Il y a environ trois semaines, un mois peut-être, voire plus. Le dernière guerre de Tsahal contre Gaza se terminait après massacres, pilonnages, assassinats dans lesquels des milliers d 'hommes, de femmes, de vieillards et enfants avaient trouvé la mort. Le documentaire commençait par l'arrêt d'un char israélien revenant des zones de combat dans la cour d'une caserne. En sortait une dizaines de jeunes hommes rieurs qui faisaient le V de la victoire. Nous les suivions alors qu'ils se débarrassaient de leurs protections guerrières, casque, gilet pare- balle. Ils plaisantaient entre eux, s'envoyant des vannes. Heureux. Ils étaient jeunes. Ils étaient beaux. Se lavaient à grande eau. On avait l'impression qu'ils sortaient d'un match de football et qu'ils avaient remporté une coupe.

Je pensais aux SS qui, à Oradour sur Glane ou à Maillé après leurs actes de barbarie, se retrouvèrent entre eux, loin des églises encore en feu, chantant, buvant et célébrant, eux aussi, la victoire. Eux aussi, jeunes, sains et beaux.

J'appris, après, qu'il y avait parmi ces criminels, ces nazillons, des français qui avaient choisi de rejoindre l'armée israélienne pour y faire leur service militaire.
Sans que cela choquât grand monde, sans que l'éducation nationale ne se fendît d'un mémento pour reconnaître ceux qui vont à la barbarie, sourire aux lèvres, convertis, sans que la Police aux frontières soient alertée et vigilante. Comme si dans un cas cela était finalement normal et que dans l'autre cela soit criminel. Comme si un mort palestinien était un accident et un mort israélien une victime. Comme si Israël avait une légitimité plus grande que l’État islamique et comme si ce dernier seulement commettait des atrocités.

 

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