier est rentré en Haïti en janvier, de son exil en France. Il avait
été chassé du pouvoir en 1986, après un règne de 15 ans.
Je suppose que vos fonctions vous obligent à aider la Justice et à la faire respecter.
J’espère que vous répondrez à ma requête espérant que vous êtes toujours celui que j’ai admiré pour sa modestie lors de sa prise de pouvoir et qui me donne toujours à penser que vous êtes celui qui, enfin, aidera Haïti à se relever.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations patriotiques.

 

Jusqu’à ce jour je n’ai reçu aucune réponse, et Monsieur Michel Martelly a rendu visite à cet ex dictateur, trinquant avec lui et ses soutiens à l’occasion d’un échange amical.

 

J’accuse donc Monsieur Martelly de couvrir en fait celui qui devrait être traduit devant les tribunaux, accusé de Crimes contre l’Humanité.

 

J’en appelle à la conscience de tous les démocrates, de tous ceux qui sont animés par un esprit de justice, afin qu’ils dénoncent avec moi l’attitude de monsieur Martelly en lui demandant une fois encore de se montrer à la hauteur de ses fonctions et de ses responsabilités.

 

Je les invite à rejoindre le Collectif contre l’impunité dont voici les coordonnées :

cedh@cedh-haiti.org

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