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«En direct du Théâtre de la Ville», jeudi soir : Solidarité avec les réfugiés !

Mediapart vous invite jeudi 26 mai au Théâtre de la Ville, Place du Châtelet à Paris, pour une soirée consacrée à «l'Europe face à la tragédie des réfugiés».

LE PROGRAMME DE LA SOIRÉE
Le Club de Mediapart mer. 25 mai 2016 25/5/2016 Dernière édition

Le caillassage de l'Ambassade de France à Bangui ce 26 décembre 2012, appartient à un registre bien connu. Il est aussi politique et spontané que ma guenon est moldave. Il vise en fait, en attaquant l'Ambassade et en terrorisant quelques secrétaires encore toute bronzées de leur passage incontournable au Rock, à dire à la France et à son Président de venir dare dare aider le Président Bozizé pressé militairement par son opposition d'être, manu militari, proprement délogé .

Car la rébellion est aux portes de Bangui après une campagne éclair qui dans les annales ne sera pas sans rappeler les cent jours, campagne éclair où ces rebelles plus ou moins conglomérés en Séléka, ( 1)véritable Objet Politique Non Identifié, viennent de faire par deux fois fuir )l'armée régulière, conquérir Bambari, contourner Sibut où sont cantonnés des unités tchadiennes prêtées en renfort par le Grand frère du Nord, Idriss Deby et se pointent à quelques kilomètres de Bangui dont les habitants commencent à fuir..d'autres se rassemblant, quelques heures et à moins de cent,  pour caillasser l'Ambassade..

Car la stratégie de Idriss qui consistait non seulement a envoyer des troupes à son protégé mais aussi à réunir à Djamena l'ensemble des acteurs de la Communauté de Centre Afrique, la CEEAC, sous l’autorité de Son Excellence Monsieur IDRISS DEBY ITNO, Président de la République du Tchad, Président en exercice de la CEEAC, de Son Excellence Monsieur DENIS SASSOU N’GUESSO, Président de la République du Congo , de Son Excellence Monsieur François BOZIZE YANGOUVONDA, Président de la République Centrafricaine , de Son Excellence Monsieur ALI BONGO ONDIMBA, Président de la République Gabonaise  sans oublier Son Excellence Monsieur SINUNGIRUZA THIRENLE, Vice-Président de la République du Burundi , ainsi que Son Excellence Monsieur Gabriel COSTA, Premier Ministre de la République Démocratique de Sao Tomé et Principe, Son Excellence Monsieur AGAPITO MBA MOKUY, Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale de la République de Guinée Équatoriale et Son Excellence Monsieur MEBE NGO’O EDGAR ALAIN, Ministre Délégué à la Présidence chargé de la Défense de la République du Cameroun,bref que du beau linge qui ,bien sur, quelques jours avant Noël accoucha d 'une résolution ferme et guerrière demandant l'arrêt des armes et... une nouvelle réunion avec toutes les parties interessés à Libreville après les fêtes du Nouvel An.

Cette déclaration attendue dans la bonne tradition d'une diplomatie qui ne s 'interesse qu'à la diplomatie a été applaudie par la Présidente en exercice de l'Union Africaine, Nikosazama Zuma, qui  s'est déclarée "profondèment préoccupée " et a "exprimé son appui total aux  décisions prises par le sommet de la CEEAC" . Elle en appelle à la communauté internationale afin qu'elle appuie et apporte son soutien logistique et financier au déploiement de toute urgence d'une force d'interposition de la MICOPAX  afin "que les groupes armés mettent un terme immédiat à leur offensive et se retirent des localités qu'ils occupent"

Car enfin il ne faut quand même pas gâcher ces fêtes qui pourraient être les dernières pour les Bozizé, l'un, le père, étant Président, l'autre, le fils, étant Ministre de la Défense.

Les rebelles prirent dont acte et décidèrent une trêve : »

« Prenant en compte la déroute totale et généralisée du régime de BANGUI ainsi que l’inquiétude de la population centrafricaine, en général, et de celle de BANGUI, en particulier, notamment concernant l’imminence d’une attaque de la capitale par nos troupes, Le « SELEKA » tient à rappeler que, loin de s’en prendre aux populations vulnérables, l’objectif qu’elle a toujours recherché, est de permettre et contribuer par ses actions à la recherche des solutions appropriées en vue d’une paix globale, durable et définitive en République centrafricaine etc....

Trêve qui dura quelques heures avant qu'ils ne  reprennent la route de Bangui, les armes et... une fort possible victoire.

Car ces rebelles n'ont pas digéré les élections de Janvier dernier si mal truquées que s'en était lisible visible aux yeux de tous -64 % des voix au Général Bozizé qui ayant pris le pouvoir quelques temps auparavant par les armes et avec l'aide de Deby se voyait ainsi entrer dans la cour des démocrates. Enfin presque car il s'empressa comme tant d 'autres de vouloir modifier une constitution qui l'aurait empêché de se représenter en 2017... comme en Guinée l'opposition prit les armes mais, originalité, la brousse aussi. D'autant que dans le Nord du pays un groupe tchadien qui en voulait à Idriss Deby, le FPR de Adamo et de Baba Ladde tous les deux généraux bien sur,  faisait des émules rançonnait à droite et à gauche et finalement se voyait récompenser de ses sévices par une rentrée triomphale avec tapis rouge et délégation aéroportuaire au pays, home sweet home..

