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Billet de blog 12 juin 2022

La croissance - l’erreur majeure des politiques

Quid de la faisabilité des programmes ? Le cercle LReM attend l’arrivée d’une vague de croissance grâce à l’innovation, balayant tout brouillard. Celui de la NUPES défend des investissements vertueux économiquement. Le premier est sur un combat d'arrière-garde en imaginant faire revivre les 30 glorieuses tandis que le second, sur la bonne voie, doit surveiller sa rhétorique.

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À l’approche des élections législatives et malgré des débats creux - anesthésiés par une non-volonté de la part des dirigeants LReM de confronter les projets - nous avons quand même eu droit à un bel échange de ping pong entre l’institut Terra Nova et les penseurs de la NUPES.   

Ce cabinet d’étude social-libéral pointe du doigt le chiffrage du programme de l’Union Populaire et postule que les investissements qu’ils feraient entraîneraient une production de richesse inférieure à la dépense effectuée. C’est ce qu’on appelle le "coefficient multiplicateur”, qui est évalué à 0.8 par Terra Nova – soit 80€ de PIB pour 100€ investi – s’opposant ainsi au chiffre donné par la NUPES de 1.18 (Mollier, 2022). 

Dans le premier cas, les investissements proposés par la NUPES seraient improductifs, créeraient une récession économique et creuserait le déficit. Dans le second, l’Union Populaire avance qu’une croissance de l’économie est possible grâce à son plan de relance vertueux.

Du côté de LReM, Bruno Le Maire, ministre de l’économie, affirme depuis toujours que l’innovation stimulera la croissance, comme il le rappelait sur France Inter le 1er juin 2022, celle-ci étant nécessaire pour financer les réformes d’Emmanuel Macron pour ce nouveau mandat. 

Bref. Dans les deux camps, le chiffrage présuppose une croissance vertueuse nécessaire à la tenue de leurs programmes respectifs. 

Une progression des récits d’un monde sans croissance matérielle

Vous l’aurez deviné, la croyance d’une croissance du PIB reste encore bien ancrée chez nos élites économiques (en tout cas certaines) et politiques. Mais elle est en train de s’évaporer dans les cercles des scientifiques universitaires, des jeunes étudiants ou même des ingénieurs habitués à une certaine rigueur dans leur façon de poser un problème. 

“Même les meilleurs économistes [...] ne peuvent déjouer les lois de la thermodynamique. Les flux physiques vont diminuer, la croissance va diminuer.”, disait Aurélien Barrau dans une tribune devant les élèves de Polytechnique, HEC et CentraleSupelec –  “La question importante est : est-ce qu’on y perd ?” (Barrau and Keller, 2022). L’astrophysicien philosophe qui se présente comme citoyen du monde fait partie de ces universitaires qui invitent les acteurs de la société à penser hors du cadre conventionnel qu’on nous enseigne depuis 2 siècles. L’économie étant une affaire de conventions humaines, une croissance des écosystèmes, de la nature et du bien-être pourrait émerger à la place de celle du PIB - qui conduirait de toute façon à l’austérité puis à la récession.

Ce positionnement vis-à-vis de la croissance du PIB était notamment l’un des points majeurs du programme de Delphine Batho lors de la primaire EELV à l’élection présidentielle (Graulle,2021). 

A noter que le GIEC dans son sixième rapport en 2021 pointe du doigt la croissance de la production comme étant une impasse de notre système économique.

Nous retrouvons donc des politiques et idéologues néolibéraux représentés par LReM qui partent en croisade pour défendre un modèle soi-disant vertueux investissement - croissance matérielle - écologie - bien-être. Un peu plus modérée, une NUPES prudente sur l’usage du mot “croissance” mais qui l'emploie quand il est nécessaire pour convaincre. Enfin, nous avons des penseurs et scientifiques - de plus en plus nombreux - qui expliquent qu’une matérialité croissante n’est pas possible dans un monde fini. Il faut donc arbitrer.

