Quand j’étais berrichon ( je ne le suis plus depuis que j’aie été mis en minorité lors de la proclamation unilatérale - comme la cuisson du saumon -de l’indépendance du Berry, le 15 juin 2007 ), je pensais que la tolérance n’avait ni maison ni hôtel particulier mais des garnis sombres humides et malodorants. Depuis que je suis redevenu sénégalais ( après avoir été hongrois lors de la réhabilitation de Imre Nagy puis brésilien lors d’un pèlerinage au Padre Cicero dans le Sertao historique ) je pense au contraire, maintenant et pour tant est que mon opinion puisse vous intéresser, que la tolérance participe d’une morale du fort, du nanti et de l’opulent auquel on demande seulement de ne pas pousser le cochonnet trop loin car ce cochonnet pourrait mordre. Bref c’est un sentiment de riches qui comme beaucoup de leurs sentiments se convertissent, religion aidant, en principes moraux à prétention universelle.

C’est aussi, bien sur, une pratique qui consiste surtout à désarmer ceux que l’injustice arme. Celui dont le fils a été assassiné par balles, la femme violée, devant lui, alors qu’ils participaient, par exemple, ensemble, à une réunion pacifique, politique, légale, dans l’enceinte d’un stade à Konakry, par des militaires faisant partie des forces armées de la nation, celui-là, au fond de son trou, est-ce de tolérance dont vous allez le nourrir ou de justice ? Celui qui a Gaza a vu les hôpitaux s’éventrer de bombes blanches et les enfants mourir dans d’atroces souffrances, qu’allez vous lui dire qu’il faut être tolérant et compréhensif envers ces barbares qui hurlent leur souffrance éternelle pour un enfant blessé ? La tolérance n’est que la vaseline de l’injustice, le cache sexe de l’innommable et de l’insupportable, le drapeau des vainqueurs agité sous le nez des vaincus lors d’une distribution de bonbons consolateurs. C’est en prison et non en maison qu’il conviendrait de mettre la tolérance.

Et aujourd'hui est-ce au nom de la tolérance que l'on me demande de n'être point islamophobe ?

D'accepter que des crétins diffusant des idées d'abrutis dans le pays où je suis né m'imposent de les respecter, de leur permettre de voiler leur femme, et d'introduire leur curé en prison alors que partout où ils sont maîtres ils se font les défenseurs et les propagandistes de toutes les idées que je hais.

Dois-je accepter au nom de la tolérance qu'Israël maltraite à ce point le peuple palestinien et chie sur les résolution de l'ONU avec le même plaisir et la même ferveur que je le fais sur leurs livres sacrés. ?

Dois je accepter au nom de la tolérance que les born again américains interdisent d'enseigner les lois de Darwin, et se fassent les défenseurs de la peine de mort et de l'interdiction d'avorter. ?

Ou commence donc l'intolérable ? À quel moment y a t il cette ligne jaune ou rouge qu'il convient de ne pas franchir ? Se lit-elle au nombre de morts ?

Que faire quand on sait que les droits de l'Homme sont surtout une occasion et la clef pour entrer chez les autres leur imposer des façons de penser qui ne sont pas les leurs et surtout leur voler leurs richesses.

Si la foi chrétienne, qui a massacré deux cent millions de personnes en quelques siècles dans les Amériques, s'est imposé partout pourquoi, par ailleurs, ne pas trouver que la contre-conquête est somme toute légitime.
Mais n'est-ce pas reconnaître qu'il y a alors une guerre entre ceux qui veulent me convertir et moi ? Oui, clairement.

C'est dans ce sens que je suis islamophobe, judéophobe et christianiophobe. Clairement et sans pudeur. Parce que nous sommes en guerre et que pendant les périodes de guerre la tolérance c est de la collaboration.

 

 

 

 

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