Il n'ont pas oublié non plus que les accords qu'ils avaient signé en 2007 et 2011 avec le pouvoir actuel n'ont jamais été respectés ni  l'incroyable gabegie et impéritie du pouvoir en place  telles  que même Paris n'ose pas y mettre le bout du doigt. Car comme l'écrit J.B.Placa

« Lorsque l’on croit avoir épuisé tous les motifs de révolte,.... on peut toujours faire pire que le pire. Une partie des dizaines de millions de dollars octroyés depuis 2009 par le Fonds mondial de lutte contre le sida à la Centrafrique s’est volatilisée. Il n’est point besoin d’aller chercher loin pour s’apercevoir que les doses d’antirétroviraux ainsi disparues ont resurgi, sous forme de belles villas, de rutilants 4x4 ou de comptes en banque bien garnis.

Aujourd’hui, en Afrique, les générations spontanées de nouveaux riches tiennent frénétiquement le haut du pavé. Et leur exploit, dans ce cas précis, pourrait coûter à la Centrafrique jusqu’à 7 000 morts, sur les 15 000 personnes qui bénéficient actuellement du traitement. Le scandale des malversations au Comité national de lutte contre le sida n’en est donc que plus révoltant..."

 Et ce "pire que le pire," dans ce concours ubuesque entre Mali, Guinée Equatoriale, Tchad et République Centrafricaine on ne sait pas qui tient le pompon de la bêtise de l'incompétence et de la prédation. Mais ce dont nous pouvons être sûrs c est que les populations souffrent . Il se trouve que je connais bien et depuis longtemps les populations paysannes centraafricaines ,baya et bandas et que je parle Sango, que je connais bien Bangui où ma fille fut scolarisée plusieurs années à Charles de Gaulle ( sic) et que j'avais souffert récemment avec cette population devant les exactions – tues lamentablement tues dans le brouhaha international – commises par les bandes des fêlés de Dieu venues du Congo proche, souffert, avec elle, quand Bozizé, comme tous les autres, s 'est conduit lors des élections en prédateur avec l'aide de Idriss Deby mais aussi le silence de la communauté internationale , souffert aujourd'hui, avec elle, à Bambari, que je connais bien et où j'ai des amis, car s’il a tout lieu de croire que la débandade de l'armée nationale sera égale à celle de l'armée malienne, si Bozizé devra fuir à Djaména, que deviendra la RCA et ces spopulations paysannes sous la conduite d'une bande de généraux et de rebelles dont on ne sait rien sinon qu'ils aspirent eux aussi à leur part de gâteaux.

PS : les Séléka - avec accent si l'on veut- c 'est ,en sango, une alliance. Elle regroupe l'oppostion, dont le CPJP ( jeunes patriotes pour la justice et la paix) de eric Massi et l'UFDR de Michel Djotodia. Eric Massi est le fils de Charles Massi dont la mort -la disparition en fait-  toujours mystérieuse - est attribuée à Bozizé. Djotodia est un haut fonctionnaire. Sinon les sekela sont des gens venus du Nord et qui n'ont aucun rapport avec les sphères du pouvoir à Bangui. Ils reprochent surtout à Bozizé de ne pas avoir respecté les accords qu'ils avaient passés avec lui à Libreville en 2008 et visant le développement du Nord - dont Birao- Véritable Objet Politique Non Identifiable ils n'ont aucune expérience du pouvoir ni aucun programme ni aucune revendication véritable et se retrouvent au pied du mur, le pouvoir à portée de main, sans jamais l'avoir réellement voulu...au pied du pouvoir qu'ils n'ont qu'à cueillir. D'aucune disent qu'ils sont financés en sous main par ..Idriss qui soutient leur adverssaire et jouerait un double jeu!! 

PS et ajout ce dernier jour de l'année-Dimanche.

D'abord quelques précisions afin que l'on comprenne mieux ce qui se passe.