La croissance du PIB n’est pas durable

Il va de soi que la croissance matérielle et physique dans un monde fini n’est pas possible. Les personnes qui prétendent le contraire manquent de rigueur scientifique. On peut manger plus vite que le taux de renouvellement de notre frigo pendant un moment. Mais pas durablement. La démonstration pourrait s'arrêter ici, mais pour les lecteurs les plus incrédules, on peut développer davantage.

Sans parler des économistes orthodoxes, qui pratiquent une science molle badigeonnée d’hypothétiques conditions définies comme “si telle ou telle conjoncture se produit alors il y aura telle ou telle conséquence”, on peut dire de façons absolument certaine que la croissance de la production de biens et services ne peut pas se poursuivre indéfiniment dans un monde fini. Il y a bien sûr les lois de la physique qui seront plus dures en affaires que les plus ardus des négociateurs d’un business plan. Il y a aussi ce rapport, publié en 1972 et jamais autant d’actualité aujourd’hui, celui de l’équipe de Denis Meadows pour le MIT, qui illustre ingénieusement que l’économie sera amenée à s’effondrer si la société continue à chercher une croissance de biens & services à travers le monde (Meadows et al. 1972). 

Ce rapport est le fruit d’une analyse systémique et non politisée. Il met en application un modèle nommé world3 qui simule la vie des êtres humains par différentes variables comme la population, la production agricole, la biodiversité, les pollutions diverses ou les réserves minières. A partir des données réelles connues jusqu’en 1972, le modèle cherche à prolonger ces courbes selon différents scénarios jusqu’en 2100. Ce rapport, oublié dans un premier temps puis ressorti dans les années 2000 après sa première actualisation, explique que quoi que nous fassions, notre modèle économique fondé sur la croissance de biens matériels est condamné à… un effondrement. A noter que malgré le terme “effondrement”, il n’y a pas de notion de brutalité, bien qu’il y ait des cassures comme le covid, la guerre en Ukraine mais aussi la crise de SubPrime en 2008 ou les chocs pétroliers du XXe siècle. Cela s’apparente plutôt à une érosion d’un système sur plusieurs années avec des décrochages qui occurrent à intervalles de plus en plus serrées. 

On peut le comprendre de la façon suivante : l’économie matérielle est un processus de transformation de ressources. Il extrait de la matière renouvelable comme l’agriculture et non-renouvelable comme le pétrole ou les métaux en les convertissant en objet (voiture, maison, vêtement, nourriture). Pour ce faire, le système de production va laisser diverses pollutions sur son passage : solides, liquides et gazeuses dont font partie par exemple les gaz à effet de serre (CO2, méthane, protoxyde d’azote…). 

Ainsi, le processus économique de notre société est un système linéaire (comprendre - non cyclique) se basant sur un prélèvement de ressources à l’aval et de déchets à l’amont, avec très peu de boucles de recyclage. La plupart de nos courbes de variable (production de viande, pêche, usage des métaux et d’énergie, population humaine) sont exponentielles, et la capacité planétaire à absorber cette instabilité quant à elle décline, à l’image des océans et forêts de moins en moins efficaces pour stocker le CO2 ou bien l’agriculture qui est de plus en plus soumise à des fluctuations de rendements. On peut donc tracer ces courbes, comme l’illustre le graphique ci-dessous basé sur les données du rapport :

L’évolution des courbes, avec la mise à jour des données jusqu’en 2010, calquées sur les projections initiales. © Graham M.Turner, Equipe Meadows

Ceci a donc pour conséquence de forcer des limites planétaires, dont 6 sur 9 sont déjà portées à des niveaux critiques (Rockström et al. 2009) :

Fig2 : illustration des différentes limites planétaires, dont 6 sur 9 sont déjà atteintes image prise sur le site BonPote © BonPote

Vous noterez que le changement climatique n’est qu’un des 9 symptômes causés par notre mode de vie. 

