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Billet de blog 9 mars 2016

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DROITS DES FEMMES A LA REUNION

La journée internationale ds droits des femmes vue de la Réunion.

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UNE JOURNEE POUR QUOI FAIRE?

 Le 8 Mars est la journée internationale des droits des femmes. Bien! L'égalité homme-femme est un serpent de mer quasi-universel. Nous ne parlerons pas des pays où cette idée paraît tout à fait saugrenue. Nous ne parlerons pas non plus de certains pays européens beaucoup plus avancés que la France dans ce domaine. Nous allons nous attarder un peu sur ce qui se passe dans notre petite île de la Réunion. Ici, en plus de l'inégalité de traitement sur le plan professionnel que l'on retrouve sur le plan national, chacun s'accorde à reconnaître que la relation homme-femme est honteusement marquée par la violence contre les femmes. Il convient de s'attarder un peu sur cet aspect-là de notre société. C'est une réalité ancienne mais chacun reconnaîtra aussi que les choses ne se sont guère améliorées depuis une trentaine d'années que le sujet occupe le devant de la scène. En plus des faits-divers tragiques, la télévision, la presse multiplient les articles sur la question. Par ailleurs on ne compte plus les formations pour les professionnels concernés: médecins, assistants sociaux, psychologues, policiers, gendarmes, etc....La réalité reste terrible pour un territoire français qui devrait être exemplaire en matière de respect de la personne humaine : cette violence-là ne faiblit pas. Pourquoi? Bien entendu les causes sont multiples et je n'ai pas la prétention d'en faire une analyse exhaustive. Je voudrais juste attirer l'attention sur deux causes qui me paraissent importantes et qui n'apparaissent guère dans les commentaires habituels. La première est l'absence de réponse institutionnelle appropriée à ce délit. En effet, bien souvent on assiste au mieux au placement en foyer de la femme avec ses enfants sans que le coupable soit sérieusement inquiété. Il en résulte un sentiment d'impunité dont semble bénéficier le partenaire violent. Ceci a pour conséquence l'hésitation des femmes à porter plainte : ce sont elles qui sont en fin de compte pénalisées. Combien de certificats médicaux ont ainsi fini à la poubelle! Je suis enclin à dire que le signal envoyé aux coupables est plutôt incitatif. La deuxième cause qui me paraît jouer un très grand rôle dans cette problématique c'est la culture que nous avons héritée de l'esclavage. Cela va faire bondir certaines bonnes consciences : " encore l'esclavage! Arèt ek sa!". Facile à dire! Comment une société fondée dans et par la plus grande des violences peut-elle engendrer une société apaisée, tolérante, juste, harmonieuse? Cela ne serait possible (et encore!) que si ce crime originel avait été formellement reconnu dès le départ (à l'abolition) et "expié" d'une manière acceptable et juste. Or les comptes de l'esclavage n'ont jamais été soldés. La morale qui en résulte est que le crime paie. Et cela a marqué toute cette population.La société réunionnaise ne peut donc être qu'une société violente. Le contraire n'existe que dans l'esprit démagogique de leaders de toutes sortes qui ont de bonnes raisons d'endormir la population sur les cause réelles de leurs malheurs. Dans la vie quotidienne c'est le plus fort qui a raison. L'exemple vient du maître que l'on cherche plus ou moins consciemment à imiter. D'où le dicton populaire que l'on entend encore trop souvent : "Fanm i komann pa lo zonm". Si l'on ajoute à cela le fait que le corps la femme-esclave ne lui appartenait pas forcément on ajoute à notre culture un héritage inconscient qui entretient la "jalousie" maladive qui perdure dans notre société. Là aussi le déni a des conséquences tragiques. Je n'ai pas de solution miracle mais il me parait indispensable que les Réunionnais prennent eux-mêmes en charge cette problématique qui est avant tout la leur afin de lever certains blocages culturels. Le laisser faire uniquement par d'autres nous confinerait dans la situation qui nous renvoie l'image éculée d'hommes réunionnais irresponsables, violents, alcooliques, violeurs, paresseux. Cette image-là s'imposera à nos compagnes, à nos mères, à nos filles, etc...C'est donc toute notre société qui va imploser. C'est peut-être ce que certains espèrent. Je formule le voeu que cette journée serve à nous réveiller , nous amène à réfléchir sans tabou et à comprendre que nous sommes tous , hommes et femmes, les victimes (eh oui!) d'une histoire qui n'est pas terminée. Si nous voulons avancer donnons-nous la main.

PS : Ce billet a été écrit la veille du meurtre (dans mon quartier) d'une jeune femme par son concubin dont elle était séparée depuis quelques semaines. Celui-ci s'est ensuite donné la mort à côté d'elle.(Kalus)

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