Le nord-est de la République Centrafricaine (RCA) est l’une des plus vastes zones et la moins peuplée du pays avec une densité moyenne de 1,3 habitant par km2. Dépourvue d’infrastructures de base essentielles, elle reste une région fortement enclavée où l’accès demeure un réel défi. La plupart des routes sont inaccessibles pendant la saison des pluies; les interventions humanitaires se font par voie aérienne. Cette zone est l’une des plus vulnérables et insécurisées du pays à cause du faible contrôle et présence des structures étatiques. Prisée pour sa faune et ressources minières, des clandestins s’adonnent au braconnage et à l’exploitation illégale de ressources minières et particulièrement diamantifères  La proximité de la région avec le Tchad et le Soudan (Darfour), favorise l’infiltration des groupes et bandits armés ainsi que la circulation d’armes de guerres. La région est une des plus affectées par les conflits politico militaires et interethniques ayant entrainé d’importants mouvements de populations à l’intérieur ainsi qu’à l’extérieur du pays. Le climat politique et sécuritaire s’est davantage détérioré avec la création du Mouvement des Libérateurs Centrafricains pour la Justice (MLCJ) et de l’Union des Forces Démocratiques pour le Redressement (UFDR) dans la Vakaga et la Haute Kotto, après l’accession au pouvoir du Président Bozizé en 2003. Ces deux groupes ont signé un Accord de Paix avec le Gouvernement en 2008. La création de la Convention Patriotique pour la Justice et la Paix (CPJP) en 2008, perturbe davantage la région et brouille les pistes . Car si le gouvernement avait octroyé à Zakaria Damane, un Goula, Président du UFDR - Union des forces démocratiques- un  droit de co-gestion avec l'armée -FACA-sur les parcs animaliers lors d 'accords signés à Biao, l'UDR a éclaté les karas faisant défection et les Rounga, autre ethnie créant le CPJP - Patriotes pour le Justice et la Paix, les deux factions en venant à des conflits armés alors que des bandes venus du Soudan et du Tchad pillent et massacrent avec apparemment la bénédiction et l'accord monayé des autorités administratives et militaires de Birao. Cette zone où les trafiquants arabes venaient chercher le rhinocéros et l'ivoire devient actuellement principalement  une zone de trafic de diamants.Le 25 septembre 2012, la CPJP signe un Accord Global de Paix avec le Gouvernement et intègre le processus de paix. Pour améliorer la sécurité dans cette zone, une force Tripartie (Centrafrique/Tchad/Soudan) a été mise en place dans la Vakaga....mais depuis rien ne va plus.

On apprend que Idriss Deby sans en passer par ses ministres et son gouvernement vient de décider de "sauver le soldat Bozizé' en lançant d'importantes troupes à travers la RCA en direction de Bangui où Sibut à plié.

On apprend également que le victoire à portée de mains accentue les dissensions entre les différents courants de "l'Alliance"  et que le conflit ethnicisé entre Rounga et Goula refait surface avivé par les forces gouvernementales qui multiplient les enlèvements.

 

 

 

 

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C'est ce que m'efforce Atenco de faire en général ,d'inscrire l'actualité dans une histoire plus générale. Pardon d'y avoir manqué cette fois.

Quant, pour répondre à Mathurin et axel, à la question tribale: elle est au coeur de la réflexion post-coloniale  et occupe une place importante dans le dernier livre de Reybruck sur le Congo où il souligne l'importance de la coalition ethnique autour de la volonté d 'indépendance- chaque leader étant porté par une ethnie et par une région- mais où il indique également combien au Congo cette " classification"  est totalement arbitraire et plus le fait des belges colonisateurs que des interessés congolais eux-mêmes qui ne se définissaient pas comme balula ou bakongo pas plus que les ivoiriens se définissaient comme baoulé ou bété etc...Alors d'où vient la contradiction? Pourquoi Conté en Guinée est il soutenu d 'abord par les malinke et son adversaire Dallein par les peuhls?

D'abord par ce que derrière ces entités ethniques se cachent des réalités économiques productives. Les peuhls sont plus commercants et éleveurs que les soussous plus portés  par le travail urbain et les malinke plus agriculteurs. De même qu'en Europe il y eut et existe encore une filiation des métiers qui tiennent à la géographie souvent ( les pêcheurs sont plus bretons qu'ardéchois) ou à l'histoire ( celle par exemple des migrations internes qui fait que les bougnats sont majoritaires dans la brasserie et le bar à Paris ) Aussi les gens soutiennent ils non leur compatriote mais leurs intérêts propres à leurs professions et activités.

Ensuite -et cela devient plus complexe- je réfléchis et travaille sur ces questions depuis plusieurs mois- parce qu'il y a en période difficile - aléa de la conjoncture internationale-besoin de se raccrocher et de pousser à la roue un "quelquechose" qui peut vous protéger et vous aider et ce "quelque chose" est l'ethnie ou la religion même si l'ethnie auquel vous vous rattachez n'est pas la votre ou ne l'est qu'accessoirement. Car qui dit ethnie dit ancêtre commun, histoire et tradition communes voire le plus souvent langue commune. L'ethnie par ailleurs exige traditionnellement une endogamie qui n'est plus en vigueur depuis plusieurs générations ce qui signifie qu'il n'y a pas de toucouleurs ni de peuhls car ils se sont marié à des dioulas et ne parlent plus le pular mais le wolof etc... s'ils se revendiquent aujourd'hui d'une ethnie d'abord c 'est qu'ils y trouvent un avantage en terme d'image ou en terme de soutien.. A voir. Que Mathurin creuse auprés de ses proches leur appartenance.

Cordialement

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