Définir un programme politique sur la croissance du PIB est tautologique1

Nous l’avons vu, la croissance de l’économie matérielle ne peut durer. Il y a donc un problème qui se pose. Le PIB est l’indicateur principal de tout arbitrage budgétaire pour les gouvernements. On raisonne en pourcentage de cette valeur pour allouer les différents postes de dépenses de l’Etat. Par exemple, l’armée doit coûter moins de 2% du PIB. Dans ce contexte où le PIB ne pourra pas croître indéfiniment, il serait opportun pour les différents partis politiques de ne pas trop s’accrocher à cette idée, leurs hypothèses de départ étant faussées. Pourtant, c’est tout l’inverse. Et surtout pour LReM.

La NUPES sur le bon chemin, la jeunesse intellectuelle en pleine mutation, LReM à la ramasse

Bien que l’on comprenne de façon évidente que la parole décroissantiste véhiculée par monsieur Barrau n’attire pas – aujourd’hui du reste – les foules et ne fait pas gagner une élection (malgré le score plutôt bon de Delphine Batho à la primaire EELV), il est nécessaire de questionner la rigueur des programmes. En l’absence de vérité sur le sujet, les candidats prennent le risque de mener une politique qui se heurte au mur physique. Il faudra assumer, dans 5 ans, et expliquer aux électeurs le bilan. Pourquoi telle ou telle mesure n’a pas fonctionné, pourquoi telle ou telle mesure n’a pas pu être mise en place. Bien évidemment, la NUPES est en avance sur LReM sur ces questions-là. Que ce soit chez EELV ou LFI, les notions présentées par le rapport Meadows sont déjà présentes dans les esprits les plus lucides, comme on le constate sur la photo de Mélenchon devant une explication dudit rapport ci-dessous. 

Jean-Luc Mélenchon devant un panneau explicatif du rapport Meadows, avril 2022 © Jean-Luc Mélenchon

On peut considérer que la caractéristique systémique régissant les rapports entre notre mode de vie et les 9 limites planétaires commence à être comprise par certains à gauche. Ainsi, le programme de la NUPES prend soin d’orienter la politique vers davantage d’écologie et de partage des richesses. Ce qui est simplement du bon sens quand on voit les divers rapports sur les inégalités à la fois sociales ET environnementales que nous pouvons trouver chez Oxfam, ou à l’Observatoire des inégalités. Quoi qu’il en soit, pour la vie quotidienne, le mur physique que représentent ces limites fait déjà face à un bon nombre de français dont le niveau de vie décline structurellement.

Parallèlement à ça, la non-volonté de LReM à faire changer la société est préoccupante. Sont-ils ignorants ? Certainement. De nombreux animateurs de la Fresque du Climat laissent entendre que le niveau de compréhension de la problématique climatique et énergétique de nos politiques ne dépasse pas celle des français moyens. Fort heureusement, de nombreux articles de presse régionale relatent que les futurs candidats à la députation, de tous bords qu’ils soient, ont tendance à faire des ateliers Fresque du Climat (elle n’existait pas en 2017).

Que pouvons-nous dire de LReM, à part que le projet pour la France d’Emmanuel Macron consiste à occuper davantage nos vies par l’importance du travail. S’il souhaite qu’on travaille davantage, c’est dans un désir de croissance. Il pense, dans sa tête, que l’absence de productivité parasite le système économique. Pour lui, l’efficacité économique passe par l'augmentation du nombre d’heures travaillées qui conduiraient à davantage de production de bien et services, lesquels seraient redistribués vertueusement à la population. Le tout avec moins de services publics, plus de liberté aux acteurs du privé mais tout de même un peu d’Etat-providence pour payer des salariés au Crédit Impôt Recherche ou en débloquant des sommes faramineuses pour garantir les bénéfices des sociétés.  C’est la continuité d’un vieux monde Thatcherien qui entre dans l’abîme et persiste dans l’erreur. Déjà, nous l’avons vu plus haut, l’ensemble des limites planétaires que nous sommes en train de franchir inciteraient intuitivement à consommer moins de biens et de services. Moins consommer, c’est moins travailler. C’est d’ailleurs une des idées qui avait été proposée au sein de la Convention Citoyenne pour le Climat, mais finalement non retenue à la suite d’un vote interne. 

