Ironie cinglante et sanglante de l'Histoire, c est à Mermoz Sacré-Coeur, arrondissement de Dakar, que vient d 'avoir lieu une scène que son principal protagoniste qualifie lui- même de Far-west. Attaqué par des « nervis » armés arrivés non à cheval mais en 4X4, le maire, PS, Barthelemy Dias dégaine, tue un assaillant et en blesse deux autres.
Ce ne serait qu'une anecdote s'il ne s 'agissait ici d 'un combat politique et que la Mairie n'avait été attaquée dans l'intention non de la voler mais de la piller et de la détruire et détruire avec elle l' impact et le pouvoir de son maire PS qui a l'audace, comme son parti, de s 'opposer à la candidature de Wade, pour la troisième fois, à la Présidentielle de Mars prochain.
Quelques jours auparavant un autre opposant Malik Seck qui avait été écrit au Conseil Constitutionnel un pamphlet violent les adjurant de ne pas changer la constitution de telle façon que la candidature de Wade soit recevable venait d 'être condamné à la prison.
Partout dans le pays des émeutes de plus en plus violentes s'allument alors que les rebelles de Casamance n 'en finissent pas d'engranger des victoires sur une armée en doute, bref le situation au Sénégal, pays vitrine, pays phare, devient de jour en jour plus problématique.
La candidature de Wade est devenu le symbole d'un conservatisme dont les sénégalais ne veulent plus.
Elu il y a 11 ans sur la base d'une volonté de changement «( « sopi ») Wade aujourd'hui, âgé de 85 ans, représente la corruption, l'incompétence, le népotisme,le mensonge, l'usage personnel du pouvoir, les délestages d 'électricité, l'augmentation des prix,... bref tout ce dont les sénégalais ne veulent plus et qu'ils ont déjà manifesté clairement en refusant à son fils Karim la Mairie de Dakar- et son éventuelle candidature à la Présidence- et en manifestant le 23 Juin dernier ( création du mouvement M23) contre le changement constitutionnel permettant que « le vieux « se présentât.
Depuis d 'émeutes en échauffourées, de règlements de comptes en attaques de journaux et de journalistes, le pays peu à peu s'enfonce dans un climat insurrectionnel qu'il n' a jamais connu d'autant que dans l'opposition au « vieux » nul leader crédible ne se détache, et que la classe politique dans son ensemble est très largement décrédibilisée pour sa corruption et son incompétence. Le Parti Socialiste aujourd'hui cible des « nervis » que le Pouvoir utilise, ancien Parti de Diouf ( et avant lui de Senghor , Père de la nation) n 'est plus composé que de personnalités compromises ou falottes quand ce n'est pas, comme Barthelemy Dias, au demeurant fort sympathique, d 'acteurs plus proches de Clint Eastwood que de politique