Chez les verts, un texte signé Gaby Cohn-Bendit, tribune parue dans "Libé" est soumise, via le mail, aux militants, à la discussion. Il dit, en gros, qu'il conviendrait que le Parti- Mouvement Coopérative renonce à présenter un(e) candidat(e) en 2012.
L'argumentation, pour faire vite, repose sur le traumatisme de 2002 : Le succés vert qui ,quoiqu'il arrive ne peut conduire au succés final, risque fort d'empêcher le PS n'arriver au second tour.
J'aimerai que les verts et non-verts réagissent à cette proposition. Que pensent-ils d'une candidature verte?
Quant à moi , en réponse à GCB:
1° L'argumentation 2002 ne tient pas la route. Chacun sait aujourd'hui que l'éparpillement des votes n'a pas été à l'origine de l'échec Jospin. Mille autres erreurs stratégiques ont été commises et à l'intérieur même du PS de nombreuses forces n'étaient pas convergentes. Jospin lui-même nous a livré cet analyse.
Par ailleurs 2°-la présence à la Présidentielle est une occasion de compter ses forces et de voir et montrer quel est le poids exact des Verts dans la cadre et en vue des négociations avec les autres partis de gauche.
Mais il y a mille façons de se compter. Lors d 'élections partielles, législatives, régionales et cantonales, la présence aux réunions et meetings, le poids des manifestations organisées, la presse, les sondages etc...
Il n'y a donc aucune obligation de se présenter à une élection présidentielle lourde onéreuse fatiguante spectaculaire avec pour seul objectif de se compter et de mesurer ses forces.
Sinon pour présenter ses thèses et points de vue et de marquer la différence.
Mais cela peut aussi se négocier avec le PS selon les termes mêmes des propositions de GCB qui prévoit " le droit de participer à la campagne présidentielle pour faire entendre notre partition" .
Cela aurait le mérite, colatéral mais pour moi fondamental, d'en finir avec les confrontations leader/contre leader qui est une obligation plus médiatique que politique et se situe dans la droite ligne des mélanges entre spectacle et politique. Négocier le droit de représenter un autre parti que le sien dans le cadre d'une Présidentielle c'est offrir le spectacle qu'un Parti et surtout qu'un leader n'est pas tout ne sait pas tout mais est le point de convergence d'un rapport de forces que l'on peut fort bien désigner montrer et non passer sous silence.Rien n'empêche un leader vert de marquer sa différence et sa convergence au sein d'un discours et d'un temps de parole négocié avec le PS......
Avec le danger de brouiller l'image, d'estomper les différences ou de les marquer trop.
Mais n'est ce pas une image qu'il convient justement de brouiller?
Je me souviens du débat Sego/Sarko..j'avais dés l'entrée été choqué, vraiment choqué. Comment ,une personne se réclamant de la démocratie participative peut -elle se permettre de se présenter, seule...de se soumetttre non à des règles politiques mais uniquement à des décisions, règles, diktats uniquement médiatiques... c 'est prêcher la non-violence les armes à la main.
Je suis donc obviously, et quelque soit l'admiration que j'ai pour le talent et la personne d 'Eva Joly, pour la non présentation d'une candidate verte à la Présidentielle mais par la volonté de se servir du temps de parole du PS pour "faire entendre la partition" verte...sa différence de comportement, de sens de la démocratie, de propositions. en même temps qu'elle peut ainsi obliger le PS à avancer sur un certain nombre de thèmes au nombre desquels je mettrais le non-cumul des mandats, l'introduction d'une dose de proportionnel, le vote local des immigrés, la disparition des communes au profit des communautés de communes, etc...
Mais en insistant également sur le fait que nous sommes, encore, dans la 5ème République et que, dans ce cadre là, c 'est le Parlement qui décide et non le Président . La violiation sarkozienne des institutions n'est pas incontournable, irréversible.L'élection démocratique d'importance est d 'abord la législative.Et l'effort des verts doit plus tourner vers cet objectif là que l 'objectif présidentiel.