kakadoundiaye (avatar)

kakadoundiaye

Abonné·e de Mediapart

325 Billets

7 Éditions

Billet de blog 18 juin 2009

kakadoundiaye (avatar)

kakadoundiaye

Abonné·e de Mediapart

L'agriculture et l'Afrique

kakadoundiaye (avatar)

kakadoundiaye

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

L’OMC-Organisation Mondiale du Commerce- fut, dans la deuxième moitié du vingtième siècle, le bras armé d’un libre-échangisme virulent, porté par l’Ecole de Chicago, qui prétendait faire de la liberté des échanges l’alpha et l’oméga du développement des richesses du monde en détruisant non seulement les barrières douanières qui protégeaient l’économie des Etats mais aussi les limites entre public et privé entre ce qui relevait de la sphère et du domaine de l’Etat –et de l’Etat-Nation- et ce qui relève de celui et de celle du marché. Ce qui revenait à irriguer et incorporer, noyer et dissoudre les principales instances productives dans un nouveau système veineux et sanguin à horizon mondial, mais aussi a marginaliser ou supprimer entreprises et secteurs productifs qui n’obéissaient pas ou peu au niveau de rentabilité performance et rationalité globales.

Ce qui n’alla pas sans entorses profondes et multiples, parmi lesquelles les plans aciers, énergies et, surtout le secteur agricole. Tant la PAC européenne que le farm bill américain signifient bien que la philosophie générale qui sous-tend l’ensemble recule fermement devant des contradictions non plus économiques mais sociales comme par exemple la désertification des campagnes, la fin de la diversité alimentaire, un modèle de consommation uniformisé etc…

Un des premiers avatars de ce système généralisé est que l’affection d’un membre se répercute à l’ensemble du corps comme le furent les crises mexicaines, thailandaises etc…

Et aujourd’hui que l’affection est grave en raison de l’emballement du système, qu’il y a risque d’embolie , que la thrombose est là ,c’est tout le système qui doit être changé et non ses effets sur chaque secteur – dont le secteur automobile- ou dans chaque pays –retour au protectionnisme-.mais toute la philosophie qui le construisait : c est l’OMC qu’il faut casser, non comme machine mais comme machine au service d’une philosophie.

Sortir du marché ,donc, pour les secteurs marginalisés non rentable dans un système où le niveau de rentabilité se mesure à l’aune mondiale – cf Adam Smith et les avantages comparatifs- semble une nécessité absolue.

Il est clair que la généralisation des échanges permet en Afrique par exemple mais aussi dans la plupart des pays en voie de développement de mettre sur le marché des biens de consommation –alimentaires entre autre- à des prix inférieures aux prix locaux. Mais à quel coût ? Pour avoir des céréales et des aliments en général 20% moins cher c’est 20% de la population qui se trouvent privés de revenus, 20% qui ne participent plus à la création de richesse nationale mais continuent à coûter ne serait-ce qu’en termes de formation, de sécurité ou de santé. Le  ‘jeu’ en vaut-il ma chandelle ? et un pays n’aurait il pas intérêt à rè-incorporer dans l’espace économique national comme producteurs contribuables et citoyens ces 20% d’évincés, de marginalisés voués à rejoindre les « autres », ceux qui n’ont pas trouvé d’emploi, faute de vivre prés d’une source de circulation des échanges et survivent dans ce que pudiquement on appelle l’économie informelle qui, rappelons le, représente souvent beaucoup plus que la moitié de l’activité économique.

C’est à cette ré-intégration dans l’espace économique et productif de la population rurale et paysanne que travaille l’association ASAS.

Pour nous il ne s’agit pas de produire à des coûts de production inférieurs à ceux définis –où ?- par le marché mondial- il s’agit clairement d’en sortir et de faire de la production agricole un secteur productif spécifique comme en leur temps l ont été la PAC et le farm bill américain. Pour cela il convient de favoriser l’auto-subsistance plus que l’échange.

La ferme-ASAS est un proto-type allant dans ce sens. C’est ce que nous entendons par effet modèlisable.

Comment faire revenir à la terre des dizaines et des dizaines de milliers de paysans qui l’ont fui ?

Comment faire en sorte que la production paysanne puisse permettre a des dizaines et des dizaines de milliers de familles de vivre ? Se nourrir, se loger, s’éduquer. Comment la rendre socialement nécessaire sinon en l’insérant dans le cadre d’une amélioration d’une nouvelle productivité non plus mesurée à l’aune et par le marché international mais à l’aune du besoin social ?

Sinon en plaçant au cœur de la relance de l’activité agricole la recherche d’une nouvelle rentabilité basée largement en priorité sur les intrants locaux, l’amélioration des sols la formation, la recherche tropicale et sa communication, l’amélioration des outils manuels agricoles et des métiers annexes induits etc….

C'est-à-dire le plus près possible de l’auto-subsistance alimentaire et sanitaire. Ce qui vient alors de » l’extérieur » n’est plus le produit ni les intrants en général –engrais chimiques, semences, traitements –ni même la technique ou les outils mais la seule connaissance .

Produire non plus pour l’extérieur avec des capitaux extérieurs et des techniques et moyens extérieurs –dans la mesure où le coût de ces outils, hors de portée de la totalité des ruraux et paysans, interdit toute participation locale autre que marginale- des produits, coton, arachides, melons ou haricots cultivés sur des dizaines d’hectares avec des tracteurs, des semis, des pesticides et engrais venus d’Europe et destinés dans leur quasi intégralité au marché européen mais produire pour les besoins locaux avec des moyens locaux en ne prenant de « l’extérieur » qu’une recherche qui met en avant un type d’intervention paysanne et indépendante, autonome et locale.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.