Plutôt que de moins travailler – proposition non appréciée pour les libéraux – Macron préfère parier sur un sursaut technologique. Selon lui, les solutions devraient découler naturellement d’une réponse technique pour résoudre la crise qui nous guette, nous évitant ainsi d’interroger nos modes de vie. Mais penser de la sorte démontre qu’il n’a pas compris la systémique du problème à traiter. Le changement climatique n’est qu’un seul symptôme parmi 8 autres limites planétaires. La seule réponse raisonnable à apporter n’est pas technique mais systémique : il faut modifier en profondeur notre système de valeurs, notre rapport au vivant et la façon dont on consomme.

Notre système néolibéral est totalement ivre, à l’agonie. Dans ce tableau noir nous trouvons une lueur d’espoir. Car si l’élite au pouvoir a été formée il y a 20 ans, celle qui la remplacera dans 20 ans n’ignore plus les problèmes sociaux-économiques. De la tribune parue dans le journal Le Monde par les étudiants de l’ENS le 11 mai 2022 en passant par la vidéo des étudiants d’AgroParisTech, on retient une prise de conscience encourageante qui ruissellera sur nos dirigeants des prochaines décennies. En espérant que ces jeunes ne succombent pas à l’appel du gain court-termiste qui leur tend les bras en sortie d’études. 

Cette élection législative est d’une importance capitale car deux projets de société s’opposent. En plus d’être un référendum social, les deux programmes en disent long sur la direction que va prendre la France dans les 5 ans qui viennent. Dans les deux cas, la notion de croissance est présente. Elle est l’essence même du projet LReM, quand elle est plus discrète en ce qui concerne la NUPES. Pour maintenir sa crédibilité, l’Union Populaire a un devoir de surveiller son discours et sa rhétorique. Elle devra rester prudente dans l’emploi des termes “croissance du PIB” afin d’éviter de se retrouver à défendre l’indéfendable car oui, certains investissements prétendument vertueux ne pourront apporter les résultats escomptés, bien qu’ils soient nécessaires.

1) tautologie : consiste à réfléchir dans un cadre où l’hypothèse de départ est fausse, invalidant tout raisonnement axiologique qui en découle.

Bibliographie

Barrau, Aurelien, and Arthur Keller. “Écologie, progrès et décroissance : Arthur Keller et Aurélien Barrau.” Youtube, 8 6 2022, https://www.youtube.com/watch?v=EYGvfGyqDDY. Accessed 10 6 2022.

Graulle, Pauline. “Primaire des écologistes : quatre candidats entre décroissance et « 13e mois écologiste ».” Mediapart, Mediapart, 2021, https://www.mediapart.fr/journal/france/130721/primaire-des-ecologistes-quatre-candidats-entre-decroissance-et-13e-mois-ecologiste. Accessed 09 06 2022.

Meadows, Denis, et al. Limites à la croissance, édition spéciale 50 ans. Rue De L'echiquier, 2022.

Mollier, Louis. “Face aux critiques, la NUPES défend la crédibilité de son programme économique.” Public Senat, 7 June 2022, https://www.publicsenat.fr/article/politique/face-aux-critiques-la-nupes-defend-la-credibilite-de-son-programme-economique. Accessed 10 June 2022.

Rockström, J., et al. “A safe operating space for humanity.” 2009. A safe operating space for humanity, https://www.nature.com/articles/461472a. Accessed 10 6 2022.

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